La mort d’une star de K-Pop suscite un débat sur le cyberharcèlement

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La mort apparemment par suicide d’une jeune star de la K-Pop, Goo Hara, victime de "revenge porn", a bouleversé ses fans et suscité lundi un débat en Corée du Sud sur le harcèlement en ligne.

Le corps de l'ex-membre du groupe Kara a été retrouvé dimanche chez elle à Cheongdam, un quartier cossu de Seoul.

La police, qui enquête sur les causes de la mort, envisage, selon l'agence Yonhap, la piste d'un suicide.

S'il est confirmé, ce serait la deuxième fois en un mois qu'une star du milieu ultracompétitif de la pop coréenne met fin à ses jours.

En mai, la star de 28 ans avait présenté ses excuses à ses fans après son hospitalisation à la suite d'une tentative de suicide présumée, confiant être "angoissée par un certain nombre de problèmes".

Sa mort a déclenché une pétition en ligne sur le site du bureau du président sud-coréen, réclamant des châtiment plus sévères contre la cybercriminalité et les commentaires abusifs en ligne. La pétition a recueilli en un jour plus de 20.000 signatures.

La chanteuse a été en effet l'an dernier victime du chantage d'un ancien petit ami, Choi Jong-bum, un coiffeur qui, après leur rupture, menaçait de rendre publiques des vidéos à caractère sexuel et ainsi de "mettre fin à sa carrière d'artiste". Des images de caméras de surveillance avaient montré la chanteuse à genoux devant lui, apparemment pour le supplier de ne pas le faire.

L'homme avait été condamné en août pour de nombreux délits, dont tentative de chantage, recevant une peine de prison avec sursis. Malgré tout, la star s'était retrouvée cible de nombreux commentaires malveillants en ligne. Avant la découverte de son corps dimanche, on pouvait lire sur son compte Instagram de nombreux commentaires humiliants sur son apparence et son passé avec cet ex.

Goo Hara a chanté de 2008 à 2015 avec Kara, un des deux groupes les plus en vue de la K-Pop. A la séparation du groupe, elle s'était lancée dans une carrière en solo, terminant la semaine dernière une tournée au Japon.

- 'Shining presence' -

Le taux de suicide en Corée du Sud est un des plus élevés au monde. Selon le gouvernement, le suicide est une des principales causes de mortalité avant 40 ans. La souffrance mentale reste également une question taboue en Corée du Sud, dissuadant de nombreuses personnes de demander de l'aide.

La mort de Goo fait écho, en octobre, à celle de son amie Sulli, autre star de la K-Pop, victime longtemps elle aussi de harcèlement en ligne.

"Il n'y a pas si longtemps, nous avons perdu quelqu'un à la suite de commentaires haineux et cela ne peut plus se reproduire", dit la pétition. "S'il vous plaît, protégez les gens contre les commentaires de haine et les critiques qui se propagent comme un virus".

Derrière les paillettes et le glamour, le monde de la K-Pop est connu pour être sans merci. Le renoncement à sa vie privée, le harcèlement en ligne et la pression pour maintenir à tout instant une image parfaite sont le lourd prix à payer pour ses vedettes.

Des stars comme Goo et Sulli sont sélectionnées très jeunes par des agences, avant 15 ans, vivent sous étroit contrôle et enchaînent concerts, promotion, répétitions et entraînements.

"Nous devons faire attention à chacune de nos actions et ne pouvons partager nos souffrances avec personne, même avec nos amis et la famille", avait confié Goo cette année.

"Vous avez droit à la liberté d'expression mais pourriez-vous s'il vous plaît réfléchir à deux fois avant de poster un commentaire malveillant? avait-elle ajouté à l'adresse des internautes.

"Peut-être ne pouvais-tu entendre les voix d'amour et de soutien parce qu'elles étaient couvertes par les messages de haine", écrit un fan sur le compte Instagram de Goo.

"Combien d'autres victimes après Sulli et Goo faudra-t-il avant de comprendre la souffrance que causent les commentaires malveillants?", écrit un autre fan en deuil.

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