sports par Goesan (Corée du Sud) (AFP) , mardi 20 juillet 2021 à 07:55

JO-2020 : pourquoi la Corée du Sud vise (presque) toujours juste en tir à l’arc ?

image description
image description

Un généreux géant de l’automobile, des sauts à l’élastique ou encore des sélections impitoyables : la recette de l’extraordinaire domination de la Corée du Sud sur le tir à l’arc olympique est peu orthodoxe, mais très efficace.

C'est peu dire que la Corée du Sud règne sur le tir à l'arc avant les JO de Tokyo: les archers sud-coréens ont remporté 23 des 34 titres olympiques décernés depuis 1984, dont les quatre des derniers Jeux d'été à Rio il y a cinq ans.

Les femmes ont conquis les huit titres par équipe depuis l'introduction de cette catégorie à Séoul en 1988, les hommes cinq sur huit.

Les théories abondent pour expliquer cette suprématie, y compris celle, saugrenue, au sujet de prétendus "doigts sensibles", une caractéristique physique également citée lors des discussions sur la prévalence écrasante du pays du matin calme dans le golf féminin.

Leur main-mise sur le tir à l'arc s'explique en réalité davantage par l'existence d'un système bien organisé et très lucratif pour les 140 professionnels en activité selon la Fédération sud-coréenne de tir à l'arc (KAA).

Des entreprises et des collectivités locales possèdent plus de 30 équipes professionnelles et versent de généreux salaires.

Et l'exténuant processus de sélection olympique est impitoyable: les trois meilleurs archers masculins et féminins sont retenus à l'issue d'épreuves sur plusieurs mois, sans qu'il soit tenu compte des succès ou classements antérieurs.

"Un dicton dit que si vous finissez premier en Corée du Sud, l'or aux Jeux olympiques est à votre portée", explique à l'AFP Kim Hyung-tak, qui a entraîné l'équipe nationale pour les Jeux de 1984 à Los Angeles.

- Hyundai mécène généreux -

Parmi les représentants de la Corée du Sud à Tokyo, il y aura un adolescent et trois concurrentes sans expérience des JO, tandis que les champions olympiques en titre n'ont pas été retenus.

Dans les années 1970, alors que la tension montait dans la péninsule, le gouvernement militaire sud-coréen de l'époque a encouragé les garçons à s'entraîner au taekwondo et les filles à apprendre le tir à l'arc.

Kim Hyung-tak a alors formé des dizaines d'enseignants d'écoles de tout le pays afin qu'ils puissent ensuite instruire leurs élèves.

Le tir à l'arc disposait de peu de moyens financiers et d'installations médiocres, rappelle l'entraîneur, les compétitions se déroulant dans des piscines asséchées. Les résultats n'étaient pas à la hauteur, malgré une tradition séculaire dans ce sport.

Avant les JO à Séoul, le dictateur Chun Doo-hwan a ordonné aux grandes entreprises du pays de parrainer les fédérations sportives nationales pour tenter d'assurer une performance respectable.

Le constructeur automobile Hyundai s'est vu attribuer celle de tir à l'arc, un fils de son fondateur devenant président de la KAA.

Depuis, le puissant conglomérat aurait injecté au moins 40 millions de dollars dans ce sport.

Par ailleurs des chercheurs de pointe de Hyundai ont mené des études scientifiques pour améliorer les performances des archers. Pour le vice-président de la KAA, Jang Young-sool, le soutien à long terme de l'entreprise a été "essentiel".

- Le bruit des caméras -

L'actuel président de Hyundai Motor, Euisun Chung, est à la tête de la KAA depuis 2005. A Rio, il a fourni aux archers un car personnalisé équipé de lits, de tapis de yoga et de douches, ainsi que des voitures à l'épreuve des balles pour leur sécurité.

Des méthodes inédites ont été adoptées, allant du saut à l'élastique, pour maîtriser ses nerfs, à l'entraînement dans un stade de baseball plein, afin de s'habituer au bruit des grandes foules.

Avant Londres en 2012, les conditions météo dans la capitale britannique ont été étudiées et un lieu d'entraînement offrant des vents et pluies similaires, a été choisi à Namhae, sur la côte sud.

"Le temps était très mauvais en finale", se souvient Jang, qui était l'entraîneur principal à l'époque, "l'équipe chinoise était perturbée alors que nos archers ont concouru calmement et ont fini par gagner d'un seul point".

Cette année, la préparation a eu lieu dans une réplique du site de Tokyo, reproduisant même les sons que les archers y entendront, du gazouillis des oiseaux aux annonces en japonais et en anglais.

Et l'absence de spectateurs en raison de la pandémie de coronavirus avait été anticipée, des équipes de télévision simulant les bruits de caméra dans une enceinte vide.

mots clés de l'article : 2020 , 2021 , Oly , arc , KOR

Publicité
Publicité
Publicité

Ces articles pourraient aussi vous intéresser

Publicité

Liens commerciaux

Pourquoi acheter en ligne
image description Promos exclusives
image description Paiement 100% sécurisé
image description Livraison gratuite sous 72h
image description À vos cotés 24h/24
image description 14 jours pour changer d’avis