théâtre
0

Le tort qu’on a c’est d’adresser la parole aux gens

« Réfléchir c’est écouter plus fort »

Ne nous en privons pas : le théâtre nous permet cette disponibilité, cette attention. Comment dire ? Comment dire Beckett ? Comment mieux dire Beckett que par ses mots à lui ?

S’immerger dans l’œuvre de Beckett et se demander si notre incompréhension du monde n’est pas ce que l’on a, finalement, de plus authentique, regarder en face la question sans remède de l’existence sans chercher à y répondre… C’est dans ce terreau mental que l’art de cet auteur irlandais fouille, creuse sans relâche et sans espoir. (…). Certes on ne lit pas Beckett par n’importe quel bout. On ne l’entreprend pas entre deux courses ou pour passer le temps dans les embouteillages du littoral.

Il exige une certaine disponibilité, une complicité attentive mais il reste de mon point de vue un auteur jubilatoire qui a marqué de façon capitale la littérature du XXème siècle. Sa pensée, son humour et sa langue déroutante ne se détournent jamais de la préoccupation profonde de ce qu’exister veut dire... Si cela veut dire quelque chose. Ses écrits font face à notre condition humaine avec une lucidité géniale. (…)