sports par Rome (AFP) , dimanche 10 janvier 2021 à 11:51

Italie : à la Roma, les Friedkin s’installent à pas de loup

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Réconcilier la Roma avec ses supporters, assainir les finances et débloquer le dossier d’un nouveau stade : loin d’un grand soir, c’est une reconstruction à pas de loup qu’ont initiée Dan et Ryan Friedkin, propriétaires américains de l’AS Rome depuis l’été dernier.

"Si c'est une révolution, c'est une révolution silencieuse", estime auprès de l'AFP l'éditorialiste sportif Paolo Condo, alors que les Giallorossi reçoivent dimanche à la mi-journée l'Inter Milan avec en jeu la deuxième place de la Serie A.

Avec d'autres, le journaliste, co-auteur de l'autobiographie de la légende du club romain, Francesco Totti, s'étonne que Dan Friedkin et son fils, hommes d'affaires texans présents notamment dans le secteur des concessions automobiles et de la production cinématographique ("The Square", Palme d'or en 2017), ne se "soient pas encore présentés".

Plutôt que de donner de grandes interviews, les Texans se sont activés en coulisses jusqu'ici, pour se plonger dans les comptes (mauvais) et rencontrer les autorités locales afin d'évoquer le projet de nouveau stade, dans les limbes depuis huit ans.

Tout en se montrant assidus en tribunes, au Stadio Olimpico comme à l'extérieur.

L'ambition est perceptible: tourner la page James Pallotta, l'ancien propriétaire américain. Lequel était très impopulaire auprès des supporters qui, outre l'absence de titres, lui reprochaient son éloignement, la vente de plusieurs joueurs importants (Salah, Alisson, Marquinhos, Pjanic...) et la rupture avec d'anciennes gloires du club, dont Francesco Totti.

- Un "café" avec Totti? -

Dès septembre, Totti a ainsi été le premier à se réjouir de l'annonce que Ryan Friedkin resterait vivre dans la "ville éternelle". "Dan Friedkin a compris très vite une chose essentielle: à Rome, le propriétaire doit être physiquement présent", a lancé l'ex-capitaine, se disant prêt à "prendre un café" avec lui pour évoquer un éventuel retour.

Autre geste apprécié des tifosi: la volonté affichée des Friedkin de remettre au goût du jour l'ancien logo, supprimé par Pallotta au grand dam de certains ultras.

Sur le terrain aussi, le projet semble désormais de construire sur la durée, en essayant de garder les joueurs prometteurs plutôt que les vendre, notamment en s'appuyant sur l'étoile montante Nicolo Zaniolo, 21 ans.

Pour autant, la Roma restera sage en matière de transferts: la ligne fixée est celle d'"investissements soutenables" s'inscrivant dans un "projet à moyen ou long terme", a prévenu le directeur général Guido Fienga, épaulé par le nouveau patron du secteur sportif, le Portugais Tiago Pinto (ex-Benfica).

Les investissements des Friedkin, outre l'opération financière liée à l'achat du club (évaluée à 600 M EUR au total), ont pour le moment visé à assainir les finances, toujours plus dans le rouge après des années déjà difficiles: plus de 200 M EUR de perte la saison dernière et un endettement actuellement supérieur à 300 M EUR.

- Premier derby -

Une augmentation de capital est en cours, qui verra Dan Friedkin, dont la fortune est estimée à plus de 4 milliards de dollars (3,3 milliards d'euros) par Forbes, mettre au pot 210 M EUR d'ici fin 2021.

Sur l'épineux dossier du stade (la Roma partage pour l'heure l'Olimpico avec la Lazio), les Friedkin semblent aussi vouloir réduire la voilure par rapport au projet Pallotta, qui prévoyait une nouvelle enceinte associée à un ensemble plus large de bureaux, dans le sud de la capitale.

Face aux obstacles administratifs freinant le dossier depuis des années, les propriétaires texans souhaiteraient un projet plus modeste et étudieraient aussi la possibilité d'autres sites, voire une éventuelle réhabilitation du vieux stade Flaminio, inutilisé depuis 2011, pour le porter à 45.000 places environ.

A court terme, ce sont d'abord les résultats sur le terrain que vont juger les supporters, frustrés par la cinquième place de la saison dernière qui les a privés de Ligue des champions.

Intraitable en championnat contre les petites équipes, mais incapable de battre ses concurrents directs, la Roma (troisième actuellement) doit accélérer: "une victoire contre l'Inter permettrait de passer un cap, y compris en termes d'ambitions", souligne ainsi Paolo Condo.

D'autant que, le 15 janvier, arrivera un rendez-vous au moins aussi important pour les Friedkin: leur premier derby contre la Lazio.

mots clés de l'article : foot , entreprises , acquisition , USA , ita

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