Parcoursup - La nouvelle plateforme ne plaît pas à tout le monde

photo imaz press reunion

Depuis ce lundi 22 janvier 2018, les lycéens en classe de terminale peuvent faire leurs voeux pour leurs futures études post-bac. Après dix ans de demandes sur "admission post-bac", couramment nommé "APB", les voeux se font désormais sur la nouvelle plateforme mise en place par le ministère de l’Éducation : Parcoursup. À l’académie de La Réunion, on vante un outil "plus lisible" et qui remet la "question de l’orientation au centre du choix". Mais pour le principal syndicat étudiant l’Unef, "tout n’est pas rose".

Pour Mario Lefevbre, chef des services d’information et d’orientation à l’académie de La Réunion, "Parcoursup est un changement majeur". La plateforme remplaçante d’admission post-bac (APB) se veut "plus lisible et transparente" avec "deux objectifs clairs" : "permettre la réussite et des élèves" et "remettre au centre du choix la question de l’orientation pour le lycéen" explique Mario Lefevbre. Pour le conseiller du recteur, "les élèves et parents étaient trop focalisés sur l’outil à l’époque d’admission post-bac".

Du côté du premier syndicat étudiant, l’Unef (Union nationale des étudiants de France), on se félicite "de la modernisation nécessaire du système de vœux post-bac, même si tout n’est pas rose". L’une des raisons du changement de service était la problématique du tirage au sort à l’université. Sur le sujet, l’employé académique est très clair : "le tirage au sort, c’est fini". Mais selon Samantha Pothin, à la tête de l’Unef Réunion, "il y a une sélection qui ne dit pas son nom, une sélection déguisée".

- Des compétences requises -

Elle s’explique : "les universités demandent des attendus pour chaque filière donnée". Les "attendus" sont "des compétences et/ou des connaissances requises" pour avoir plus de chance de rentrer dans une filière. Samantha Pothin prend l’exemple de "la licence STAPS -sciences et techniques des activités physiques et sportives- pour laquelle des universités vont demander d’avoir fait du sport pendant plusieurs années, d’être inscrits dans une association etc…". "Ça remet en question la démocratisation de l’enseignement supérieur voulue par le gouvernement" complète la présidente du syndicat qui précise toutefois "qu’il n’y aura pas de réponse ’non’ à un vœu : l’élève verra soit un ’oui’ soit un ’oui si’".

Pour l’Université de La Réunion, "il ne devrait pas y avoir d’attendus" affirme Samantha Pothin après avoir obtenu "un engagement solennel du président Frédéric Miranville lors du conseil d’administration de décembre". "Notre objectif, c’est que personne ne soit laissé sur le carreau". Quid des problèmes de places dans certaines filières ? "Pour les deux licences en tension, la licence STAPS et PACES (première année commune aux études de santé), on a réussi à obtenir l’augmentation de la capacité d’accueil avec la création de parcours adapté" indique Samantha Pothin. "Par exemple, pour la PACES il y a la création d’une licence de sciences pour la santé".

- Les nouveautés font jaser -

"Désormais, le lycéen fait au maximum 10 vœux qui ne sont plus hiérarchisés" explique Mario Lefevbre, "avec la possibilité de regrouper ses vœux dans des sous-groupes si l’élève demande par exemple la même formation mais dans des villes différentes". La date limite des vœux est fixée au 13 mars prochain : ce qui "laisse du temps pour mûrir sa réflexion" selon le conseiller du recteur, mais qui apparaît "comme du temps en moins, un bon mois" selon l’Unef. Sur les délais de réponse des établissements demandés, "l’élève pourra désormais avoir des propositions tous les jours à partir du 22 mai et non plus trois dates comme cela était le cas avec APB" expose Mario Lefevbre. "Chaque élève aura un laps de temps de 7 jours pour répondre à la proposition sinon elle disparaît" complète le chef de service.

L’autre nouveauté qui "va rendre Parcoursup plus efficace que APB, c’est l’accompagnement continu" selon le conseiller du recteur. "Cela va avec la question de l’orientation, l’élève aura l’aide de ses professeurs, de ses proches et du conseil de classe : le conseil du deuxième trimestre sera en particulier plus orienté sur les recommandations faites à l’élève sur ses voeux". Selon Mario Lefevbre, "la place de l’enseignant est plus importante" avec notamment des "formations spécifiques afin de connaître l’outil pour aiguiller au mieux les élèves". Samantha Pothin reste elle sceptique sur la question : "pour la demande de logement CROUS ou de bourse universitaire, les élèves devaient être accompagnés par leur lycée mais ça n’a rien donné" souffle-t-elle.

- Des conseils en commun -

Si la nouvelle plateforme n’est pas perçu de la même façon par l’académie et le syndicat étudiant, ils s’accordent toutefois sur les conseils à donner aux futures bacheliers : "prendre son temps et ne pas se précipiter" lancent comme premier conseil les deux parties. Mario Lefevbre rajoute "que cela ne veut pas dire de tout faire à la dernière minute". Pour le conseiller du recteur, il est aussi "important d’avoir l’esprit ouvert et éveillé, tout en remettant en question ses premiers choix avec ses proches". L’académie et l’Unef invitent fortement les élèves à "se rendre aux journées portes ouvertes" qui peuvent "donner une bonne ou une mauvaise impression dès le départ" selon Samantha Pothin qui encourage vivement les élèves "à prendre contact avec l’Unef". Un dernier conseil ? "Ne pas oublier de travailler pour avoir le Bac" conclut avec le sourire Mario Lefevbre.


hf/

mots clés de l'article : Education , lycées , ETUDIANTS , lycéens , Actus Reunion , Parcoursup , Etudes post-bac

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