Photographes amateurs passionnés

Les mystères de la mer dans l’objectif de la famille Croisier

Photos : LAG AuBordDeLeau

La photo chez les Croisier c’est avant tout une histoire de famille. Lena la photographe, Armel le plongeur : tous deux ont fusionné leurs univers respectifs pour développer une passion commune, la photographie sous-marine. Passion qu’ils partagent désormais avec leur fils Gabriel : à 10 ans, il cumule déjà une soixantaine de plongées et plusieurs concours photo. Portrait d’un sacré trio, à la conquête des mystères de la mer.

La photo, Lena l’a côtoyée toute petite déjà. Au fond de la maison familiale, en Bretagne, trônait une chambre noire dans laquelle son père, photographe amateur, développait ses clichés en noir et blanc. " J’ai d’abord pensé en faire mes études ", explique Lena. Elle passe donc un concours afin d’entrer en école – concours qu’elle réussit – mais échoue au bac, et l’un dans l’autre finit par abandonner cette idée de carrière, préférant garder la photo comme une passion.

Celle qui travaille aujourd’hui dans les ressources humaines a donc continué à photographier pour le plaisir, mais toujours les pieds bien sur terre. Alors qu’elle vivait encore en métropole, elle rencontre Armel, plongeur, et c’est là que la passion prend le large. " Je n’étais pas à l’aise dans l’eau, alors pour ne pas avoir peur j’ai pris un appareil photo ". L’astuce fonctionne, et petit à petit Lena prend ses marques dans le monde sous-marin.

Armel, c’est l’inverse. Poisson dans l’eau, il ne connaissait rien à la photo. " Au début, je me contentais de chercher les beaux spécimens ou les coraux à photographier pour les indiquer à Lena ". Et puis vient Noël 2011 : sa femme lui offre un appareil photo et le voilà parti lui aussi à la conquête des belles images sous-marines.

Le couple a photographié les plus beaux coraux et poissons du monde : en Egypte, où ils avaient l’habitude de se rendre une fois par an, en Nouvelle-Calédonie, au Mexique, en Corse, en Thaïlande… et puis à La Réunion. Le couple s’y installe en 2017 avec leur fils Gabriel, 8 ans à l’époque. " C’est à La Réunion que Gabriel a connu ses premières bulles ", explique sa mère. Alors qu’il avait déjà quelques baptêmes en poche, passés en métropole, le jeune plongeur passe ses niveaux enfants, jusqu’au " plongeur or ", niveau maximal qu’il peut obtenir pour l’instant.

Car il faut attendre 12 ans – avec autorisation parentale écrite et un bon nombre de paperasse – pour envisager de passer son premier niveau de plongée. " Du coup, pour ne pas m’ennuyer en attendant, j’ai pris un appareil photo ". Un loisir qui lui permet aussi d’apprendre à se stabiliser lors de ses plongées. Et c’est ainsi que Gabriel se met à marcher, ou plutôt palmer, dans les pas de ses parents.

Tous trois optent pour du matériel peu onéreux mais pratique. Des appareils photos numériques compacts, et des caissons étanches. Budget : 500 à 600 euros par personne, tout compris. Pas plus. " On photographie comme on plonge : pour le plaisir ", explique Lena. Depuis, elle a également investi dans un objectif grand angle pour varier ses clichés.

Mais la petite famille tente quand même quelques concours. Tous trois inscrits au même club de plongée, à Saint-Gilles, ils participent chaque année au concours annuel, qui leur permet de gagner à la fois visibilité et conseils. " Une année j’ai croisé un photographe professionnel qui a vu mes photos, et m’a donné plusieurs astuces pour travailler sur ma stabilité ", se rappelle Gabriel. " Mais il m’a surtout dit de me faire plaisir avant tout et de prendre mon temps !

Ses sujets préférés ? Les tortues. Et ce n’est pas par hasard si le plongeur en herbe les cherche dès qu’il est sous l’eau : " si on photographie une tortue qui n’est pas encore identifiée par Kélonia, on peut choisir son prénom ! " De quoi se motiver à palmer. Avec ses parents, il se plaît aussi à chercher les " nudibranches ". Des mollusques qui ne mesurent parfois que quelques millimètres et dont l’aspect est très variable : sous la mer, on en trouve de toutes les couleurs.

" On est bon public, on aime tout " explique Armel. " Mais j’avoue que j’aime bien tomber sur un barracuda ou un baliste titan ". Deux poissons qui ont le mérite d’être impressionnants, notamment par leur taille. Lena, elle, se plaît à photographier les murènes, qu’elle a longtemps craintes avant d’oser les affronter à coup d’objectif. Autre sujet qu’elle adore photographier : les épaves. Du haut de son niveau 2 de plongée, elle peut en voir facilement à La Réunion, car les épaves de bateaux se trouvent souvent à partir de 40 mètres de profondeur.

Après chaque plongée, il y a la deuxième mi-temps : la retouche photo. Lena y passe du temps, mais sans regret : " j’essaie de retranscrire ce qu’on voit vraiment, notamment sur le plan des couleurs ". La chose n’est pas facile car à partir de 3 mètres de profondeur, l'oeil humain ne perçoit plus le rouge. Pour éviter les photos toutes bleues, il y a le premier filtre de l’appareil, et le second lors de la retouche. " J’aime beaucoup retravailler nos photos, j’essaie de faire passer l’émotion qu’on a ressentie en appuyant sur le déclencheur ". Plaisir suivant : sélectionner les plus beaux clichés du trio pour les mettre en ligne, sur Facebook et Instagram, sous la marque " LAG AuBordDeLeau ".

Si l’île de La Réunion n’est pas connue pour être le spot de plongée le plus coloré, elle permet en tout cas aux passionnés de plonger toute l’année, grâce à ses eaux chaudes. Pour le plus grand plaisir des Croisier. " On plonge quasiment tout le temps tous les trois ", explique Lena. " On se montre nos photos ensuite, on debrief, on compare… " La plongée et la photo sont presque devenues indissociables, comme Lena, Armel et Gabriel, tous trois inséparables. Leur marque " LAG AuBordDeLeau " en est bien la preuve : " la famille d’abord ", comme aime le dire Lena.

mm/www.ipreunion.com

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