Réforme de la fonction publique

Trois amendements pour favoriser le retour des fonctionnaires ultramarins

photo AS pour imazpress

Alors que les débats sur le projet de refonte de la fonction publique ont débuté ce lundi 13 mai 2019, Ericka Bareigts, députée du Parti socialiste, et le Conseil représentatif des Français d’Outre-mer (CREFOM) se sont exprimés ce mardi sur l’importance de la problématique du retour des fonctionnaires ultramarins dans leur île. (Photo AS/www.ipreunion.com)

C’est un combat qu’Ericka Bareigts porte depuis plusieurs années. Les refus de mutations des fonctionnaires ultra-marins pour un retour à La Réunion sont depuis longtemps décriés par la députée, tout comme par le CREFOM.

Si un cadre légal avait été défini avec la loi Égalité réelle outre-mer (EROM) adoptée le 28 février 2017, avec notamment la création d’un barème " Centre d’intérêts moraux et matériaux " (CIMM) qui permettrait, techniquement, aux ultra-marins d’accéder plus facilement à une mutation dans leur département d’origine, la réalité de l’application de cette loi reste pénible.

" Ce qu’on observe aujourd’hui, c’est que non seulement toutes les administrations ne possèdent pas forcément de barème, mais aussi que quand celui-ci existe, il diffère entre chaque administration " s’indigne Ericka Bareigts. Le premier amendement proposé par le PS, et repris par la France Insoumise (FI), Les Républicains (LR) et le Groupe de la Gauche démocrate et républicaine (GDR), demande donc l’instauration d’un barème unique et obligatoire pour toutes les administrations.

Les différents critères des CIMM sont par ailleurs décriés, que ce soit par la députée ou par le CREFOM. Richel Sacri, délégué régional du CREFOM, conseille donc l’instauration de dix critères fixes : cinq prioritaires, et cinq secondaires. " On peut notamment citer le lieu de naissance et d’éducation, le lieu de naissance des parents ou du conjoint… " liste Richel Sacri.

Retrouvez notre interview de Richel Sacri ci-dessous

Les ultramarins pas forcément prioritaires pour les postes d’Outre-mer

Le deuxième problème soulevé relève de la compétence de l’Institut régionale de l’administration (IRA). Aujourd’hui, les classements aux concours sont exclusivement nationaux. Comprendre qu’un ultramarin, s’il arrive premier au niveau régional mais cinquième au niveau national, ne sera pas prioritaire pour une affectation dans son île.

" Nous avons déjà assisté à plusieurs cas de personnes ayant validé le concours, mais qui ont été forcées d’abandonner le poste auxquels elles ont été affectées car celui-ci se trouvait en métropole, la place à La Réunion ayant été remportée par une personne métropolitaine mieux classée " explique Richel Sacri. A savoir qu’un diplômé refusant son affectation doit rembourser les frais scolaires de l’IRA.

Le Parti socialiste propose donc aujourd’hui que les classements soient régionalisés. " La Réunion représente 800 000 habitants, contre 64,5 millions d’habitants en métropole. On ne peut pas attendre de nous de rentrer en compétition et de placer dix ultramarins dans les dix premières places du classement pour espérer pouvoir travailler ici " insiste Ericka Bareigts.

Régionaliser les concours des services déconcentrés de l’Etat

Enfin, Ericka Bareigts demande à ce que les concours des services déconcentrés de l’Etat (la Direction de l'environnement, de l'aménagement et du logement, l’Institut national de la statistique et des études économiques...), pour les catégories B et C – qui demandent un diplôme allant du Bac 3 au brevet - soient régionalisés quand des postes sont libérés. " Cela se fait au niveau de l’Éducation national aujourd’hui : quand des postes se libèrent, un concours local est organisé. Cela n’existe toujours pas dans les autres administrations " termine-t-elle.

Cependant, certains postes à pourvoir reçoivent parfois des centaines de candidatures, il semble donc impossible d’organiser un concours pour chaque administration. Le CREFOM propose donc l’instauration d’un concours interministériel généralisé pour toutes les administrations, afin de pourvoir les postes vacants.

Les débats ne font cependant que commencer au sein de l’hémicycle, où plus de 1 000 propositions vont être étudiées. Le vote final se tiendra le 28 mai prochain.

Retrouvez notre interview d'Ericka Bareigts ci-dessous

as/www.ipreunion.com

mots clés de l'article : parti socialiste , assemblée nationale , ericka bareigts , actualité de la réunion , crefom , Actus Reunion , Réforme de la fonction publique

suivez-nous