Lutte contre le tabagisme

Novembre est le bon mois pour arrêter de fumer

photo imaz presse

Ce vendredi 1er novembre 2019 marque le début du Mois sans tabac, une opération pour aider les fumeurs à arrêter la cigarette. Organisée par "Tabac info service", ce mois est dédié à l’accompagnement dans l’addiction, pour tenter d’en comprendre les mécanismes, mais aussi de cerner ses mauvaises habitudes, pour tenter d’arrêter définitivement de fumer. D’après cette campagne, une personne arrêtant la cigarette pendant un mois a cinq fois plus de chance d’arrêter définitivement. Le Dr David Mété, chef du service addictologique du CHU de La Réunion, fait le point avec nous sur les mécanismes de l’addiction et les bénéfices de l’arrêt de la cigarette. Interview (Photo d’illustration rb/www.ipreunion.com)

• Arrêter de fumer pendant un mois est-il efficace pour pouvoir arrêter durablement de fumer ?

Oui, cela génère une dynamique positive et augmente significativement les chances de s’arrêter en les doublant

• Quels effets peut-on observer sur le corps et la santé après un mois sans cigarettes ?

Ces effets bénéfiques sont rapides : c’est l’amélioration du souffle, une restauration de l’odorat, des capacités gustatives, une réduction des incidents cardiaque, une amélioration de la physionomie du visage.

• Quels substituts sont efficaces pour arrêter durablement la cigarette ?

Ce sont les dérives nicotiniques sous leurs diverses formes : patchs, pastilles, sprays. Également la varénicline connue sous le nom de Champix : ces médicaments sont maintenant remboursables et démultiplient les chances de s’arrêter. Il faut toujours leur associer une démarche motivationnelle et de soutien cognitivo-comportemal.

• Pourquoi certaines personnes peuvent arrêter de fumer pendant plusieurs mois, et pourtant retomber dans cette addiction ? Est-il possible de se débarrasser définitivement de l’addiction ?

Le tabagisme comme les autres addictions est une maladie chronique et le risque de reprise du tabac est une réalité avec laquelle il faut composer. Néanmoins s’il y a rechute, cela doit être l’occasion d’une capitalisation d’expérience avec de s’arrêter durablement. Un ancien fumeur conserve une vulnérabilité vis-à-vis du risque de rechute : il ne faut pas baisser sa garde !

• Des méthodes/activités sont-elles conseillées pour se distraire de l’envie de fumer ?

Oui, il faut remplacer le plaisir nocif de fumer par d’autres formes de plaisir. C’est un point fondamental pour le succès de l’entreprise. L’occasion de reprendre des activités abandonnées, d’en découvrir d’autres. On évitera le plaisir de manger des aliments sucrés !

• On dit que repousser le plus possible la première cigarette du matin est un bon début pour se diriger vers l’arrêt du tabac, pourquoi ?

La cigarette matinale après le lever est fortement corrélée avec le niveau de dépendance tabagique. La retarder c’est se confronter à la réalité du sevrage et pouvoir explorer des stratégies de gestion des compulsions (on parle de " craving "). L’arrêt complet est recommandé d’emblée, certains fumeurs vont adopter une stratégie de réduction pour aller vers l’arrêt.

• Le café, l’alcool, sont des déclencheurs de l’envie de fumer, pourquoi ?

L’association cafécigarette est synergique et l’habitude de la cigarette après le café est très ancrée chez de nombreux fumeurs. C’est pourquoi en phase de sevrage, la prise de boisson chaude différente va diminuer l’envie de fumer. Il faut à minima diminuer sa consommation de café car le tabac accélère le métabolisme du café : à l’arrêt du tabac, on risque en maintenant sa consommation une surdose désagréable en caféine. L’alcool est un désinhibiteur, si elle n’est pas mesurée ; notre motivation à l’arrêt du tabac risque de se " dissoudre " dans l’alcool au bout de quelques verres !

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