sports vendredi 15 mai 2020

Athlétisme : pour les champions, une reprise en mode mineur

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Des installations disponibles au compte-gouttes, un calendrier incertain : le déconfinement n’est pas encore synonyme de retour à la normale pour l’athlétisme français déjà privé des deux temps forts de la saison, les JO et les Championnats d’Europe, victimes du coronavirus.

Après deux mois d'entraînement en solo et de système D pour maintenir la forme, le bout du tunnel s'esquisse timidement pour les meilleurs athlètes tricolores. L'Insep n'accueillera ses premiers pensionnaires qu'à partir de lundi prochain, l'ouverture des Creps s'échelonnera tout au long du mois de mai et celle des stades dépend du bon vouloir des maires.

Pour hâter la réouverture des structures, le président de la Fédération française d'athlétisme (FFA) André Giraud a d'ailleurs écrit mardi une lettre ouverte à François Baroin, le patron de l'Association des maires de France (AMF), réclamant un "soutien" des édiles pour la "mise à disposition des installations en plein air".

"Si on autorise la pratique de l'athlétisme mais que le maire d'une commune décide de garder son stade fermé, la reprise ne pourra pas se réaliser", a déclaré à l'AFP André Giraud.

Parmi les têtes d'affiche bleues, rares sont donc celles qui ont pu reprendre le chemin des pistes dès cette semaine.

Si la vice-championne olympique du disque Mélina Robert-Michon, qui s'entraine au Parc de Parilly dans l'agglomération lyonnaise, et la médaillée d'argent européenne du marteau Alexandra Tavernier, basée à Ploumilliau (Côtes d'Armor), sont plutôt bien loties, d'autres doivent encore s'armer de patience.

- Un univers bouleversé -

Pour le recordman du monde du décathlon Kevin Mayer (Creps de Montpellier) et le champion d'Europe du 110 m haies Pascal Martinot-Lagarde (Creps de Reims), les retrouvailles avec un stade s'effectueront à partir du 18 mai. Quant à Christophe Lemaitre, qui s'est surtout concentré sur la musculation et le travail en côte durant le confinement, il a désormais accès à la piste en herbe de l'hippodrome d'Aix-les-Bains (Savoie) mais le stade ne rouvrira pas avant la semaine prochaine.

Le champion du monde 2017 du 800 m Pierre-Ambroise Bosse est lui toujours bloqué à Johannesburg en Afrique du Sud mais compte bien revenir s'entraîner à l'Insep assez rapidement.

Pas d'urgence non plus pour Renaud Lavillenie, qui n'est pas pressé de reprendre la perche sérieusement avant juin. Le recordman du monde du 50 km marche Yohann Diniz a lui carrément mis fin à sa saison.

Une fois la porte de leur enceinte franchie, les athlètes vont toutefois découvrir un univers totalement bouleversé par le coronavirus et de nouvelles règles à assimiler pour éviter toute contamination.

La FFA a en effet dévoilé lundi les modalités de la reprise de l'entraînement: les séances en groupes seront limitées à 10 personnes, une zone de 4 m² devra être respectée entre chaque individu à l'arrêt ainsi qu'une distance de 10 m entre les coureurs. Pour les lanceurs ou les sauteurs, les engins devront être désinfectés après chaque changement d'utilisateur. L'accès aux vestiaires sera également interdit.

Ce qui ne semble pas spécialement inquiéter les principaux intéressés.

- L'inconnue du calendrier -

"Sur la plupart des séances, je m'entraîne toute seule ou avec maximum deux ou trois personnes et on a chacun nos engins de lancer. Pour l'instant ce n'est pas trop contraignant", explique à l'AFP Mélina Robert-Michon.

"Il n'y a pas de souci pour moi, mon coach est hyper vigilant et je suis la seule à utiliser mes marteaux. Je ne crains pas grand chose", indique de son côté Alexandra Tavernier.

La grande inconnue concerne surtout le calendrier. Avec le report des JO de Tokyo à 2021 et l'annulation de l'Euro à Paris, les athlètes n'auront aucun grand évènement à se mettre sous la dent cette année. Et même si la Fédération internationale a publié mardi un nouveau calendrier s'étalant de mi-août à octobre pour les meetings d'un jour, leur format reste encore à définir et certains pourraient plus ressembler à des exhibitions qu'à de véritables compétitions d'athlétisme.

"Les Jeux ne se préparent pas en six mois. Je trouve ma motivation en me disant que tout ce que je fais maintenant me servira l'année prochaine", estime Mélina Robert-Michon.

"Les meetings ne vont pas me rassasier. Cela va me faire plaisir de poser le pied sur une piste mais ça ne va pas remplacer un championnat", affirme de son côté Pascal Martinot-Lagarde, alors qu'Alexandra Tavernier veut "voir le côté positif". "Je me dis qu'au lieu d'avoir dix mois de préparation pour les Jeux, j'en aurai 20", ajoute la recordwoman de France.

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