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Sanseverino

Chante Béranger

Fan De

« Être fan de Béranger, ça n’existe pas. On n’est pas fan, lui-même vous en aurait dissuadé. Par contre, chanter ses chansons c’est possible, lui rendre un hommage sincère aussi ».

Pour ce qui est des fans, on pourrait (peut-être) en dire autant de l’auteur de ces mots. Pour ce qui est de l’hommage, rendu par ce monsieur, il ne peut être que sincère.
Sanseverino nous fait donc le plaisir de repasser par ici pour chanter des chansons, mais pas les siennes cette fois : celles de François Béranger. Pourquoi ? Parce qu’il les aime.

Il les a découvertes à l’adolescence et a accroché immédiatement. « Je suis touché par ces auteurs- interprètes qui, à l’instar de François Béranger ou d’Allain Leprest, cultivent la fibre populaire sans complaisance mais avec beaucoup de finesse et une infinie sensibilité », confie l’artiste (l’Humanité). Sanseverino a déjà plusieurs fois repris Béranger par le passé. On se souvient par exemple de sa version du Tango de l’ennui sur l’album Le tango des gens, en 2002. « Je reviens à Béranger comme à une source. J’apprécie sa liberté d’écriture, qu’il respecte ou qu’il déserte, selon les chansons, des structures comme le refrain, le couplet, la rime  ». En 2019, il lance donc le BeBer Project volume 1, album de reprises en hommage. Ceux qui ne connaissaient pas l’artiste libertaire des années 70, y découvriront quelques uns des petits bijoux qu’il a laissés, et qui loin d’être ringards, résonnent encore avec l’actualité. «  Le répertoire de François Béranger est d’une actualité forte. Il parle des plus démunis avec une langue à la fois crue et remplie d’amour. »

« Une guitare, un micro, une énorme envie de chanter… C’est tout. »

Compositeur, guitariste et jongleur de mots virtuose, baroudeur de styles, « pompeur de rythmiques », Sanseverino va où ça lui chante. Il n’en finit pas de surprendre, passant cette fois du rock band à la tournée en solitaire. Cette fois, pas de cuivres, de violons, d’accordéons ni d’orchestre. Tout seul sur scène avec quelques guitares, le concert s’annonce évidemment plus intime que lors des dernières dates à la Réunion. Et c’est bien aussi : « Pas d’esbrouffe, de l’acoustique pure, dépouillée et personnelle  ».

Pareil mais pas pareil

Où qu’il aille, on le suit, pourvu que ça sonne vrai, que ça sonne juste. Et qu’il s’agisse de swing, de jazz, de blues ou autres, on ne manque jamais sa patte : l’humour toujours, et l’élégance des textes, sans détours, sans ronds de jambes et avec toutes les libertés qu’il a envie de prendre. Il se permet de passer du léger au grave, de l’ironie à la tendresse, du jeu de mot pourri mais si drôle, à la poésie… Il fait ce qu’il a envie de faire.

Sanseverino, c’est un de ces artistes dont certaines expressions restent plantées dans la tête à vie, parce qu’on les a trouvés brillantes, drôles ou simplement vraies. Un de ces artistes qui donnent envie un jour d’apprendre la guitare, de piquer un song book et de se fatiguer les doigts à essayer de jouer celle-ci ou celle-là… parce qu’on les aime. Tiens donc…

Les chansons de François Béranger ont indéniablement influencé Sanseverino, mais dans le fond, ces deux-là sont probablement un peu faits du même bois. Samedi soir, le concert promet un beau moment de connivence et de chouettes (re)découvertes.

Lalou


  • Concert | Sanseverino chante Béranger | première partie : Mademoiselle Rouge
  • SAM 30 MARS 2019 | 20h30 | Kabardock | Le Port | Tarif : 17 à 23 €