Sur décision des juges des libertés et de la détention

Les migrants sri lankais resteront huit jours de plus en zone d’attente

photo : RB imaz press reunion

68 des 72 migrants sri lankais arrivés à La Réunion ce mardi 5 février 2019 à bord de l’Imula resteront 8 jours de plus en zone d’attente. La décision a été prise tard ce samedi soir par les juges des libertés et de la détention du tribunal de Saint-Denis. Les avocats comptent faire appel. A l’issue de l’audience les 7 femmes, leurs maris et les 5 enfants ont été reconduits dans le local de confinement à l’aéroport Roland Garros. Les hommes seuls ont été ramenés à l’hôtel dionysien où il sont confinés depuis leur arrivée. Leur placement en zone d’attente pourra encore être prolongé dans la limite d’une durée totale de vingt jours. Pour rappel, tous les migrants ont déposé une demande d’asile à la frontière. Quatre demandes ont été acceptées par par le ministère de l’Intérieur après un avis positif de l’Office français de protection des réfugiés et des apatrides (Ofpra). Les autres demandes ont été rejetées. Les Sri Lankais peuvent faire appel de ce refus devant le tribunal administratif.

L'audience de ce samedi présidée par les juges des libertés et de la détention a commencé vers 15 heures. Elle s'est prolongée jusqu'à tard dans la soirée.

Les migrants ont été entendus un par un. C'est à l'issue du réquisitoire du parquet et des plaidoiries des avocats que les Juges des libertés et de la détention (JLD) ont pris la décision de maintenir les 68 personnes en zone d'attente.

Devant le tribunal se trouvaient des bénévoles et des militants de la Cimade, l'association qui accompagne les personnes étrangères dans la défense de leurs droits. Parmi ces militants Elodie Auzole: "Nous sommes ici en observation, nous allons voir comment ça se passe, quelles vont être les plaidoiries des avocats et les arguments de la PAF (Police aux frontières ndlr)."

Pour la militante, les institutions sont de "plus en plus prêtes. Comme nous elles apprennent et elles mettent en place des procédures, fluidifient les choses. Elles font peut-être moins d'irrégularités. Cette fois-ci, en tant que Cimade, nous n'avons pas observé d'irrégularité particulière, si ce n'est que nous sommes très interloqués que les avocats n'ont pas pu intervenir en zone d'attente."

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C'est sur ces irrégularités que les avocats ont construit leurs plaidoiries. Ils estimaient ainsi que les que les droits des migrants n'avaient pas été respectés, citant notamment le fait qu'ils n'avaient pas eu le droit de joindre leur famille au Sri-Lanka par téléphone.

Les avocats comptent faire appel de la décision.

• Des refus de demandes d'asile

En parallèle de cette procédure concernant le maintient ou non en zone d'attente, les migrants ont donc déposé une demande d'asile à la frontière. La plupart a été refusée par l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides (Ofpra).

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Selon les lois, l'étranger qui se voit refuser l'entrée sur le territoire après cette demande d'asile à la frontière est renvoyé vers son pays d'origine ou de provenance. Néanmoins il peut toujours déposer un recours devant le Tribunal administratif.

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• Quatre Sri-lankais ont été admis sur le territoire

Les demandes d'asile à la frontière de quatre des soixante-douze personnes arrivées mardi à La Réunion ont été acceptées. Ces personnes sont donc sorties de la zone d'attente, la police aux frontières leur a délivrés un sauf conduit. Elles ont huit jours pour formuler une demande d'asile auprès des services préfectoraux. Cette demande sera instruite par l'Ofpra selon les modalités habituelles et pourra faire l'objet aussi bien d'une décision positive que d'une décision de rejet après examen au fond de la demande.

Pour rappel

Les hommes arrivés ce mardi au Port-ouest ont été placés en zone d'attente dans un hôtel de Saint-Denis, celle de Gillot étant bien trop petite pour tous les accueillir. Seules les familles, mères, pères et enfants ont été conduits à l'aéroport Roland Garros.

"Une zone d'attente est un lieu d’enfermement de l’étranger, précise l'avocat Maître Ali Mihidoiri. C’est une zone d’accès très limitée, la loi prévoit spécifiquement les personnes qui sont autorisées à y accéder."

La période maximum de maintien dans cette zone est de 20 jours, sous contrôle du Juge des Libertés et de la détention. "Ce dernier intervient une première fois au bout de quatre jours pour décider, le cas échéant, d'une prolongation de 8 jours supplémentaires et une seconde fois au terme de ces 8 jours en vue d'une éventuelle prolongation exceptionnelle d'encore huit jours," signale l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra).

www.ipreunion.com

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