sports par Paris (AFP) , samedi 17 juillet 2021 à 17:35

JO-2020 : Caron, Morelon, Trentin, les médaillés de 1964 se souviennent

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En 1964, les JO avaient déjà eu lieu à Tokyo où la France avait réagi après l’affront de Rome (5 médailles, aucun titre) quatre ans plus tôt en décrochant 15 médailles (un titre) grâce notamment à Christine Caron, Daniel Morelon et Pierre Trentin qui ont durablement marqué le sport français.

Pour l'AFP, et 57 ans plus tard, ils racontent leurs JO:

. Christine Caron: "dans un autre monde"

Christine Caron a beau avoir seulement 16 ans en 1964, elle est déjà l'une des meilleures nageuses de la planète avec son record du monde du 100 m dos.

"Je survolais tellement la natation européenne, mais en allant à Tokyo, je suis entrée dans un autre monde, la natation française à l'époque, c'était l'âge de pierre, rien à voir à ce qui se faisait en Australie et aux USA (…) On était vraiment en retard", se souvient "Kiki", son surnom pour encore beaucoup de Français.

En finale du 100 m dos, elle fait la course en tête, avant d'être devancée de justesse par l'Américaine Cathy Ferguson et de devoir se contenter de l'argent, devant une autre Américaine.

"La finale olympique, c'est la première fois que je faisais une compétition où je me vidais complétement, j'apprenais encore, mais je n'ai aucun regret de ne pas avoir gagné l'or, aucune amertume", insiste Caron qui deviendra en 1968 la première Française porte-drapeau dans l'histoire olympique.

Une fois sa compétition terminée, "la petite gamine aux yeux écarquillés" passe quelques soirées à profiter de la discothèque du Village olympique, visite le Japon et a bien failli créér un incident... diplomatique.

"Je me dépêchais pour assister à une des courses de Bob Hayes (champion olympique du 100 m, NDLR) et je me suis retrouvé dans la loge de l'empereur du Japon et des malabars m'ont aussitôt sauté dessus, l'ambassadeur de France a dû intervenir", sourit-elle.

A son retour de Tokyo, "Kiki" est attendue par une foule compacte à l'aéroport d'Orly: "On a dû me cacher dans les cuisines".

"J'étais la petite fille de Français moyens qui partait à l'étranger et qui était toujours à la mode, je suis devenue la première sportive people", se souvient-elle, sans nostalgie.

Des JO sans spectateurs comme ceux à venir de Tokyo, très peu pour elle: "ce n'est pas des Jeux ça, quelle tristesse ! Les Jeux, c'est une fête", insiste celle qui à 73 ans nage encore trois fois par semaine.

. Daniel Morelon: "rien vu du Japon"

"On arrivait dans l'inconnu, on avait 20 ans": Daniel Morelon n'a pas oublié ces JO de Tokyo où il a décroché la première de ses cinq médailles olympiques en cyclisme sur piste, le bronze de la vitesse.

Une médaille donc, mais c'est la déception qui domine encore: "Cette année-là, avec (Pierre) Trentin, on avait fait le doublé aux Mondiaux de Paris, au Parc des Princes, l'or pour lui et l'argent pour moi. On était favoris. Alors on était déçus, forcément. Notre but c'était de refaire 1 et 2". Mais le duo tricolore, finalement opposé pour la troisième place, avait buté sur les demi-finales: "On avait 20 ans, on avait le moral un peu friable !"

De ces JO japonais qui s’étaient alors déroulés en octobre, Morelon, 76 ans, se souvient d'"une piste en béton en plein air, très relevée, très glissante". Quant au Village olympique, il ne l'a vu qu'une fois, "pour aller voir le médecin, pour un petit problème à un pied": "Nous, on était dans des préfabriqués, à une cinquantaine de km de Tokyo, près d'une base militaire américaine. Entre cyclistes, et entre hommes: à l’époque les épreuves cyclistes n’étaient pas mixtes, il n'y avait pas de compétition pour les filles ! La vie du village olympique, on n'y a pas goûté, pas comme à Mexico en 1968 ou Montréal en 1976. En fait, l'ambiance, c'était comme des championnats du monde. Et on n'a rien vu du Japon !"

Les JO-2020, il les regardera à la télévision, bien sûr. Mais aucun regret de ne pas être plus jeune pour y être : "Franchement, dans ces conditions-là, non ! Ils sont gardés comme dans une prison ! Et des Jeux devant des banquettes vides, c’est d'un triste !"

. Pierre Trentin: "mes plus mauvais souvenirs"

"Les JO de Tokyo, ce sont les plus mauvais souvenirs de toute ma carrière, j'ai eu du mal à les digérer", asséne Pierre Trentin (77 ans), "j'ai réussi un peu à les effacer quand je suis devenu double champion olympique à Mexico en 1968, mais c'est toujours resté dans ma tête".

Le pistard faisait en effet figure de grand favori en vitesse, distance dont il est alors le champion du monde en titre, et sur le kilomètre: "J'étais parti très confiant".

"En demi-finale, je tombe sur un Italien, je l'avais vu en 1962 à Milan, mais jamais revu depuis: j'ai gagné la première manche et puis aussi la 2e manche. Mais j'ai été disqualifié à cause d'une faute sur lui, alors que c'est lui qui est venu contre moi à la fin de la 2e manche, il m'a gêné. S'il n'avait pas fait la première faute, je n'aurai pas fait la deuxième. Il a donc gagné la 2e manche, puis la 3e", se souvient Trentin, qui terminera finalement 4e derrière son grand ami Daniel Morelon.

Quelques jours plus tard, il se console avec une médaille de bronze sur le kilomètre: "j'aurais pu faire un meilleur résultat, avoir l'argent mais je n'avais pas envie de me bagarrer, je n'avais pas le moral", regrette-t-il.

Les JO de Tokyo reportés d'un an en raison de la pandémie lui rappellent ce qu'il a failli vivre en 1968 à Mexico: "Ils ont failli être annulés à cause des violences, c'est terrible pour les athlètes, il y a une tension nerveuse énorme, et cela peut perturber certains athlètes".

mots clés de l'article : natation , Cyclisme , 2020 , FRA , 2021 , Oly , 1964

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