sports par Paris (AFP) , mercredi 18 novembre 2020 à 13:51

Les Bleus, un univers "familier" pour un fils d’international, dit Youri Djorkaeff

image description
image description

Fils de Jean, ancien capitaine des Bleus, Youri Djorkaeff se remémore dans un entretien à l’AFP la "bienveillance" ayant entouré sa première sélection en équipe de France, un univers "assez familier" dans lequel le champion du monde 1998 a "baigné" depuis tout petit.

Après la première convocation remarquée de Marcus Thuram, fils de Lilian, l'ancien attaquant de Monaco et l'Inter Milan, aujourd'hui directeur général de la Fondation Fifa, décrit le rôle joué par son père dans sa carrière: "Dès que vous faites une erreur, il la voit tout de suite!", raconte-t-il.

Q: Comme pour Marcus Thuram, vous n'avez pas échappé à l'ombre de votre père pour votre première sélection en 1993. En gardez-vous cependant un bon souvenir?

R: "Oui j'en ai profité, ce n'était pas pénible. Comme Marcus, ça faisait un moment que je jouais à un niveau professionnel. Quand vous arrivez en équipe de France, vous avez déjà fait vos gammes chez les plus jeunes, chez les moins jeunes, et à très haut niveau. Quand c'est votre première en équipe de France, que votre père a été capitaine, il y a toujours une comparaison faite. Etant jeune j'ai vécu dans l'ambiance Bleus, donc c'était très agréable et assez familier pour moi. Comme mon père était encore dans le milieu du football, des gens le connaissaient, il y avait de la bienveillance autour de ma première sélection. Bien sûr les journalistes faisaient des comparaisons mais, comme Marcus, j'avais un poste différent de mon papa donc c'était un peu plus facile."

Q: Comment s'est transmise la culture du foot dans votre famille, était-ce naturel?

R: "Après 15 ans, on est tous partis dans les centres de formation. Donc le plus important c'est entre 10 et 15 ans. A cet âge, on comprend que son père joue pour l'équipe de France, il se déplace tous les deux jours pour un match, il joue avec des joueurs que vous admirez, il est dans la grande équipe. Il y a des échanges, des discussions familiales. Je me souviens qu'avec mon père et mes frères, on parlait football, on partageait des moments où on l'écoutait autour de la table. On a baigné dans ce milieu-là."

Q: Didier Deschamps disait en plaisantant que les débriefings de Lilian Thuram avec ses fils devaient être sévères. Etait-ce le cas pour vous?

R: "Oui c'était pareil. Les bonnes choses, il sait qu'on est capable de les reproduire. Il insistait surtout sur le positionnement, la récupération, sur des choses qu'un entraîneur prend soin de dire mais, étant donné qu'il s'occupe de 25 ou 26 joueurs, il passera peut-être moins de temps avec chacun. Le père, ex-joueur de foot, ex-grand champion, dès que vous faites une erreur il la voit tout de suite, même si vous êtes de l'autre côté du terrain! Et c'est celle-là qu'il va vous sortir."

Q: Sur les choix de carrière, le rôle du père est-il déterminant?

R: "A mes débuts, j'avais un avocat et mon père était mon agent. Le choix de carrière, on en débattait et on est pratiquement toujours tombé d'accord dans les options et sur la façon de travailler. (...) Construire une carrière ça passe par certains choix, des destinations, un encadrement sportif, avec quel entraîneur et quel club vous allez travailler... Il y a plein de paramètres à prendre en compte, qui ne le sont pas forcément toujours par des agents ou des pères qui n'ont pas l'habitude."

Q: Etre un "fils de" vous a-t-il semblé être un poids à porter?

R: "Non, parce que j'ai fait abstraction. Mais ce n'a pas été toujours facile, surtout jeune. Dans les petits matches amateurs de banlieue, les parents ne connaissent qu'un joueur sur le terrain de l'équipe adverse, c'était moi parce que j'étais le fils de. Vous marquez un but, ça ne suffit pas. C'est normal, il a marqué parce que c'est le fils de. C'est beaucoup plus difficile petit parce que quand vous arrivez en professionnel, il y a une visibilité qui est plus grande. Il y aura toujours 20% des gens qui diront Il est là parce que c'est le fils de, mais 80% du stade verra que vous avez bien joué."

Q: Et vous avez fini par marquer l'histoire des Bleus...

R: "Je suis passé au-delà de lui, au niveau des titres et des sélections mais, ce qui est plaisant, c'est que je n'ai pas effacé mon père. Ce n'était pas le but d'ailleurs. Il a une légitimité reconnue en équipe de France."

Propos recueillis au téléphone par Jérémy TALBOT.

mots clés de l'article : foot , ligue , FRA , Nations

Publicité
Publicité
Publicité

Ces articles pourraient aussi vous intéresser

Publicité

Liens commerciaux

Pourquoi acheter en ligne
image description Promos exclusives
image description Paiement 100% sécurisé
image description Livraison gratuite sous 72h
image description À vos cotés 24h/24
image description 14 jours pour changer d’avis