Un enfant toujours entre la vie et la mort

Rodéos sauvages : et si on arrêtait...

Rodéo

Après l’accident de ce dimanche 25 août 2019 au Chaudron, un enfant de 9 ans est toujours dans le coma. Il faisait du vélo dans son quartier. Il a été percuté par une moto. C’est pendant un rodéo sauvage que le drame s’est produit. Les habitants du quartier dionysien dénoncent cette pratique et exigent "une solution pour les arrêter". (Photo d’illustration www.ipreunion.com)

La tristesse est perceptible ce lundi matin dans les rues du quartier du Chaudron. Fabien a 47 ans, il habite dans le quartier dionysien. Il lâche "je suis attristé, cela aurait pu arriver à ma fille. Tous les dimanches après-midi et les jours fériés il y a des rodéos sauvages". Un constat partagé par l’ensemble des habitants du quartier.

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Pourtant depuis août 2018, la pratique de rodéo sauvage ou de la poussse, est sévèrement punie par une nouvelle loi.

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Mais encore faut-il verbaliser les contrevenants. Les habitants du Chaudron sont unanimes : "La police est impuissante, elle n’est pas présente sur les lieux. Quand on les appelle ils viennent rarement. Et quand ils viennent, ils ne font pas grand-chose. On a l’impression que la loi n’est pas assez sévère."

Gilles Clain est secrétaire national délégué du syndicat unité SGP Police- Force ouvrière (FO). Il explique : "je comprend la colère des riverains. De notre côté on n’a pas cessé d’alerter. La police nationale ne peut, à elle seule enrayer ce phénomène des rodéos sauvages. Le rodéo sauvage est interdit je le rappelle" Le syndicaliste avance : "il nous faut des concertations, de la synergie des forces en présence à savoir : la gendarmerie, la justice, la police municipale et la mairie".

Des ralentisseurs sans effet

Justement, la mairie de Saint-Denis par un communiqué publié dimanche, interpelle l’Etat et met en avant les installations de "ralentisseurs sur les axes utilisés par les pousseurs en vue de les dissuader. Mais la pousse s’est déplacée".

Des initiatives qui font grimacer les habitants du quartier : "les pousseurs se faufilent entre les dos d’âne alors qu’ils n’ont pas le droit. Non seulement ils (les pousseurs-ndlr) se mettent en danger mais ils mettent également la vie des autres en danger, les gramounes ne peuvent se reposer le dimanche après-midi (à cause du bruit-ndlr). Tous les dimanches, les bus sont obligés de dévier leurs lignes à cause de la pousse, cela pénalise les gens qui travaillent."

Pourtant, cette problématique des rodéos sauvages n'est pas récente. Comme le rappelle la mairie de Saint-Denis : "dans un souci de dialogue, la ville avait fait des propositions aux jeunes d’utilisation de la piste de la Jamaïque pour une pratique sécurisée".

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Pour le syndicat unité SGP Police-FO "la mairie doit jouer le rôle de médiateur" détaille Gilles Clain. "Il nous faut un dispositif qui concerne toute la chaîne, tout le monde, et qui soit efficace. Il faut que la justice applique la tolérance zéro dans ces dossiers."

Recherche de performances

Alors pourquoi en est-on encore là ? Les riverains du Chaudron ont leur petite idée : " Les pousseurs aiment faire l’intéressant, frimer devant les spectateurs. Et puis, il faut payer au circuit de la Jamaïque, il faut respecter des règles, avoir de l’équipement de protection (casques, gants, vestes – ndlr). "

Un avis partagé par une association de stunt-acrobaties en moto- située dans l’ouest. "Les circuits ça ne nous intéresse pas parce qu’on ne peut y pratiquer que de la vitesse et pas d’acrobaties. En plus, ça coûte cher, peu de petites associations ont accès à tout ça. Les associations ont du mal à gérer les rodéos, elles se tirent dans les pattes. Faire des acrobaties sur un parking, c’est une pratique dangereuse. Il nous faut une structure adéquate".

Manque d'effectifs de police

Du côté du syndicat de la police nationale, Gilles Clain met en avant un manque de moyens et d’effectifs : "ces opérations anti-pousse sont très gourmandes en matière d’effectif, car il faut que l’on reste sur un lieu pendant plusieurs heures. Quand on vient sur un point A, les jeunes vont sur un point B. Et puis, il y a une question d’éducation".

L’éducation. Un terme qui revient souvent dans la bouche des habitants du Chaudron. " Quelque fois, il y a 300-400 personnes, le dimanche après-midi, qui regardent, prêtent attention, filment les pousseurs. Donc ça les encouragent à poursuivre le rodéo. En plus, parfois, ils (les jeunes pousseurs - ndlr) provoque les policiers et gendarmes. C’est une question d’éducation" estiment-ils.

Contactée par Imaz Press, la préfecture, elle, n'a pas souhaité réagir.

lp/www.ipreunion.com

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