Réunion mardi 2 juin 2020
Solidarité pour rompre le silence total

Malentendants : des masques transparents pour lire sur les lèvres

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Depuis le début de la crise du coronavirus, la demande de masques a explosé. Cet accessoire de santé, qui d’ordinaire est réservé au personnel soignant, est véritablement devenu l’objet de toutes les convoitises pour se protéger du virus. Nous expérimentons le monde inédit de cette crise sanitaire avec effroi, imaginons-le un instant à travers les oreilles d’une personne malentendante. Cette situation a justement inspiré une équipe de bénévoles "Sourires Masques Transparents", qui a eu l’idée d’un détournement brillant pour promouvoir l’inclusion sociale. Un masque transparent qui facilite la communication avec les personnes sourdes ou malentendantes. Il fallait y penser !

Promouvoir l’inclusion du handicap même en temps de crise sanitaire est plus que jamais nécessaire. L’épidémie fulgurante de Covid-19 a déclenché une vague, de la solidarité. Une solidarité d’un genre nouveau, qui s’exerce le plus souvent à distance de ceux qui en sont bénéficiaires. Les premiers à recevoir des témoignages de gratitude sont les soignants. Mais au fil de la crise, surgissent les besoins criants des minorités. Imaginez le sens de ce qui se passe dans la journée, et dans la vie quotidienne, d’une personne sourde qui suit habituellement les conversations sur nos lèvres.

- Expressions faciales indispensables -

" 16% de la population française présente un handicap auditif, quel que soit le degré de la perte auditive "

Élément clé de la lutte contre le coronavirus, les masques de toutes sortes fleurissent sur les visages. Leur généralisation, gage de protection pour la plupart des Français, est pourtant synonyme d'isolement et de stress pour une partie de la population : les personnes sourdes et malentendantes "ce genre de situation entraîne un stress, un repli sur soi et petit à petit l’exclusion sociale" glisse Mathilde, bénévole née sourde profonde

Certaines personnes malentendantes peuvent entendre la voix mais sans vraiment saisir le message : dans ce cas-là, la lecture labiale est utilisée pour appuyer la compréhension. "Beaucoup de personnes déficientes auditives lisent sur les lèvres et ont aussi ce besoin de visualiser l'expression du visage via le mime ou la langue des signes française, en cette période de crise ces personnes sont privées de leur source de communication" explique Mathilde Lauret.

D'autres, dont la surdité est plus profonde, s'expriment grâce à la langue des signes pour laquelle l'expression du visage est cruciale afin de saisir le sens du discours. Ainsi, le port du masque peut s'avérer gênant à divers degrés de déficience auditive. "Si vous avez déjà observé des traducteurs à la télévision, vous avez sans doute remarqué qu’ils partagent beaucoup d’émotions avec leur visage. Si vous enlevez cette particularité, c’est comme si vous enleviez 50% du message" précise la jeune bénévole.

Un masque "fermé" prive donc ces personnes d’un support visuel extrêmement précieux.

C’est une jeune Américaine, Ashley Lawrence, qui a lancé ce projet de masque à inclusion plastique. Cette initiative a notamment fait mouche à des milliers de kilomètres. "J’ai été particulièrement affectée par cette initiative, j’ai voulu à mon niveau continuer à aider les personnes dans ma situation" ajoute-t-elle.

- Des masques à fenêtres ? -

Si le port du masque protège efficacement contre les bactéries, son opacité n’est pas adaptée à tous les patients. Bonne nouvelle, “Sourires Masques Transparents” collabore depuis avril pour concevoir et commercialiser un masque transparent. Un projet essentiel pour des patients vulnérables.

Parmi les solutions étudiées par le CIH : des masques à fenêtre qui rendent la bouche et les lèvres visibles. "Certains sont actuellement en phase de test", explique Mathilde Lauret. Sans pouvoir donner de date exacte de résultats, celle-ci explique qu'il s'agit d'une "procédure d'urgence" mobilisant tous les acteurs du milieu. Parmi eux : la Direction Générale de l'Armement (DGA) et l'Afnor, l'association française de normalisation. Ces deux instances sont chargées de donner leur accord (ou non) pour une commercialisation après avoir mené les tests de filtration et de respiration.

"Nous avons étudié plusieurs types de masques, avec différents tissus, mais la question de l’inclusion plastique résistant à plusieurs lavages se pose toujours" souigne Mathilde Lauret.

Face à la nouvelle ampleur du projet, la jeune femme et son équipe sollicitent des entreprises, et des couturières afin de les accompagner dans cette aventure. "La fabrication se base sur un gabarit semblable à un masque tissu artisanal. L'inclusion plastique se compose d'une petite fenêtre transparente, légèrement projetée en avant des lèvres (pour qu'elles puissent bouger). L'inclusion doit favoriser un équilibre entre une bonne respirabilité pour limiter la buée ainsi qu'une bonne visibilité de la bouche" précise la jeune étudiante

En attendant, elles reçoivent énormément de soutien de la part de personnes sourdes, malentendantes, mais aussi entendantes. "Pouvoir lire les expressions du visage concerne tout le monde, ça va au de-là de la surdité" termine Mathilde Lauret.

es / www.ipreunion.com / redac@ipreunioncom

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