Saison cyclonique 2018 - 2019

Météo France attend quatre à six cyclones

photo rb imaz press reunion

"Commencée sur les chapeaux de roues avec 3 systèmes ayant déjà atteint ou dépassé le stade de tempête tropicale, la saison cyclonique s’annonce toutefois proche de la normale sur l’ensemble du bassin cyclonique du Sud-Ouest de l’océan Indien, ce qui suppose une activité plutôt inférieure à la normale pour le reste de l’activité cyclonique à venir" détaille Météo France ce jeudi 15 novembre 2028 dans ses prévisions saisonnières à quare à d’activité cyclonique . "On s’attend à ce que la saison connaisse au total entre 8 et 11 systèmes (tempêtes et cyclones), et que la moitié d’entre eux (entre 4 et 6) atteigne le stade de cyclone tropical. L’occurrence du phénomène El Niño devrait moduler l’activité cyclonique sur le bassin cette saison" disent encore les météorologues dont nous publions le communiqué ci-dessous (Photo archives)

 

Il n'est pas habituel de comptabiliser déjà trpois phénomènes cycloniques sur le bassin à la date du 15 novembre : 1 cyclone tropical intense (Alcide) et 2 tempêtes tropicales (01-20182019) et Bouchra). Il faut, en effet, remonter à la saison 1996-1997 pour trouver une activité comparable avant la mi-novembre.

Toutefois, ce démarrage précoce n’augure pas forcément d’une activité cyclonique restant soutenue sur le reste de la saison. En effet, nous estimons que sur l’ensemble de la saison cyclonique 2018-2019, il y a une probabilité de 60% de connaître une activité proche de la normale, une probabilité de 20% pour que l'activité cyclonique soit inférieure à la normale et une probabilité de 20% de connaître une saison finalement plus active que la normale.

- Prendre les précautions d’usage de début de saison cyclonique -

On s'attend, avec une probabilité de 70%, à avoir 5 à 8 systèmes supplémentaires (tempêtes et cyclones) sur le reste de la saison, soit un nombre total de phénomènes compris entre 8 et 11, dont la moitié (ratio climatologique) pourrait atteindre le stade de cyclone tropical (soit entre 4 et 6). On rappelle que la valeur climatologique (moyenne) du nombre de systèmes par saison se situe à 10 sur le Sud-Ouest de l'océan Indien.

Ces prévisions se basent sur l’occurrence très probable du phénomène El Niño dans le Pacifique au cours du prochain été austral, qui pourrait moduler à la baisse l’activité cyclonique du coeur de la saison cyclonique (traditionnellement la période entre janvier et mars) dans notre zone. La formation des phénomènes cycloniques se fera de façon privilégiée sur l’océan Indien central et une partie de la zone Ouest du bassin. Les trajectoires devraient présenter une allure méridienne (tendance à prendre assez rapidement une orientation vers le sud). Nous insistons sur le fait que ces prévisions ne présagent rien de l’impact éventuel d'un cyclone sur un territoire particulier de la zone. Parce qu’il suffit d’un seul système pour connaître un impact pouvant être catastrophique, il convient de mettre en oeuvre dès à présent et comme chaque année, les précautions d’usage de début de saison cyclonique.  

- Contexte de grande échelle attendu sur le bassin pour l'été 2018 - 2019 -

A l’échelle planétaire, l’évènement majeur attendu est la mise en place imminente du phénomène El Niño2 au niveau du Pacifique équatorial. Si l’amplitude du phénomène s’annonce de moindre importance que le dernier évènement en date (mai 2015 à mars 2016), il est toutefois probable qu’il devienne le moteur de la variabilité climatique globale. El Ninõ est ensuite prévu perdurer au moins jusqu’à la fin de l’été austral.

Sur le Sud-Ouest de l’océan Indien et durant l’été austral, " la réponse El Niño " se traduit souvent par des températures de surface de la mer plus élevées, des alizés moins forts (en liaison avec un anticyclone des Mascareignes moins marqué) et un flux de mousson contrarié sur la partie Nord-Est du bassin (en liaison avec des pressions atmosphériques anormalement élevées dans ce secteur).

En termes d’activité cyclonique, l’influence d’El Niño dans notre bassin est complexe, car des paramètres à l’influence contradictoire, i.e. favorables ou défavorables à l’activité cyclonique, se trouvent renforcés : si des eaux plus chaudes que la normale (associées à une masse d’air très humide) vont favoriser le développement et le maintien des phénomènes cycloniques, un déficit de convergence de basses couches (en lien en partie avec la faiblesse des alizés) et de vents d’Ouest plus forts que la normale en altitude (générant du cisaillement vertical de vent) sont des facteurs par contre défavorables à l’activité cyclonique.

L’historique des saisons cycloniques sur plus de 30 ans, tend à montrer que plus un évènement Niño est fort, plus il a de chance de diminuer l’activité cyclonique du coeur de saison. Ce constat étant moins vrai pour des épisodes Niño plus modérés ou faibles. Les projections climatiques pour cette saison sur le bassin anticipent plutôt une réponse de type " Niño " pour les paramètres de grande échelle.

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