sports par Paris (AFP) , dimanche 10 octobre 2021 à 17:14

Voile/SailGP : les femmes priées de monter à bord

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Nouveau venu dans le monde de la voile spectaculaire et "high tech", le circuit SailGP richement doté vient d’édicter une règle : la présence d’une navigante à bord de bateaux ultra-rapides. Une petite avancée dans ce milieu plutôt fermé aux femmes.

Un bolide des mers piloté par une femme. Ce n'est pas encore une réalité mais l'objectif d'ici deux à trois saisons du SailGP, championnat par étapes inspiré de la Coupe de l'America. Un pas est franchi ce week-end à Cadix (Espagne) lors de la sixième des huit étapes de la deuxième saison avec l'obligation d'avoir une femme à bord en course.

Le SailGP réunit huit équipes (Australie, Danemark, Espagne, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Japon, Nouvelle-Zélande) qui s'affrontent en match-racing (un contre un) lors de régates (manches près des côtes) à bord de bateaux ultra-rapides équipés de foils, les F50 hérités de la Coupe de l'America 2017.

Ces bijoux de technologie sont l'apanage des meilleurs skippers au monde comme le Néo-Zélandais Peter Burling, l'Americain Jimmy Spithill ou encore le Britannique Sir Ben Ainslie. Et pas une femme.

- Manque de confiance -

"C'est sûr et certain qu'il faut qu'on change ça. On ne pouvait pas les mettre dans l'équipe sans entraînements donc on a fait une sélection. Maintenant elles vont avoir une place derrière le barreur où elles vont faire la stratégie et participer aux manoeuvres aussi", explique à l'AFP Bruno Dubois, manager de l'équipe française, la première et la seule sur la saison 1 à avoir pris - sans obligation - une navigatrice, Marie Riou.

"Il n'y a jamais eu de commentaires, ça n'a pas été pris assez en exemple. Ce n'était peut-être pas un sujet au goût du jour à l'époque. C'est resté sous silence et je trouve ça dommage. C’est l'année d'après, quand on ne s'est retrouvés qu'avec des hommes à bord, qu'on (le SailGP) a pris la décision d'intégrer les filles", souligne Bruno Dubois.

Lancé en avril, ce circuit, largement financé pour les trois premières saisons par le milliardaire Larry Ellison avec un bonus d'un million de dollars pour l'équipe victorieuse, a d'abord permis aux femmes de côtoyer ce milieu très masculin.

- Laborieux -

"Dès qu'il y a un nouveau support, un nouveau championnat ou un nouveau type de bateau, c'est d'abord les hommes qui ont les opportunités de naviguer. C'est en partie dû à la confiance qu'on accorde aux qualités techniques des femmes sur des nouveaux engins, notamment volants. Vu qu'on fait moins confiance aux femmes, elles ont moins d'opportunités de s'expérimenter, et du coup, quand il faut sélectionner les meilleurs, forcément, les femmes ne sont pas aussi bonnes techniquement ou en navigation sur ces supports-là. Alors qu'elles peuvent faire tout aussi bien, j'en suis persuadée", plaide à l'AFP Hélène Noesmoen.

Cette spécialiste de planche à voile à foil a rejoint l'équipe française en début d'année avec Amélie Riou, la première à naviguer à Cadix. Bruno Dubois a ciblé sept femmes pour cette saison, toutes issues de l'olympisme.

Camille Lecointre et Aloïse Retornaz, médaillées de bronze aux JO de Tokyo (470), ont été sollicitées à l'automne 2020. Elles ont été conviées sur les entraînements en septembre dernier.

"Il y avait pour moi un espoir de faire bouger les choses. On invite des filles, même si ce qu'on nous propose est franchement ridicule, donc si on refuse ça, on n'avance jamais", dit à l'AFP Camille Lecointre, qui tacle le SailGP et non l'équipe de France qu'elle trouve "hyper moteur dans le fait de vouloir amener des filles".

"Alors oui, la fille de l'équipage va avoir un rôle à bord, mais franchement ça fait un an et demi qu'on en parle, c'est laborieux. Sur les trois postes accessibles aux femmes, ça n'est que toucher des boutons et piloter, ça sur le papier les femmes doivent être aussi fortes que les hommes !", lance la double médaillée olympique, qui préfère retourner à sa passion, la voile olympique où il y a de la visibilité selon elle.

A court terme, les filles auront leurs propres camps d'entraînement, de cet hiver au printemps prochain.

mots clés de l'article : femmes , voile , FRA

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