[PHOTOS/VIDÉOS]Rassemblement #NousToutes974

Violences faites aux femmes : "nous avons besoin d’une vraie armée capable d’affronter ce problème dévastateur"

Photos : MM pour Imaz Press Réunion

Ce samedi 23 novembre 2019 a lieu, en écho à la mobilisation nationale, un rassemblement à l’appel du collectif #NousToutes, qui se bat contre les violences sexistes, sexuelles et les féminicides. L’antenne réunionnaise du collectif, qui regroupe plusieurs associations, a mobilisé des dizaines et des dizaines de personnes sur la place du marché à l’Hermitage dans la matinée, pour un moment de parole, d’échanges, mais aussi d’animations et de concerts. Munis de tee-shirts violets, la couleur symbolique de #NousToutes, les participants ont répondu présents à l’appel national du collectif, pour dire une fois de plus "non" aux violences que subissent les femmes.

Sur la place du marché de l'Hermitage, ce sont des dizaines de personnes qui sont venues se rassembler. Femmes, hommes et enfants de tous âges, réunis pour une même cause auprès des associations : dire à nouveau "non" aux féminicides, aux violences sexistes et sexuelles. Parmi ces participants, Thérèse Baillif, présidente du CEVIF. "Pour moi il était évident de venir. Quelle que soit la manifestation en ce qui concerne les victimes de violences et les femmes, je viendrai. Ma place est là, puisque depuis de nombreuses années, je suis dans ce combat."

De nombreuses associations ont répondu présentes : Femmes 974, le CEVIF, l'Ariv, Femmes précieuses, Coeur vert, le Planning familial, Afect, l'UFR... Objectif, comme le rappelle Fabienne Couapel-Sauret, présidente de Femmes 974 et représentante du collectif Nous Toutes à La Réunion : "s'unir pour manifester leur volonté de dire stop aux violences, stop au sexisme, stop aux comportements inappropriés, stop aux comportements qui tuent". Elle rappelle ainsi qu'en métropole, "136 femmes sont mortes sous les coups de leur conjoint". Un sombre décompte fait par le collectif Nous Toutes lui-même.

Malgré le Grenelle, terminé le 25 novembre 2019, il y a encore beaucoup à faire. Selon Thérèse Baillif, "le travail est tellement important et complexe dans ce domaine. Notre société évolue en permanence et il faut continuer de trouver les failles pour que ce violences ne se renouvellent pas, dans le nombre et la gravité qu'il y a aujourd'hui" ajoute-t-elle. Elle salue au passage "toutes les associations sur le terrain".

Un manque de moyens, malgré l'enveloppe supplémentaire

Lors de son passage sur l'île, Marlène Schiappa a annoncé une rallonge de 135.000 euros pour La Réunion (800.000 euros pour les Outre-mer au total). Une annonce saluée par les associations locale. Mais selon Thérèse Baillif, cette enveloppe "n'est pas suffisante". "Bien entendu, les besoins sont immenses, sur le plan humain. Je fais donc appel à toutes et tous ceux qui peuvent apporter leur aide, comme les jeunes retraités par exemple. Aujourd'hui nous avons vraiment besoin de mettre en place une vraie armée capable d'affronter ce problème extrêmement complexe, et dévastateur pour notre société."

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Idem du côté de Fabienne Couapel-Sauret. "Une enveloppe supplémentaire a été allouée à La Réunion, tant mieux, je pense que ce n'est pas encore suffisant. C'est la raison pour laquelle nous sommes là aujourd'hui".

Elle ajoute que les moyens sont d'autant plus importants qu'il y a "de très belles expériences qui sont menées à La Réunion, comme ce groupement contre les violences familiales à la gendarmerie de Saint-Louis, celle de Saint-Benoît. Il faudrait généraliser ces cellules à l'ensemble du territoire". Par ailleurs, elle appelle à "former la police municipale" sur ce sujet.

Une amélioration de la prise en compte des plaintes

Même si elle "salue le Grenelle", en notant que c'était "l'occasion pour les associations de s'exprimer", Fabienne Couapel-Sauret note que "la ministre de la Justice a commandé une étude sur les failles et les dysfonctionnements de la chaîne pénale", rappelle la représentante de Nous Toutes 974. "On voit que les victimes de féminicides avaient déjà alerté les forces de gendarmerie ou de police. On voit qu'il y a un taux de récidive important. On voit aussi que beaucoup de plaintes sont classées sans suite".

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Si le chemin est encore long, Thérèse Baillif reconnaît que sur la prise en compte des plaintes, "il y a une amélioration, ça c'est sûr", mais "quand une femme arrive à la plainte, elle a déjà vécu des moments très difficiles". En effet, qu'elle rappelle que "la plainte arrive au bout d'un long processus de violence qui s'est mis en place, on arrive à un moment où c'est juste insupportable". C'est donc sur le travail en amont qu'il faut agir : "Je veux qu'aujourd'hui on ait une notion de respect de l'autre et que si quelque chose ne va pas, on discute et on se sépare si besoin. Aujourd'hui on travaille tout ça, et avec les jeunes notamment" conclue-t-elle.

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