Réunion par Imaz Press, jeudi 18 avril 2024 à 20:05

Quatrième jour d’audience : Emplois présumés fictifs à la Région : 12 mois de prison avec sursis, 50.000 euros d’amende et 5 ans d’inéligibilité requis contre Didier Robert

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12 mois de prison avec sursis, 50.000 euros d’amende et 5 ans d’inéligibilité ont été requis contre Didier Robert ce jeudi 18 avril 2004 par la procureure de Saint Denis dans le dossier des emplois présumés fictifs de la Region Réunion. Une peine de 10.000 euros d’amende a également été requise à l’encontre de Jean-Louis Lagourgue, premier vice-président de la collectivité régionale au moment des faits. La représentante du Parquet a requis des plaintes d’emprisonnement avec sursis et d’amendes pour l’ensemble des neuf autres prévenus, Ces réquisitions ont soulevé la colère de la défense. La magistrate a en effet ajouté dans la citation, à comparaître de certains prévenus, des textes autorisant les peines qu’elle a demandé (Photo : rb/www.imazpress.com)

18:24

L'audience est suspendue jusqu'à demain

Merci de nous avoir suivis, bonne soirée

17:50

Maître Vincent Hoarau s’exprime pour la défense d’Yves Ferrières

“Une légende qui est réduit au banc de l’infamie“. Il annonce directement “je ne m’attends à rien d’autre qu’à une relaxe totale, car cet homme n’a rien fait d’autre que servir La Réunion“. Il estime que “l’honneur de cet homme de 70 ans a été sali”. Il déplore que malgré le manque de preuves, “le train de marchandises ne s’arrête pas et l’accusation réclame une peine sur la base d’une enquête déloyale“

“Yves Ferrières n’a pas laissé de traces (écrites de son travail), certes mais il a raconté son histoire et ses actions (aux enquêteurs). Or on n'a jamais vérifié ce qu’il disait, on n'est pas allé au port de Sainte-Marie, les traces d’Yves Ferrières sont dans chacune des pierres de cet équipement“ sorti de terre grâce à son client, estime l’avocat.   Il plaide qu’il n’y a aucune preuve d’un emploi fictif “puisque Monsieur Ferrières n’a fait que travailler“

 

17:20

Maître Settama prend la parole pour la defense de Sabrina Ramin   Elle affirme que sa cliente a réellement travaillé au conservatoire de Saint-Benoit, qu’elle a contribué “à reunionniser.  L’avocate énumère un certain nombre d’actions effectuées par sa cliente. Elle souligne que lorsque sa cliente finalement son poste, elle est remplacée “alors même que le directeur du conservatoire a affirmé qu’il n’y avait pas de besoin particulier pour ce poste et que son embauche lui a été imposé“

Maître Settama interroge : “pourquoi la remplacer s’il n’y avait pas de besoin ?“ Elle souligne : “si elle était si proche que cela du président Robert, lorsque la Région lui demande de rembourser 7000 euros de salaires car elle avait trop d’absences injustifiées, elle n’a pas appelé Didier Robert pour passer l’éponge. Non, elle paye sans rien demander à personne“

L’avocate demande la relaxe “pure et simple“ de sa cliente

 

16:13

L'audience reprend   Le président demande à la procureure de reprendre l’énoncé des articles qu’elle souhaite ajouter aux citations à comparaître de certains prévenus. La procureure énumère les textes. La magistrate précise qu’elle ne touche à rien à la procédure, mais qu’elle rectifie simplement une erreur matérielle.   La défense ne rebondit finalement pas sur cette erreur de la magistrate. Le procès se poursuit donc. C’est maître Gabriel Odier, avocat d’Alfred Ablancourt qui est le premier à prendre la parole.   Maître Odier relève que son client a été entendu par les enquêteurs sans la présence de son avocat. "Il a été entendu avec une certaine arrogance de la part des enquêteurs. Il n’a alors pas pu produire des pièces justifiant de la réalité de son emploi parce que qu’on ne lui avait pas demandé de venir avec ces pièces. Il ne savait même pourquoi il a été convoqué, son nom n’a même pas été cité dans le rapport de la chambre régionale des comptes".   Le défenseur rappelle que les enquêteurs ne sont pas venus perquisitionner son bureau à Saint-Joseph.   Il dit que son client a rassemblé et fourni au dossier les preuves de son travail. Il souligne que trois personnes sont venues témoigner à la barre que son client travaillait tous les jours "et là, j’entends la procureure dire qu’il n’y a pas de pièces justificatives au dossier. Mais à quoi servent les débats contradictoires à l’audience si on ne lit pas les pièces fournies ?"   Il termine en demandant "la relaxe totale" de son client.

 

15:39

Un incident d’audience est soulevé par la défense à la suite d’une déclaration de la procureure   Dans son réquisitoire la procureure a indiqué que des articles de loi n’avaient pas été écrits dans certaines citations à comparaître (document ordonnant à une personne de se présenter devant le tribunal).   Elle a demandé au tribunal d’ajouter ces articles de loi dans les citations.   Colère des avocats de la défense : ils estiment que le parquet ne peut pas ajouter dans les citations à comparaître, à la fin des débats,  des articles de loi permettant à la procureure de "requérir certaines peines".   C’est "une entorse manifeste du droit des prévenus" a lancé maître Luc Brossolet, l’un des deux avocats de Vincent Bègue. Le président indique que cet incident fera l’objet d’une note d’audience.

Ce nouvel incident renforce encore le sentiment d’imprécision et de manquement qui semble avoir présidé à l’ensemble de la procédure

15:04

C'est l'heure des réquisitions du parquet

- La procureure requiert contre Didier Robert 12 mois de prison avec sursis, 50.000 euros d’amende, 5 ans d’inéligibilité, l'interdiction d’exercice dans la fonction publique et la publication du jugement dans un journal national et local pour détournement de fonds et prise illégale d’intérêt.

Didier Robert a entendu l’énoncé de la peine demandée la tête basse sur son banc.

- 10.000 euros d’amende et la publication du jugement dans un journal national et local sont requis contre Jean-Louis Lagourgue, pour prise illégale d'intérêt.   - Est requis contre Vincent Bègue, 6 mois de prison avec sursis, 10.000 euros d’amende avec sursis pour pour complicité de soustraction, détournement ou destruction de biens d'un dépôt public par le dépositaire ou un de ses subordonnés et publication dans un journal national et local. Est aussi demandé la privation des droits civiques et civiles pour une durée laissée à l’appréciation du tribunal.   - 3 mois de prison avec sursis, 4.000 euros d’amende, 3 ans de privation des droits civiques, civils et de famille, ainsi que la publication du jugement dans les journaux sont requis contre Alfred Ablancourt et Ismaël Aboudou pour recel de bien provenant d'un délit.   - 4 mois de prison avec sursis, 5.000 euros d’amende, 3 ans de privation des droits civiques, civils et de famille, et la publication du jugement dans les journaux sont requis contre Yves Ferrières et Yannick Gironcel pour recel de bien provenant d'un délit.

- Est requis contre Jean-Charles Maroudé : 2 mois de prison avec sursis, 1.500 amende, 1 an de privation des droits civiques, civils et de famille, et la publication du jugement dans les journaux pour recel de bien provenant d'un délit.

- Le parquet requiert  4 mois de prison avec sursis, 6000 d’amende, 3 ans de privation des droits civiques, civils et de famille,  et la publication du jugement dans les journaux contre Sabrina Ramin, pour recel de bien provenant d'un délit.

- Est requis contre Ravy Vellayoudom, 3 mois de prison avec sursis, 3000 euros d’amende, une peine de privation des droits civiques, civils et de famille laissée à l’appréciation d’un tribunal, publication dans les journaux pour recel de bien provenant d'un délit   - 4 mois de prison avec sursis, 5.000 euros d’amende, 3 ans de privation des droits civiques, civils et de famille, et la publication dans les journaux du jugement sont requis contre Yoland Velleyen

 

14:44

La procureure commence son réquisitoire

La magistrate déclare que l’enquête a mis en exergue “des irrégularités administratives, des embauches aux besoins non justifiés, des rémunérations hors cadre”. À la fin des investigations “un certain nombre d’actes ont été fait, d’autres ne l’ont pas été, je le regrette“ dit la procureur. “C’est de ma faute et de celle de mes services “ dit-elle en mettant le manque de moyens matériels et humains de son parquet.   La magistrate estime que le délit de prise illégale d’intérêt est constitué en raison de la proximité des élus et de certains salariés mis en cause. Elle affirme que le détournement de fonds publics est aussi constitué en raison des salaires perçus hors cadre légal.

 

14:13

Reprise d'audience

L’avocat de la partie civile - Maître Robin Binsard (avocat de la Région) prend la parole. Il précise qu’il ne va pas plaider sur le plan politique mais sur celui du droit.

Il souligne :"si les faits reprochés sont avérés, ils sont particulièrement graves".

Pour Maitre Binsard, les faits sont constitués. Il souligne : "Il n’est pas nécessaire que la prise d’intérêt illégal en contradiction avec l’intérêt général. Donc même si on vient vous dire ici (il fait allusion à Didier Robert et Jean-Louis Lagourgue) que ces personnes ont réellement travaillé, il a y a prise illégale d’intérêt“   Le juriste rappelle que Yves Ferrières, Sabrina Ramin, Yannick Gironcel et Yoland Velleyen sont tous des proches politiques des deux élus et que certains d’entre eux ont été élus sur les mêmes listes et ont siègé dans les mêmes instances. L’avocat commente : “peut-être que les services ont manqué de vigilance, peut-être auraient-ils dû alerter l’autorité. Peu importe, Didier Robert a affirmé à la barre qu’il est responsable de toutes les embauches et Jean-Louis Lagourgue a reconnu avoir signé le contrat de Monsieur Ferrières. Tout cela s’est fait sans déclaration de vacances de postes, sans appel à candidatures, sans examen de CV".   Maître Binsard reconnaît ensuite "ne pas avoir d’avis tranché sur des emplois fictifs absolu", en revanche "je partage les constations des enquêteurs : il y a une absence vertigineuse de justificatifs de travail, pas de cadres d’embauche respecté, tout cela pose question sur la réalité de ces emplois".   Répondant par avance aux accusations de la défense, l’avocat de la Région souligne : “il y a de nombreux éléments à charge dans le dossier“. Il termine en demandant le remboursement à la Région des sommes perçues par les salariés qui seraient reconnus coupables par le tribunal.

 

12:24

Suspension de l'audience

Fin de l’audition de Didier Robert.

L’audience est suspendue. Elle reprendra à 14 heures avec la plaidoirie de la partie civile, la Région en l’occurrence, et le réquisitoire de la procureure de la République.

11:58

Didier Robert nie toute implication dans les embauches

En réponse à une question de son avocat, Maître Philippe Creissen, Didier Robert répète ne pas avoir été à l’origine de son embauche (celle de Sabrina Ramin) et qu’à son sens "elle n’avait pas un poids politique digne d’intérêt pour lui".

Il signifie ainsi qu’il n’avait aucun intérêt politique à favoriser son embauche.

L'ex-président de Région poursuit sur sa ligne et tient le même raisonnement en ce qui concerne Yoland Velleyen.

Il en va de même pour tous les autres prévenus. Didier Robert n'a jamais eu d'implication dans leur embauche.

Didier Robert semble vouloir convaincre le tribunal qu’en raison de "leur faible poids politique", il n’a jamais pensé à recruter les personnes mises en causes pour autres chose que leurs compétences professionnelles. Le résultat des régionales de 2021 avait été relativement serré. Huguette Bello avait battu Didier Robert avec un peu moins de 11.000 voix d’écart.

11:55

Didier Robert n'a eu besoin de personnes pour les élections

Questionné par Maître Payen, avocat de Jean-Louis Lagourgue, Didier Robert dit que son ancien premier vice-président "n’est jamais intervenu pour le recrutement de Monsieur Ferrières".

Il ajoute "j’ai créé un parti politique, Objectif Réunion, qui en 2015 comptait 11.000 membres, je n’avais pas besoin de l’apport politique de Monsieur Ferrières ni de celui d’aucune des personnes qui se trouvent là pour gagner les élections (Didier Robert a finalement perdu les régionales en 2021 - ndlr). Je n’étais pas intéressé par leur profil politique mais par leurs compétences".

Il semble élu et essuye discrètement une larme.

10:50

Au tour de Didier Robert

Vincent Bègue a passé trois heures à le barre du tribunal. C’est maintenant à Didier Robert d’être entendu.

Le président rappelle qu’au début de l’audience lundi, il a déclaré assumer toute la responsabilité des différentes embauches.

Didier Robert, qui semble ému et essuye discrètement une larme, prend la parole et commence par dire que "chaque cas des huit salariés est différent (statutairement parlant)“. Il parle ensuite du cas de Yoland Velleyen qui a été recruté pour appliquer les politiques de La Réunion à l’international et qui finalement s’occupait du patrimoine culturel.

Pour ce cas le président rappelle que dans la procédure les enquêteurs ont souligné que tout s’était passé comme “s’il fallait absolument caser Monsieur Velleyen”. Didier Robert affirme qu'il s’occupait du patrimoine culturel pour faire “connaître notre culture à l’international et que cela entrait bien dans les missions“ du salarié mis en cause.

L’ex-président de Région continue à dérouler son propos ”sur la nécessité de mettre en avant la période de l’esclavage, du marronage, du maloya“. Tout cela entrait bien dans les attributions de Yoland Velleyen, dit-il.

Pour rappel, dès son arrivée à la tête de la collectivité régionale en 2010, Didier Robert a mis fin au projet de Maison des civilisations qui avait vocation à promouvoir la culture à La Réunion certes, mais aussi à l’international.

Il est maintenant question du cas de Sabrina Ramin. Didier Robert dit ne jamais avoir eu d’alerte sur ses absences. “Personne à la direction générale des services, ni la DRH ne m’a jamais rien dit, comment j’aurais pu le savoir ?“

L’ex-président de Région développe ensuite tout ce qu’il estime avoir fait pour le développement de la culture.

Interrogés par le président, l’avocat de la partie civile, la Région en l’occurrence, et la procureure disent n’avoir aucune question à poser à Didier Robert.

10:37

Mise au point   Maitre Creissen, avocat de Didier Robert, commence à interroger Vincent Bègue en l’appelant “Monsieur le directeur général des services de Saint-Leu". "Je vais te questionner en te tutoyant puisque nous avons l’habitude de le faire" dit-il.   Vincent Bègue précise en s’adressant au président “je continuerai à dire Maître et je ne suis pas là en tant que directeur général des services de Saint-Leu“.

 

09:38

La procureur pose un cas précis d’un collaborateur de cabinet et de sa demande de rémunération   "Si elle avait été acceptée, elle aurait dépassée celle d’un ministre selon les enquêteurs“ note la magistrate. Elle ajoute : “lorsque vous avez été entendu par les enquêteurs à ce propos vous avez dit : à la suite d’un signalement de la DRH, j’ai alerté Monsieur Didier Robert. Il m’a fait comprendre sur c’était un ordre et que je n’avais pas le choix. J’ai obéi et j’ai dit au DRH que c’était un ordre du président“. Vous maintenez ces propos ?"   Vincent Bègue répond qu'il "était de notoriété publique que ce Monsieur et moi n’avions pas de bonnes relations, nous étions en concurrence". "Oui j’ai alerté le président qui a ensuite pris sa décision. Fort heureusement le contrôle de la légalité (exercée par la préfecture - ndlr) n’a pas accepté la rémunération proposée, cela a évité à la Région de se retrouver au tribunal administratif ou ailleurs" ajoute-t-il   Vincent Bègue continue d’expliquer qu’il n’avait "pas de pouvoir de recrutement, d’affectation, de contrôle, de sanctions sur les agents dépendant de lui". "Je suis un chef sans pouvoir puisqu'une administration ne peut pas être bicéphale, ces décisions dépendaient de la direction générale des services". Emu, il rappelle : "oui j’ai bossé avec plusieurs personnes, qu’elles aient ou pas de diplôme, qu’elles fassent des notes écrites ou pas. J’ai travaillé avec ces personnes pour le bien de La Reunion uniquement pour le bien de La Reunion, quelle que soit la collectivité où j’ai exercé et où j’exerce actuellement. Je suis un travailleur et aujourd’hui je me retrouve devant le tribunal".   Interrogé tour à tour par les différents avocats des salariés mis en cause, Vincent Bègue souligne qu’il n’avait de lien particulier d’amitié avec eux et attestent que ce sont, à son sens, des personnes qui ont réellement exercé l’emploi pour lequel elles ont été rémunérées.   Concernant Yves Ferrières dont le contrat d’embauche a été signé par Jean-Louis Lagourgue alors que les deux hommes ont été élus sur la même liste à la marie de Sainte-Marie, Vincent Bègue est formel : “Monsieur Lagourgue n’est jamais intervenu auprès de moi pour favoriser son embauche“

 

08:57

Vincent Bègue est maintenant interrogé sur les emplois des salariés mis en cause

Il souligne à nouveau ne pas du tout avoir connaissance d’une quelconque volonté de recruter ces personnes sur des postes supposés politique. Le président lui demande s’il y avait des contrôles pour s’assurer que les personnes étaient bien présentes à leur poste et qu’elles travaillaient.

“J’avais 149 agents sous mon autorité, je signais des demandes de congés, je n’ai pas eu de signalement particulier“ répond en substance Vincent Bègue.

Le président revient sur le cas de Sabrina Ramin “souvent signalée absente“. Vincent Bègue répond que cette salariée ne dépendait pas de son autorité mais de celle du directeur général des services “donc je n’ai pas eu de signalement à son sujet“ dit-il.

À la demande de la procureur Vincent Bègue explique en quoi consister son emploi de directeur de cabinet : "Un directeur de cabinet c’est un centre de tri de toutes les informations que je dispatchais ensuite. C’est aussi un centre de tri de toutes les colères des élus notamment. Lorsque les choses se passent bien, l’administration est félicitée, lorsque les choses ne se passent pas bien c’est au cabinet de gérer“   Toujours à la demande de la procureure il dit à nouveau avoir quitté ses fonctions pour raisons personnelles notamment en raison d’une "trop grande charge de travail" et après avoir senti que “(sa) vie a été mise en danger“ lors de la crise des gilets jaunes.   Vincent Bègue revient longuement sur son engagement politique (marqué à droite). Il se souvient “lorsque l’on m’a proposé un poste au cabinet de la Région, c’était le graal, c’est la collectivité centrale de La Réunion“ Il affirme avoir toujours travaillé pour “le bien de La Réunion“.   Il souligne que sa relation avec Didier Robert a été strictement professionnelle. “Je l’ai toujours vouvoyer et appeler Monsieur le président. En 2020 (après son départ du cabinet) nos relations ont changé, elles sont devenues amicales“.   Sur une question de la magistrate il décrit Didier Robert comme un “fonceur“ “un bourreau de travail“ et “le directeur de cabinet n’était pas celui qui murmurait à l’oreille du président, il prenait ses décisions après avoir pris tous les avis et étudié les dossiers".

 

08:27

Vincent Bègue s'explique sur son départ de la Région

Le président Stéphane Duchemin demande ensuite à Vincent Bègue pourquoi il a mis fin à ses fonctions de directeur de cabinet en 2019.

Vincent Bègue : "j’étais directeur de cabinet d’une collectivité qui avançait à 100 à l’heure. La crise des gilets jaunes en 2018 a été un vrai traumatisme pour moi. Lors d’une manifestation à la Région nous avons dû nous réfugier dans un bureau. Des manifestants tapaient à la porte. J’ai eu peur, j’avais alors deux enfants en bas âge"

"Après cela j’ai dit au président que (malgré son dévouement à la collectivité - ndlr) je n’irai pas jusqu’à mettre ma vie en danger. Le président en a pris acte", dit-il.

Il quitte ses fonctions quelques mois après cet entretien.

Vincent Bègue explique qu’à la suite de la crise des gilets jaunes et de la remise en cause par le population des politiques menées par les collectivités, “le président Didier Robert - ndlr) a décidé de reventiler les lignes budgétaires pour répondre aux attentes“ de la population.

Le président du tribunal note qu’à partir de 2019, "on remarque ce que j’appellerais une volonté de resserrer les boulons, par exemple on demande à Madame Ramin de rembourser 7000 euros, il y avait peut-être un une volonté de mettre fin à un laissez aller ?"

"Je ne parlerais pas de laissez aller mais d’une volonté de rectifier un certain nombre de choses" répond Vincent Bègue

08:13

Vincent Bègue, premier entendu de la journée

Vincent Bègue est poursuivi pour complicité de soustraction, détournement ou destruction de biens d'un dépôt public par le dépositaire ou un de ses subordonnés pour des faits commis courant janvier 2016 et jusqu'au 31 août 2019.

À la demande du président, il présente son parcours au sein de la fonction publique territoriale. Il précise : "j’ai réussi tous mes concours, je n’ai pas bénéficié d’un soutien quelconque".

Il souligne une nouvelle fois - comme, au premier jour d'audience - "je conteste fermement les faits qui me sont reprochés".

Vincent Bègue explique la procédure de recrutement. "Lorsque la décision est prise en assemblée plénière, lorsque le président a fait son choix, lorsque le salaire est  fixé, je n’interviens pas. Je suis simplement une courroie de transmission."

Il poursuit son propos : "ni Didier Robert ni personne d’autre ne m’a jamais parlé d’emplois politiques. Si on l’avait fait j’aurais immédiatement démissionné, je ne l’aurai pas accepté. Je suis un fonctionnaire, je suis libre de ne pas accepter (ce type de comportement)".

08:02

Pour rappel, voici les 11 personnes à la barre

Présentés au tribunal : Didier Robert. L'ex-président de Région est poursuivi pour soustraction, détournement ou destruction de biens d'un dépôt public par le dépositaire ou un de ses subordonnés. Il est également accompagné de son ex-premier vice-président, Jean-Louis Lagourgue et son ancien directeur de cabinet, Vincent Bègue.

Vincent Bègue déclare n’avoir commis aucune faute. Vincent Bègue est poursuivi pour complicité de soustraction, détournement ou destruction de biens d'un dépôt public par le dépositaire ou un de ses subordonnés pour des faits commis courant janvier 2016 etjusqu'au 31 août 2019.

Didier Robert lui déclare : "je conteste de la manière la plus ferme" la matérialité des faits reprochés. L'ex-président de Région est poursuivi pour soustraction, détournement ou destruction de biens d'un dépôt public par le dépositaire ou un de ses subordonnés pour des faits commis courant janvier 2015 et jusqu'au 31 janvier 2021. Mais également pour prise illégale d'intérêts par un élu public dans une affaire dont il assure l'administration ou la surveillance pour des faits commis courant janvier 2015 et jusqu'au 31 janvier 2021.

Jean-Louis Lagourgue, non plus, "ne reconnait pas" avoir commis d’infraction. L'ancien maire de Sainte-Marie est poursuivi pour complicité de soustraction, détournement ou destruction de biens d'un dépôt public par le dépositaire ou un de ses subordonnés pour des faits commis du 1er janvier 2015 au 31décembre 2018. Et pour prise illégale d'intérêts par un élu public dans une affaire dont il assure l'administration ou la surveillance pour des faits commis le 21 décembre 2016.

Huit autres personnes sont poursuivies dans cette affaire présumée d'emplois fictifs :

Ravy Vellayoudom ne reconnaît pas le fait d’avoir perçu indûment 97.000 euros de salaires. Ravy Alexandre Vellayoudom est poursuivi pour recel de bien provenant d'un délit pour des faits commis du 1er janvier 2017 au 31 décembre 2019.

Jean-Charles Maroudé ne reconnaît pas non plus, les 156.000 euros de salaires, présumés indus. Il est poursuivi pour recel de bien provenant d'un délit pour des faits commis du 1er juillet 2015 au 31 décembre 2020.

Sabrina Ramin nie avoir perçu de 186.000 euros de salaires. Sabrina Ramin est poursuivie pour recel de bien provenant d'un délit pour des faits commis du 1er juin
2015 au 31 décembre 2020.

Yves Ferrieres ne reconnaît pas avoir reçu induemment 149.000 euros de salaires. Yves Ferrières est poursuivi pour recel de bien provenant d'un délit pour des faits commis du 1er janvier 2017 au 31 décembre 2019.

Yannick Gironcel nie les 309.000 euros de salaires présumés indus. Yannick Jacques Gironcel est poursuivi pour recel de bien provenant d'un délit pour des faits commis du 1er août 2015 au 31 décembre 2020.

Ismaël Aboudou ne reconnaît pas avoir perçu sans fondement 259.000 de salaires. "Je conteste, je conteste, je conteste", a-t-il déclaré. Ismaïl Aboudou est poursuivi pour recel de bien provenant d'un délit pour des faits commis du 1er août 2016 au 31 décembre 2020.

Alfred Ablancourt ne reconnaît pas avoir perçu inducement 187.000 euros de salaires. Il est poursuivi pour recel de bien provenant d'un délit pour des faits commis du 1er juin 2017 au 31 décembre 2020

Yolanda Velleyen nie aussi les 217.000 euros de salaires supposés indus. Il est poursuivi pour recel de bien provenant d'un délit pour des faits commis du 1er mai 2016 au 31 décembre 2020 et pour recel de bien provenant d'un délit pour des faits commis du 1er mai 2016 au 31 décembre 2020.

07:59

Bonjour La Réunion,

Quatrième jour d’audience ce jeudi 18 avril 2024 au tribunal de Saint-Denis dans l’affaire des emplois supposés fictifs de la Région. Didier Robert, ex-président de la collectivité régionale et 10 autres personnes sont poursuivis.

L'ex-président de Région va être entendu à la barre, ainsi que Vincent Bègue.

Ce mercredi, le tribunal a continué a décortiquer le mécanisme des embauches de conseillers techniques au conseil régional entre 2016 et 2024.

Retrouvez notre précédent live ici et ici et encore ici.

 

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