sports par Andorre-la-Vieille (Andorre) (AFP) , mardi 13 juillet 2021 à 09:29

Tour de France : face aux chutes en série, un peloton en quête de solutions

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Une partie de Tour et puis s’en vont : les deux premières semaines de la Grande Boucle ont été marquées par d’importantes chutes et de nombreux abandons, une hécatombe aux raisons nombreuses et parfois différentes selon les équipes.

"Pour nous, ça a été la Bérézina dès le premier jour!", soupire Eric Bouvat, responsable médical d'AG2R Citroën.

"Sept de nos huit coureurs sont tombés, et quatre d'entre eux sont tombés deux fois... ça fait onze chutes le premier jour, je n'ai jamais vu ça dans les vingt-cinq Tours de France que j'ai encadrés!"

Avec sept coureurs encore en course avant les six dernières étapes, la formation française s'en tire pourtant mieux que d'autres: Arkéa-Samsic ne compte plus que trois coureurs, un de moins que la Groupama-FDJ et Lotto.

Le total des coureurs éliminés (37) du 108e Tour de France est déjà plus élevé que lors des cinq éditions précédentes.

Alors pourquoi tant de casse?

"Les coureurs prennent de plus en plus de risques, il y a un engagement vraiment important", souligne Yvon Madiot, directeur sportif de la Groupama-FDJ.

"Le deuxième point, c'est que les routes ne sont pas adaptées aux courses cyclistes. Maintenant, dans tous les villages on a des ralentisseurs, des trottoirs avancés, toutes sortes d'artifices pour ralentir les voitures", explique l'ancien coureur.

"Or les courses de vélo vont de plus en plus vite, ça nous fait beaucoup plus d'obstacles", regrette-t-il.

- Les chutes, "ça arrive" -

Médecin de l'équipe BB Hotels, qui dispose encore de six coureurs sur le Tour, Samuel Maraffi identifie trois grands facteurs de risque: le parcours, le comportement des coureurs et les événements externes comme l'imprudence de certains spectateurs, à l'image de la spectatrice à la pancarte qui a causé la première grosse chute collective lors de la première étape.

"Et quand le Tour avance un peu, il y a la fatigue et les problèmes de concentration", poursuit-il.

Il convient enfin d'ajouter aux chutes les arrivées hors délai. Lors de la neuvième étape, montagneuse et disputée sous une pluie battante, sept coureurs ont été éliminés de cette manière.

Si les deux premières semaines ont fait des dégâts, le Tour 2021 est-il pour autant hors du commun?

"Les séries de chutes, ça arrive de temps en temps. Il ne faut pas chercher d'excuses", affirme Marc Sergeant.

"On avait eu le même débat il y a quelques années, après des chutes dans plusieurs classiques successives", se remémore le manager de Lotto.

"Certaines chutes sont de la responsabilité des coureurs, il ne faut pas tout mettre sur le dos des aménagements routiers!", insiste Yvon Ledanois. "Il n'y a pas de chute qui soit identique à une autre".

Statistiquement, le 108e Tour est moins éprouvant que ceux des années 2000, quand le peloton arrivait à Paris souvent aminci de plus de quarante coureurs.

Plus récemment, la première étape du Tour 2020 avait aussi été marquée par un carambolage avec "80 mecs par terre", se souvient Yvon Madiot.

Pour Eric Bouvat en revanche, la hausse du nombre d'éliminés est "structurelle".

- Aucun consensus -

"Au fil des années, on a grossi les paramètres que doit gérer le coureur sur son vélo: le nombre de ravitaillements est plus important, le nombre d'informations données dans l'oreillette aussi, l'hélicoptère tourne très près des coureurs...", énumère-t-il.

"La pancarte de la spectatrice, c'est la goutte d'eau qui fait déborder le vase. Mais ce n'est qu'un paramètre!" estime le responsable médical, qui préconise d'agir simultanément sur plusieurs facteurs de risque pour réduire le danger.

Pour limiter les risques liés au parcours, Yvon Madiot et Marc Sergeant plaident pour une neutralisation de la course lorsque le peloton traverse des passages délicats.

"Sur ce Tour, deux grosses chutes auraient pu être évitées si le président du jury avait accepté la neutralisation des temps", assure le directeur sportif de la Groupama-FDJ en référence aux carambolages des 3e et 13e étapes.

Mais sur les questions de sécurité, "il n'y a aucun consensus entre les équipes", déplore Yvon Madiot.

"On n'a pas de solution miracle en 48 heures, faut pas rêver!" avertit Yvon Ledanois. "Si certains ont la solution miracle, qu'ils montent au créneau et qu'ils l'apportent!"

mots clés de l'article : Cyclisme , TDF , 2021

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