Une campagne de stérilisation est en cours

Plus de 42.000 chiens errent dans les rues réunionnaises

photo imaz press reunion

Ce n’est pas un secret, La Réunion fait face à une crise de l’errance animale depuis de nombreuses années. Malgré des campagnes de sensibilisation, le problème ne semble pas se résorber. En 2018, ce sont 42 100 chiens errants qui ont été repérés. Une situation que les autorités essaient de maîtriser en sensibilisant la population à la stérilisation animale. (Photo di’llustration RB/www.ipreunion.com)

Il reste difficile d’estimer précisément le nombre d’animaux errants sur l’île : entre animaux avec propriétaires divagants et animaux errants, il est compliqué de faire la différence. La population canine avec propriétaire s’élèverait aujourd’hui à 222 800, dont 30 900 sont considérés comme divagants. S’ajoutent à cela les 42 100 chiens errants.

Du côté de la population féline, on dénombre aujourd’hui 159 690 chats avec propriétaires, dont 76% ont accès à l’extérieur. Difficile alors de faire la différence entre ces chats et ceux n’ayant pas de propriétaires.

Cette errance animale pose plusieurs problèmes de taille. Tout d’abord, l’impact économique est important. Les meutes de chiens errants seraient à l’origine de nombreuses pertes pour les éleveurs réunionnais. " Ces attaques sont indépendantes du besoin alimentaire : l’effet de meute, et un comportement prédateur déviant chez ces chiens domestiqués expliquent la fréquence et l’aspect d’hécatombe de ces attaques " souligne l'étude réalisée par l'Etablissement public local d'enseignement et de formation professionnelle agricole de Saint-Paul.

De plus, la prise en charge de ces animaux errants a aussi un coût. En 2018, la CINOR a par exemple déboursé plus de 700 milles euros pour traiter les différentes affaires animales. Une augmentation de 8,6% en comparaison à 2017.

Le tourisme est par ailleurs lui aussi impacté, la présence d’animaux errants figurant parmi les points négatifs relevés par les touristes lors de leur séjour.

Un enjeu sanitaire

Ces animaux posent par ailleurs un problème sanitaire. Les maladies telles que la gale ou la teigne sont extrêmement fréquentes chez ces animaux, et sont transmissibles à l’homme. La toxocarose, une maladie vermifuge, impacterait les enfants réunionnais sept fois plus souvent que ceux de zones rurales en métropole. ,La toxoplasmose, une maladie fréquente chez les chats, peut elle introduire de graves manifestations chez les femmes enceintes et les personnes immunodéprimées.

Enfin, les chiens errants représentent aussi un risque d’introduction de la rage. " Le risque est clairement évalué comme non négligeable du fait de notre proximité avec des pays impactés par la rage canine dans l’Océan indien " souligne l‘étude.

Enfin, l’impact environnemental n’est pas à négliger : les chats seraient à l’origine de la disparation de 90 pétrels par an et de la diminution de la population de petits reptiles et paresseux.

La stérilisation, pillier du contrôle de la population animale

Pour réussir à limiter les dégats de cette errance animale, il n’y a cependant pas des milliers de solutions. La plus simple reste le contrôle de la population animale, qui passe par la stérilisation de ces derniers. C’est pourquoi les autorités réunionnaises lancent régulièrement des campagnes de stérilisation sur tout le territoire. A savoir que les habitants non imposables peuvent bénéficier de la gratuité de la stérilisation de deux de leurs animaux.

Ces campagnes ont permis de stériliser en 2017 (toute espèce et sexe confondus) plus de 6100 animaux. Ces stérilisations étant assujetties à l’identification de l’animal, ce sont plus 5700 identifications qui ont été réalisées, soit une augmentation de 38% de l’effort de stérilisations par rapport à 2016. Une belle avancée, qui reste aujourd’hui toutefois insuffisante.

as/www.ipreunion.com / redac@ipreunion.com

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