sports par Tokyo (AFP) , mardi 27 avril 2021 à 19:52

Covid-19 : le dilemme des villes-hôtes des JO de Tokyo

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Avant la pandémie, le bourg rural d’Okuizumo, dans l’ouest du Japon, se réjouissait à la perspective d’héberger l’équipe indienne de hockey sur gazon pour les Jeux olympiques de Tokyo. Mais la crise sanitaire a forcé la municipalité à tout annuler.

Continuer malgré tout ou renoncer? Des centaines d'autres communes japonaises associées aux JO prévus cet été (23 juillet - 8 août) sont confrontées à ce choix difficile face à la crise sanitaire qui perdure: certaines se retirent, comme Okuizumo, d'autres échafaudent des compromis pour tenter de sauver les apparences.

Okuizumo avait investi l'équivalent de plus de quatre millions d'euros, une grosse somme pour cette localité d'à peine 12.000 habitants, dans la rénovation de ses installations sportives, en prévision de ses hôtes indiens.

Mais le bourg a jeté l'éponge face au casse-tête qu'impliquait leur accueil dans un contexte sanitaire toujours critique: il aurait fallu créer une "bulle" pour les sportifs, avec des tests de dépistage réguliers et une équipe médicale disponible en permanence.

"Nous voulions que l'une des meilleures équipes au monde visite notre ville et montre sa technique à nos enfants", mais cela semblait être devenu "impossible", explique à l'AFP Katsumi Nagase, un responsable municipal.

La tradition des villes-hôtes d'accueil des sportifs du monde entier est une dimension importante de la culture olympique. Mais lors des "Jeux de la pandémie", les échanges interculturels devraient être drastiquement réduits.

- "Il faut s'adapter" -

Plus de 500 municipalités japonaises s'étaient portées volontaires pour recevoir les 206 délégations olympiques de pays ou territoires.

Ces communes devront désormais veiller à faire respecter des règles de distanciation physique entre les habitants et les sportifs. Ce qui sonne le glas des visites en milieu scolaire et des séances d'entraînement ouvertes au public.

Dans le nord du Japon, la ville de Kurihara a également renoncé à héberger l'équipe sud-africaine de hockey sur gazon, estimant que le jeu n'en valait plus la chandelle.

"Si cela devient simplement un centre d'entraînement de sportifs, sans échanges avec les habitants, ces derniers ne vont pas en profiter", justifie Hidenori Sasaki, un responsable municipal chargé de l'éducation au niveau local.

Dans certains cas, des équipes olympiques ont annulé d'elles-mêmes leurs hébergements initialement prévus au Japon, à cause des risques sanitaires.

L'équipe australienne de natation a ainsi renoncé à s'entraîner à Nagaoka, dans le département de Niigata (nord). L'équipe canadienne de tennis de table a fait de même pour Okaya, dans le département de Nagano (centre).

Pour montrer son soutien malgré tout, Okaya prévoit d'afficher des posters des sportifs que la ville aurait dû héberger. "Vu la situation, il faut s'adapter", résume Tomoko Hirose, une responsable municipale.

- "L'héritage restera" -

D'autres villes-hôtes japonaises maintiennent cependant leurs engagements. La ville de Tsuruoka, dans le nord du pays, compte ainsi toujours accueillir plusieurs dizaines de sportifs olympiques et paralympiques venus de Moldavie et d'Allemagne.

Tsuruoka entretient des liens depuis des années avec la Moldavie, explique à l'AFP Takayuki Ito, un responsable des services locaux d'éducation.

"Ce qui nous importe, c'est de continuer nos échanges", souligne-t-il, décrivant par exemple de récents tournois de tir à l'arc organisés en ligne entre la ville et des amis moldaves.

"Il y a des choses que l'on peut faire sans dépenser beaucoup d'argent", assure M. Ito.

Mais une fois sur place, les hôtes olympiques de Tsuruoka devront se résoudre à éviter les contacts avec les habitants: leurs sorties seront limitées à leurs terrains d'entraînement.

Dans le département de Tottori (ouest), la ville de Yonago attend elle aussi plusieurs dizaines de nageurs, gymnastes olympiques et rameurs paralympiques jamaïcains.

Yonago cultive des relations avec la Jamaïque depuis 2015, et estime qu'il est de son devoir de tenir son rôle de ville-hôte pour renforcer ces liens, selon Kyohei Takahashi, un responsable local de la promotion du sport.

Dans leur hôtel, les sportifs jamaïcains auront un étage réservé et utiliseront un ascenseur du personnel, afin d'éviter le hall d'entrée.

Ils seront aussi invités à passer régulièrement des tests de dépistage du Covid-19, et à emprunter des trajets prédéfinis pour rejoindre leurs lieux d'entraînement.

"Nous avons planifié tôt. Nous ne serons pas en mesure d'avoir des échanges avec les athlètes cette fois-ci. Mais l'héritage restera", espère M. Takahashi.

mots clés de l'article : Japon , virus , 2020 , Pandémie , 2021 , Oly , JPN

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