sports par Montevideo (AFP) , vendredi 11 septembre 2020 à 12:49

Edinson Cavani en chaussons pour promouvoir la danse chez les garçons

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Il a troqué le maillot pour les collants : la star uruguayenne du football Edinson Cavani a suivi un cours de danse classique pour promouvoir cette discipline dans le petit pays sud-américain où le ballon rond reste le sport-roi.

"Je ne suis pas d'accord avec cette idée que les garçons ne doivent jouer qu'au football", a confié à l'AFP l'ex-buteur du PSG, qui a accepté l'invitation de l'Ecole nationale de formation artistique (ENFA) pour participer à une campagne visant à promouvoir la danse pour les garçons.

"Les filles et les garçons doivent être libres de trouver leur bonheur dans ce qui les passionne, car c'est la meilleure façon d'être bien formés, et qu'ils grandissent jour après jour sur de bonnes bases", a ajouté le footballeur dans un message envoyé à l'AFP par WhatsApp depuis l'Europe, où il se trouve après avoir passé cinq mois en Uruguay en raison de la pandémie de coronavirus.

Au moment où le monde du ballon rond spéculait sur le futur du joueur de 33 ans après son fin de contrat avec le PSG, l'attaquant enfilait des chaussons de danse pour enregistrer un spot dans lequel des danseurs professionnels lui enseignent les bases de la danse classique.

"Cela a été une expérience incroyable ! Les danseurs m'ont expliqué comment faire les pas et quand je les regardais, j'étais vraiment admiratif. La danse est quelque chose de merveilleux", raconte celui qui restera à jamais le "Matador" pour les supporters parisiens.

- Des ballets à Paris -

L'Uruguayen, meilleur buteur de l'histoire du PSG, s'est prêté au jeu pendant sept heures sur la scène de l'Auditorium Adela Reta, à Montevideo, pour le tournage du spot auquel il a participé de façon totalement gratuite.

"Edi", un autre de ses surnoms à Paris, a confié que la danse classique ne lui était pas tout à fait inconnue grâce à son épouse, Jocelyn Burgardt, diplômée en gestion culturelle.

"Mon épouse est passionnée de danse (...) A Paris, nous sommes allés voir des ballets que nous avons beaucoup aimés", a-t-il raconté.

Seul un quart des 440 élèves âgés de 6 à 37 ans qui suivent des cours à l'ENFA (danse classique, danse contemporaine, tango, danse folklorique et art lyrique) sont des garçons.

Et la proportion baisse drastiquement en danse classique : 148 filles pour 12 garçons, alors que le ballet national uruguayen du Sodre est devenu en une dizaine d'années un des plus reconnus d'Amérique latine.

"Cette fracture entre garçons et filles ne se réduit pas, même pas pour le tango. Et cela n'a pas évolué au cours des dernières années", regrette Natalia Sobrera, la directrice de l'ENFA, alors que les cours sont totalement gratuits, une fois passé le concours d'admission.

- "Une expérience corporelle" -

Selon Mme Sobrera, outre le nombre limité de garçons inscrits, beaucoup d'entre eux abandonnent après quelques années seulement, souvent par manque de soutien de leurs propres familles.

"Il y a tout ce qui a à voir avec la pression du groupe. Il y a de nombreux garçons qui cachent leurs chaussons de danse, même parfois à leur propre père", constate la directrice.

Dans un pays où un ballon de foot est un cadeau obligé pour tous les garçons, la campagne à laquelle participe la star uruguayenne est autant en direction des enfants que des familles.

Pour les enfants, il n'y a pas de préjugés, "c'est une expérience corporelle, où on acquiert des habitudes de mouvement, comme au football", dit Mme Sobrera.

Pour les adultes, à l'inverse, "il faut travailler sur cette construction du genre" pour montrer que la danse "n'a rien à voir avec une question de masculinité", ajoute-t-elle.

En Uruguay, petit pays de 3,5 millions d'habitants, qui a remporté deux Coupes du monde en 1930 et en 1950, le football reste le sport-roi et une passion nationale qui se cultive dès le plus jeune âge.

Dans la capitale ou à l'intérieur du pays, il n'est pas rare de voir de très jeunes enfants "taquiner le ballon rond", rêvant d'égaler un jour Luis Suarez, l'attaquant vedette du FC Barcelone, ou Edinson Cavani.

mots clés de l'article : Uruguay , Fbl , niños , danza , sexismo

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