Nouveau rapport de SOS Racisme (actualisé)

Un ultra-marin a 26% de chance en moins de trouver un logement en Île-de-France

AFP/Archives - GERARD JULIEN

SOS Racisme publie un nouveau rapport édifiant sur les pratiques discriminatoires opérées par les propriétaires et souvent validées par les agences immobilières, lors d’une recherche de logement en Île-de-France. Les profils ultra-marins ont la vie dure : seuls 31% des dossiers ont des réponses positives, contre 48% pour les profils d’origine "françaises anciennes".

SOS Racisme a lancé une nouvelle opération de testing en Île-de-France. Les profils étaient classés en 5 origines différentes : origine asiatique, origine française métropolitaine ancienne, origine maghrébine, origine subsaharienne et origine ultra-marine. En tout, 4 000 mails ont été envoyés, en réponse à 775 annonces de logements différents sur l’ensemble des départements d’Ile-de-France.

Pour rappel, le testing consiste à présenter pour une même offre de logement plusieurs dossiers de candidatures laissant apparaître le premier critère testé : le nom, qui par sa consonance laisse apparaître des origines "étrangères" ou des origines "françaises anciennes". Pour le reste, les dossiers de candidatures sont égaux.

Sans surprise, l’origine est un frein réel lors de la recherche de logement en Île-de-France : le profil d’origine française ancienne obtient le plus grand nombre de retours positifs, soit 48%, contre 31% pour les profils d’origine ultra-marine. Cela signifie qu'une personne d’origine ultra-marine a 26% de chance en moins de trouver un logement en Île-de-France. Les personnes d’origine maghrébine, elles, ont reçu 15% de retours positifs, celles d’origine d’Afrique subsaharienne 12%.

Les jeunes, premières victimes Concernant les jeunes actifs

Les profils d’origines ultra-marine et subsaharienne ont reçu 9.5% de retours positifs. Ils sont loin derrière le profil d’origine française ancienne, qui obtient 16% de retours positifs. Un jeune actif d’origine ultra-marine ou subsaharienne a 40% de chance en moins d’avoir un logement qu’un jeune actif d’origine française ancienne.

Concernant les étudiants

Le profil d’origine française ancienne arrive encore une fois en tête avec 17.5% de retours positifs. Cela reste peu mais malgré tout devant les étudiants d’origine ultra-marine qui ont 37% de chance en moins qu’un étudiant d’origine française ancienne de trouver un logement.

Des pratiques validées par les agences immobilières

L’objectif de cette enquête pour SOS Racisme était aussi de déterminer si les professionnels de l’immobilier acceptaient ou non les critères discriminatoires raciaux parfois réclamés par les propriétaires.

Des militants de SOS Racisme se sont donc fait passer pour des propriétaires fictifs et ont appelé des agences immobilières. Ces faux avaient des exigences discriminatoires par rapport à la sélection des locataires. Ils ont donc demandé aux agences de sélectionner les dossiers de candidatures en fonction de l’origine des candidats, et de ne leur présenter que des dossiers de locataires européens.

90 tests ont été menés en tout. Résultat : 51% des agences immobilières acceptent des pratiques discriminatoires, ou bien en laissant le propriétaire avoir accès à la sélection, ou bien en laissant le propriétaire choisir lui-même les profils. Certaines agences font quand même quelques rappels à la loi aux propriétaires, mais ils acceptent quand même les pratiques discriminatoires.

mm/www.ipreunion.com

mots clés de l'article : Actus Reunion

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