sports par Moscou (AFP) , vendredi 16 juillet 2021 à 19:10

JO-2020 : Mariya Lasitskene, modèle et porte-voix de l’athlétisme russe

image description
image description

Star mondiale du saut en hauteur, Mariya Lasitskene, qui participera à 28 ans à ses premiers JO à Tokyo, mène depuis des années la fronde des athlètes russes qui dénoncent l’incompétence de leur fédération engluée dans les affaires de dopage.

Avec Anzhelika Sidorova (saut à la perche) et Sergey Shubenkov (110 m haies), Mariya Lasitskene fait partie des dix Russes autorisés après un examen approfondi de leurs dossiers par World Athletics, la fédération internationale, à participer sous bannière neutre aux épreuves d'athlétisme des Jeux olympiques.

Triple championne du monde (2015, 2017 et 2019), Lasitskene avait manqué le rendez-vous olympique en 2016.

La Fédération russe d'athlétisme (Rusaf) était alors suspendue pour avoir contribué au système de dopage d'Etat mis en place dans le pays. Seule la sauteuse en longueur Darya Klishina, qui s'entraîne aux Etats-Unis, avait obtenu une dérogation.

Les choses auraient pu s'arrêter là. Une "Task Force" pour aider les Russes à se réformer avait été mise en place. Dès 2017, le nombre d'athlètes autorisés à concourir augmentait.

Mais fin 2019, World Athletics découvrait que les dirigeants de Rusaf avaient aidé le sauteur en hauteur Danil Lysenko à camoufler des manquements aux règles antidopage. Retour à la case départ, fin des dérogations.

- "C'est honteux" -

Pour la discrète Mariya Lasitskene, c'était le choc de trop.

"Pourquoi pratiquement rien n'a changé ? Pourquoi nos athlètes continuent d'utiliser systématiquement des substances interdites, les entraîneurs liés au dopage continuent de travailler dans l'impunité et nos responsables continuent de falsifier des documents officiels ?", demandait-elle dans une lettre ouverte.

Position courageuse: à la même époque, les autorités dénonçaient à tout va une "hystérie" antirusse et faisaient front pour défendre Rusaf contre le "complot" occidental.

Mais les performances et le parcours irréprochable de la sauteuse - elle est capitaine de l'armée russe et a toujours refusé de partir s'entraîner à l'étranger - lui épargnent les critiques.

Depuis, Mariya Lasitskene mène une lutte sans merci. "C'est simplement honteux", affirmait-elle encore à l'AFP en 2020, accusant sa fédération d'avoir "rendu la situation encore pire" et prenant la tête, avec quelques autres, d'une commission d'athlètes pour faire entendre leur voix et tenter de changer les pratiques.

Qu'on ne se fie pas à l'apparente fragilité de cette brune longiligne (1,82 m, 57 kg). Depuis son enfance à Prokhladny, ville des contreforts du Caucase russe à laquelle elle reste très attachée et où elle s'entraîne toujours en partie, Mariya Lasitskene a toujours fait preuve d'un goût acharné pour la victoire.

En 2016, son rêve olympique s'était brisé quelques jours avant la cérémonie d'ouverture des Jeux de Rio.

"Lorsque nous avons appris la nouvelle, nous étions en pleine compétition. Vingt minutes après, Mariya a sauté 2 mètres: elle voulait tellement prouver qu'elle était plus forte que les filles qui iraient aux JO", a raconté à l'AFP son entraîneur, Gennady Gabrilyan.

- Timidité et ambition -

Celui qui était alors son entraîneur d'éducation physique avait repéré le talent de la petite Mariya quand elle avait neuf ans, l'invitant immédiatement à rejoindre son club d'athlétisme.

"J'ai tout de suite accepté (...) J'aimais courir et sauter et les leçons de Gabrilyan n'étaient jamais ennuyeuses", se souvenait la sauteuse, près de vingt ans après.

Depuis ses Jeux manqués de 2016, Mariya Lasitskene a remporté deux titres mondiaux consécutifs (2017, 2019), mais elle a surtout affiché ses ambitions olympiques.

Les JO de Tokyo pourraient pourtant arriver trop tard, ou trop tôt: elle s'est blessée à une cuisse en mai et est à court de forme. En 2021, elle n'a franchi qu'1,88 m, loin des meilleures mondiales ou de son record personnel à 2,06 m.

Et la concurrence est là, symbolisée par l'éclosion des sauteuses ukrainiennes Yulia Levchenko et Yaroslava Moguchikh. Mais l'émulation des compétitions sied à celle qui, paradoxalement, reconnaît sans fard sa timidité.

"Ça fait monter l'adrénaline et me donne envie de donner le meilleur de moi-même".

mots clés de l'article : 2020 , 2021 , Oly , rus

Publicité
Publicité
Publicité

Ces articles pourraient aussi vous intéresser

Publicité

Liens commerciaux

Pourquoi acheter en ligne
image description Promos exclusives
image description Paiement 100% sécurisé
image description Livraison gratuite sous 72h
image description À vos cotés 24h/24
image description 14 jours pour changer d’avis