Tribune libre de L’Adir, la Chambre d’Agriculture et la FRCA, fédération Régionale des Coopératives Agricoles

Quelle place pour la production locale dans la grande distribution à la Réunion ?

photo imaz press

Les réactions relevées dans la presse ces derniers jours, au projet de rachat de Vindemia par GBH, rappellent en quoi, en à peine 30 ans, la grande distribution alimentaire est devenue incontournable, à la fois pour les familles et pour les producteurs de La Réunion.

Les supermarchés et les hypermarchés ont remplacé la "boutik" de nos grands-parents et il est légitime, bien évidemment, comme dans toute situation concurrentielle, d’évaluer les risques d’un trop grand déséquilibre entre le leader du marché et ses concurrents, ainsi qu’avec ses fournisseurs et les consommateurs finaux. Les équilibres sont toujours plus précaires dans un petit marché insulaire comme le nôtre. Il relève donc, de notre point de vue, des pouvoirs publics et en 1er lieu de l’autorité de la concurrence, de répondre à cette question importante.

Pour notre part, nous avons construit à La Réunion, ces 50 dernières années, un modèle de développement et de production locale remarquable, unique dans l’outre-mer français : il fait vivre des milliers d’entreprises, de l’agriculteur jusqu’au transporteur, il fournit un revenu à des dizaines de milliers de familles, et le fruit de notre travail nourrit la population tout entière.

L’ensemble de la grande distribution, au fil des années, a contribué largement à ce développement, certes à certains moments plus qu’à d’autres et il est indéniable que ce soutien a été déterminant.

Cependant, avec la mondialisation des échanges, la concentration des grands producteurs internationaux, la concurrence grandissante entre distributeurs, la pression concurrentielle des produits d’importation s’est accrue sur la production locale : nos produits ont de plus en plus de mal à défendre leur place dans les rayons de la grande distribution.

Or, défendre la place de nos produits dans les grandes surfaces c’est défendre l’activité locale de production, les emplois de tous ceux qui travaillent dans nos entreprises, mais c’est également défendre notre culture et un certain modèle de société.

Car, ne nous y trompons pas : les territoires qui développent leur production locale sont ceux qui développent le niveau de vie de leurs habitants. Ceux qui voient leur production locale régresser s’appauvrissent et leur population avec eux.

Il nous parait donc tout à fait essentiel de trouver les voies et moyens pour renforcer l’accès de la production locale dans la distribution dans notre île. Nous travaillons d’ailleurs depuis plusieurs mois avec la Fédération du commerce et de la distribution sur ces sujets et avons des propositions en cours de discussion.

Aussi nous souhaitons vivement que soient définies et mises en œuvre au plus tôt, avec l’appui de nos élus et des pouvoirs publics, en concertation avec la grande distribution locale, des mesures pour renforcer le poids de la production locale dans les ventes de cette dernière. Cette démarche est, pour nous, indépendante des modalités de cession de Vindemia.

Bien évidemment ces mesures doivent garder la production locale dans une dynamique de recherche permanente de réponse aux attentes des réunionnais en termes de compétitivité, de qualité et d’innovation.

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