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Mouvement du 17 novembre : "il y a de la grogne et il faut que les gens s’expriment"

Scène de rue à Saint-Denis

Demain nous serons le 17 novembre. Est-ce que le mouvement prendra ? Est-ce qu’il sera suivi ? Y aura des débordements ? Une ambiance bon enfant ? Difficile à dire, difficile à prévoir. Nous entendons tout et son contraire. Dans les rues de Saint-Denis, les passants soutiennent les actions menées, mais ils craignent également les casseurs. Les commerçants de leur côté hésitent à ouvrir leur boutique et ont du mal à anticiper...

Dans les rues de Saint-Denis, le mouvement du 17 novembre a bien pris. Les passants soutiennent pour la plupart les actions qui seront menées tout au long de la journée, certains y participeront, comme Véronique qui " crie haut et fort son mécontentement " contre la vie chère. " Je soutiens ces gilets jaunes. Il faut manifester !  Il ne faut pas penser aux débordements, tout dépend des personnes, mais je ne m’inquiète pas, si nous faisons ça bien. "

Anna quant à elle restera chez elle : " je ne vais pas dépenser ce jours là, c’est ma façon de les soutenir. " Anaïs et Maëlle sont plus réservées sur ce sujet. Pour les deux copines, le 17 novembre ne prendra pas : " il n’y a pas de solidarité à La Réunion, du communautarisme, mais pas de solidarité. " Les jeunes femmes soutiennent le mouvement mais craignent qu’il n’y aura que des débordements " on ne sortira pas, on évitera. "

De son côté, Jean-Luc soutient les gilets jaune et ne craint pas les débordements : " Il y a une pression fiscale permanente, on taxe les plus pauvres, ceux qui ont moins de ressources. Le 17 novembre est un mouvement populaire qui s’exprime, c’est bien et c’est normal. La casse n’est pas souhaitable mais il y a de la grogne et il faut que les gens s’expriment, c’est une manif, un mouvement démocratique, c’est comme ça la démocratie. "

"On ouvre et s’il y a des débordements…"

Du côté des commerçants de la rue Maréchal Leclerc à Saint-Denis, c’est l’inconnu : on appréhende les blocages et on craint les débordements. Thomas qui tient un magasin de cosmétiques et de maquillages dans le centre-ville explique que c’est " très compliqué à anticiper. J’aurais préféré qu’on nous dise : " écoutez, tout sera bloqué, vous êtes obligé de fermer " Et j’aurai prévenu mes salariés en leur disant que c’est une journée de congés payés. Mais c’est samedi donc je vais ouvrir, et si la tête de cortège arrive en amont et me dis de fermer, je serais obligé sinon je risque des jets de pierre, des casses de vitrines… "

Le commerçant craint que les gilets jaunes ne fassent pas la distinction entre " les grands et les petits " : " nous sommes des petits commerçants, on se lève très tôt, on se couche très tard et on carbure pour payer nos retards. J’ai entendu qu’il n’y aura que 850 agents mobilisés pour ce 17 novembre à La Réunion. Rien qu’à voir les débordements d’Halloween, nous pouvons toujours craindre et anticiper… "

Même discours dans le magasin de sport d’à côté : " s’il y a des débordements, on ne prendra pas de risque, on fermera la boutique, s’exclame Sylvain. A La Réunion, quand il y a ce genre de mouvement, il y a aussi beaucoup de jeunes qui veulent se montrer… c’est pas toujours pour la bonne cause… " Patrick, gérant d’un magasin de chaussures, hésite à ouvrir…" j’habite juste à côté… on verra comment la journée se déroule. Les débordements sont très probables. Dans ce cas, je ne vais pas sortir et la boutique sera fermée. "

www.ipreunion.com

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