musique
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Lacaille chante Madoré / Voun

René Lacaille

Figure du poète marginal, bouffon des élégances pompeuses, on imagine bien Madoré en Diogène créole préférant la chaleur de son tonneau de rhum à la distinction des palais républicains. Et si la verve cocasse de ce chansonnier de la rue fait aujourd’hui l’objet d’un culte légitime chez une nouvelle génération de rigolos, pour fêter en même temps les 90 ans de sa naissance et les 30 ans de sa mort, personne ne saurait mieux rendre hommage à Madoré que cet autre grand libertaire : René Lacaille.
Bourlingueur invétéré, chanteur joyeux, musicien de haut vol, Lacaille est l’homme qu’il faut pour faire revivre les mots sauteurs et les cadences ravies de Ti Doré, ce génie du quotidien qui a su rester jusqu’au bout insaisissable.
Un abécédaire musical indispensable pour tous les amoureux d’esprit vif et de langue qui danse !

Zanmari Baré

C’est peu dire que ce Voun était attendu, 4 ans après un premier disque sublime inscrit d’emblée dans la légende. Voun, c’est l’humus qui recouvre le sol des forêts primaires. La première couche de terre, née de la lente décomposition des matières organiques, où naissent les plantes nouvelles.
Titre extraordinaire pour le 2e album d’un poète attentif aux lentes digestions de l’âme.
Car c’est dans les traces que laisse en nous la vie, dans le terreau des souvenirs lysés par le temps, que Zanmari Baré va cueillir ses chansons – en grattant patiemment la terre. C’est peut-être ce qui nous les rend si belles : elles sont viscérales, universelles, et toutes sont essentielles. Des chansons qu’il semble vivre sur scène avec une intensité bouleversante, les yeux fermés et les mains expressives, comme s’il fallait plonger avec concentration dans un autre monde pour en ramener l’émotion que sa voix fait vibrer. Chacune de ses apparitions est un feu : aussi fragile que crépitant, gai et hypnotique. L’un de nos très grands artistes !

Texte de présentation : Téat