Salaires : dans les coulisses du foot péi

photo imaz press reunion

1,5 million d’euros par mois... C’est le salaire - assez surréaliste - estimé de l’attaquant colombien de l’AS Monaco Radamel Falcao. De quoi faire tourner la tête des footballeurs de la D1P réunionnaise, qui reprend ses droits ce week-end des 24 et 25 août. Le championnat local - d’un niveau équivalent à la division d’honneur ou au CFA2 - recèle toutefois une grande hétérogénéité salariale, d’une centaine d’euros pour les plus faibles rémunérations, à plus de 4 000 euros pour les plus élevées. Le tout dans un contexte économique de plus en plus compliqué pour la plupart des clubs.

Forte de plus de 30 000 licenciés, la ligue réunionnaise de football a beau être la plus importante d’Outre-mer, elle n’en reste pas moins une ligue amateurs. Au sein du championnat phare local, la D1P, la grande majorité des joueurs possèdent ainsi un emploi à côté de leur activité footballistique.

" Il y a une vingtaine de joueurs sous contrats fédéraux à La Réunion, qui est la seule ligue d’Outre-mer ayant la possibilité d’en avoir ", explique ainsi le président de la ligue Yves Ethève. Proposant une rémunération fixe basée sur un système de points, le contrat fédéral offre un statut semi-professionnel et permet à ces joueurs – essentiellement malgaches, mauriciens ou anciens professionnels – de vivre du football à La Réunion. Mais c’est une rareté.

" Seuls quelques joueurs gagnent plus de 2 000 euros par mois ", estime ainsi Yves Ethève, qui souhaiterait voir davantage de contrats fédéraux au sein de la D1P. " Le but, c’est d’éviter que les clubs exploitent trop les jeunes, les laissent poireauter... Ils font des promesses, mais ils ne leur font pas de contrat et préfèrent les payer en espèces", explique-t-il, soulignant les dérives qu’entraîne ce système : " Il y a souvent des joueurs qui sont aux Assedic et qui touchent cet argent de leur plein gré... Il faut empêcher les clubs d’embaucher des joueurs dont on est certain qu’ils vont toucher des dessous de table... "

C’est que les clubs réunionnais n’ont pas toujours les moyens d’employer plusieurs joueurs semi-professionnels. Comme à l’AS Excelsior par exemple, actuel troisième du classement de D1P. " Sur recommandation de la DNCG, nous n’avons qu’un seul joueur sous contrat fédéral, un Malgache, qui touche 2300 euros bruts par mois ", explique le président saint-josephois Lilian Perrot. " Les autres joueurs sont indemnisés et touchent entre 150 à 900 euros par mois ", poursuit-il.

" Les contrats fédéraux embêtent un peu les clubs car cela les obligent à payer les joueurs jusqu’à la fin de l’année... ", estime de son côté Yves Ethève. " Il faudrait que chaque club possède trois ou quatre joueurs fédéraux et se débrouille après avec des jeunes ou des vétérans. Mais c’est difficile d’obliger un club à prendre des joueurs fédéraux car souvent le budget ne le permet pas ", ajoute le président de la ligue.

Pour Jocelyn Trules, président de l’US Sainte-Marienne, deuxième du championnat, " le foot marche un peu sur la tête ". Il s’explique : " Dans certains clubs, il y a quelques joueurs qui gagnent 4 200 ou 4 300 euros par mois. Tant mieux pour eux, ils doivent le valoir, mais c’est déconnecté de la réalité économique. Il faut que le foot redevienne raisonnable. "

Au sein du club de Sainte-Marie, quatre joueurs sont sous contrat fédéral, deux Malgaches et deux Français. " Chez nous, aucun salaire ne dépasse 2 100 euros, primes comprises. Les autres joueurs touchent des indemnités kilométriques et sont censés avoir un travail à côté ", souligne le président. " Parfois on essaye de leur trouver un travail à l’extérieur, c’est arrivé. Mais c’est de plus en plus rare aujourd’hui, car les joueurs bougent beaucoup plus et ne restent plus cinq ou dix ans dans les clubs. L’amour du maillot, ça n’existe plus. Maintenant on a surtout des joueurs un peu mercenaires, c’est ce qu’on peut constater lors du mercato péi. Mais à ce rythme-là, ça va entraîner la disparition des clubs ", poursuit-il.

En effet, les clubs de D1P peinent à attirer des sponsors et sont souvent confrontés à la dure réalité économique. " Il y a de moins en moins d’argent, on n’a pas les moyens de faire de la surenchère ", précise Jocelyn Trules, conscient également de la demande qui entoure le sport le plus populaire sur l’île. " On est aussi victime du foot spectacle ", estime le président de l’USSM. " Les gens regardent Canal + et veulent retrouver ça sur les terrains de La Réunion, mais ils oublient que c’est une ligue amateurs et pas le même contexte économique qu’en métropole ", conclut-il.

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