Réunion par Imaz Press, mardi 8 septembre 2020 à 02:59
Entretien avec Jérôme Galabert

Tenue du Sakifo : "on continue de se battre, c’est notre moteur"

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Alors que de nombreux événements ont été annulés avec la crise sanitaire et la vague épidémique que connaît La Réunion, le festival du Sakifo, lui, est toujours prévu à Saint-Pierre les 13, 14 et 15 novembre. L’annulation de la tournée d’IAM, tête d’affiche, en a fait frémir plus d’un mais le groupe a assuré qu’il viendrait malgré tout au festival. Le fondateur et directeur du Sakifo Jérôme Galabert dit tenir bon et y croire, mais se tenir prêt à toutes les éventualités. La perspective d’un festival en version réduite, avec 5.000 spectateurs par jour seulement, n’est pas exclue. Entretien. (Photo d’illustration rb/www.ipreunion.com)

Imaz Press : Jérôme Galabert, la dernière fois que nous avons parlé du Sakifo avec vous, c'était le 6 août lors de notre émission en Facebook Live. Depuis, la situation sanitaire a énormément changé avec notamment l'apparition de foyers de contagion et une forte hausse des cas de Covid-19 à La Réunion. Dans quel état d'esprit êtes-vous vis-à-vis du maintien du Sakifo, prévu en novembre ?

Jérôme Galabert : On reste optimistes, il le faut. On continue à se battre, c'est notre moteur. Bien sûr que la situation est compliquée. La situation sanitaire est très préoccupante, mais comment peut-on faire des projections sur le mois de novembre ? Soit dans 2 mois ? Souvenez-vous que normalement le Sakifo devait avoir lieu le week-end prochain, avant d'être reporté une nouvelle fois.

Imaz Press : Le festival aurait-il pu se maintenir s'il était toujours prévu les 11, 12 et 13 septembre à votre avis ?

JG : Avec la législation actuelle, ça aurait pu être jouble mais à condition d'avoir un bon dispositif sanitaire. C'est ce qu'on prévoit pour novembre. Il reste encore 2 mois pour affiner ce dispositif.

Imaz Press : Avez-vous eu des retours d'artistes inquiets ? Des annulations sont-elles à prévoir ?

JG : Non, pour l'instant aucune. Tous les artistes sont à fond derrière nous. C'est un climat particulier, mais ils ont besoin de jouer. Je suis allé écouter Davy Sicard jeudi 3 septembre à la salle Lespas à Saint-Paul, c'était formidable. Ses concerts sont sold out (complets, ndlr) c'est très positif. Ça veut dire que les gens ont envie d'écouter de la musique.

Imaz Press : L'épisode IAM a provoqué une frayeur générale et tout le monde a pensé que le groupe annulait sa venue...

JG : Pour moi c'est révélateur de ce qui se passe en ce moment. IAM a annoncé sur sa page Facebook l'annulation de sa tournée, et personne n'a pensé à nous appeler pour savoir si le groupe venait toujours au Sakifo. Je dis ça sans animosité aucune, mais là il y a un problème dans le traitement de l'info. Quand j'ai reçu des messages de journalistes me demandant de réagir sur l'annulation de IAM au Sakifo, j'ai été très surpris. Il y a une pression générale, une précipitation face à la crise sanitaire. Je le confirme à nouveau : IAM a confirmé sa venue au Sakifo, c'est sa tournée en tant que producteur qui a été annulée. On a bon espoir que le groupe s'adresse aux Réunionnais sur sa page dans les jours à venir.

Imaz Press : Quel protocole sanitaire est envisagé pour le moment pour le festival ?

JG : Honnêtement, on n'exclut rien. C'est encore un peu tôt pour dévoiler le dispositif prévu. Normalement, il faut déposer un dossier de sécurité un mois avant l'événement. Avec la Covid-19 c'est 15 jours avant, pour avoir un dispositif le plus adapté possible à la situation. Donc on va envoyer un premier dossier à la mi-octobre, puis on le mettra à jour fin octobre. En attendant, on se tient informés. On ne fait pas l'autruche, on essaie juste de faire avec le virus, puisque c'est parti pour durer. On ne va pas enrayer la pandémie demain.

Imaz Press : Le maire de Saint-Pierre Michel Fontaine a indiqué son souhait de maintenir le Sakifo, ça vous a rassuré ?

JG : Bien sûr et nous avons d'autres soutiens. On a tous intérêt à ce que ça se maintienne.

Imaz Press : Mettons les deux pieds dans le plat, si un cluster se déclare au Sakifo, que se passe-t-il ?

JG : Il faut que chacun soit individuellement responsable. Moi j'assume la tenue du spectacle si le festival est maintenu. Après, on oblige personne à venir, chacun est libre. Nous, on a nos responsabilités limitées à un certain périmètre, avec la mise en place d'un dispositif de sécurité, après ce sont aux gens de respecter les règles et se protéger. Je ne peux pas être derrière chaque festivalier pour vérifier s'il est à risque ou pas.

Imaz Press : Très concrètement, combien de personnes attendez-vous pour cette édition, dans l'état actuel des choses ?

JG : On travaille actuellement sur un scénario simple. Jusqu'au 31 octobre, nous sommes limités à 5.000 personnes maximum. A voir si nous aurons des dérogations ou pas, mais par nature on reste prudents. On essaie donc de parier sur une jauge à 5.000 spectateurs par jour, c'est le scénario qui nous semble le plus raisonnable pour l'heure. A ce jour, entre 600 et 700 billets ont été vendus, mais ça ne veut rien dire, 80% des ventes sont habituellement faites dans les 4 dernières semaines. Ce qui est certain dans tous les cas, c'est que l'équilibre budgétaire sera difficile. L'année dernière nous avons quand même accueilli 29.000 festivaliers sur les 3 jours.

mm / www.ipreunion.com / redac@ipreunion.com

mots clés de l'article : sakifo , Jérôme galabert , coronavirus , actualités de la réunion , Actus Reunion , crise sanitaire , Covid-19

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