Le volcan dégaze

Piton de la Fournaise : ça sent le soufre mais ce n’est pas dangereux

photo RB imaz Press Réunion

Dix-sept jours que le Piton de la Fournaise est entré en éruption et comme à chaque fois, le géant de lave est surveillé de près par les scientifiques d’Atmo, l’observatoire régional de la qualité de l’air. Car le volcan rejette des particules fines et du gaz. Particulièrement scruté, le dioxyde de soufre. Ce composé chimique peut avoir des effets néfastes sur la santé des Réunionnais qui vivent à proximité du Dolomieu. Ces derniers jours, certains habitants des hauts de Saint-Philippe ressentent une gêne et il flotte dans l’air, une odeur de soufre...

L’éruption se maintient

L’activité éruptive se poursuit du côté du Piton de la Fournaise même si la tendance est à la baisse. Le spectacle reste exceptionnel pourtant à quelques kilomètres de là, des habitants, certes aux premières loges, ont l’impression que l’odeur de soufre est de plus en plus oppressante. Sensation ou réalité ? La première chose qu’explique Chatrapatty Bhugwant, ingénieur d’études chef de projet à ATMO Réunion, c’est que "ressenti ne veut pas forcément dire risque sanitaire."

Deux stations au pied du volcan

Le Piton de la Fournaise est sous surveillance accrue en période d’éruption. Deux stations mesurent la qualité de l’air émis autour du Volcan, elles sont installées à Bourg Murat et à Grand Coude. Les scientifiques d’Atmo relèvent quasiment en temps réel la composition chimique qui s’échappe du Dolomieu. Le volcan lâche un mélange de gaz - azote, soufre et ozone - et de particules fines. Un panache parfois visible à l’oeil nu mais la plupart du temps, c’est surtout une odeur assez piquante, celle du soufre qui frappe le plus.

Un pic en février

Le seuil d'information et de recommandation du dioxyde de soufre dans l’air est fixé à 300 micro grammes par mètre cube et par heure. Lorsque ce chiffre est atteint, Atmo déclenche une alerte à la pollution, c’est ce qui est arrivé le 26 février dernier. Durant trois heures, un dépassement du seuil a été enregistré. La concentration de dioxyde de soufre était à 425 micro grammes par mètre cube et par heure. Pendant ce laps de temps, il y a un risque sanitaire.

Trop de soufre, quels effets sur la santé ?

Trop de soufre dans l’atmosphère, un effet nocif pour l’organisme, et c’est sur les systèmes respiratoire et cardio-vasculaire que ça joue. Une augmentation des infections respiratoires, quinte de toux, crise d’asthme, une irritation oculaire et des bronchites chroniques. S’il n’y pas de précaution particulière à prendre, les personnes vulnérables notamment asthmatiques doivent se munir de leur Ventoline.

Ces derniers jours

Mis à part l’épisode du 26 février, les mesures sont bien en dessous des seuils fixés par le Code de l’environnement dans la réglementation française. Cela n’empêche que le volcan continue de dégazer, le panache se dirige directement vers la mer. Les zones habitées sont de moins en moins exposées au dioxyde de soufre.

Pour retrouver les mesures d'Atmo Réunion, c'est ici

fh/www.ipreunion.com

mots clés de l'article : Volcan , éruption , piton de la fournaise , actualité de la réunion , particules fines , Actus Reunion , dioxyde de soufre , dégazage

dossier associé

suivez-nous