Réunion jeudi 9 avril 2020
Téléphoner avant de se déplacer

Les cliniques vétérinaires fonctionnent au ralenti

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Crise sanitaire oblige, les vétérinaires ne sont pas épargnés par les restrictions de fonctionnement. La Réunion, les cliniques suivent scrupuleusement les consignes de l’Ordre de la profession, selon lesquelles il est explicitement recommandé de ne consulter qu’en cas d’urgence. Et même en cas d’urgence, il convient d’appeler au préalable pour limiter le flux de personnes dans les cliniques. Toutes les vaccinations et campagnes de stérilisation sont reportées à la fin du confinement (Photo d’illustration rb/www.ipreunion.com)

L’Ordre des vétérinaires avait édicté, dès le 15 mars dernier, jour de l’entrée en vigueur du confinement, un cahier des charges de la marche à suivre pendant le confinement : “Il est impératif de n’accepter de prendre en charge un animal, une demande de prescription, une délivrance de médicaments vétérinaires, une demande de cession d’aliments pour animaux, que sur rendez-vous après appel téléphonique préalable”, disait le communiqué. Une liste exhaustive des activités vétérinaires ne pouvant pas être différées pour des raisons de risques sanitaires avait également été communiquée à l’ensemble de la profession. Elle inclut : - les activités de soins aux animaux dans les établissements de soins vétérinaires y compris les centres hospitaliers universitaires des écoles nationales vétérinaires ; - les contrôles programmés dans le cadre de la prophylaxie nationale des maladies animales ; - l’état des lieux en élevage en cas de suspicion, et activités de gestion induites, des maladies sujettes à notification obligatoire ; - les visites à domicile des animaux mordeurs, qui peuvent toutefois être temporairement remplacées par un entretien téléphonique ; - les inspections vétérinaires prévues dans le cadre de l’abattage, y compris les inspections spéciales d’urgence ; - et la vente d’aliments pour animaux.

- Les urgences uniquement -

Des restrictions qui, concrètement, limitent considérablement l’exercice de métiers et les consultations des particuliers pour leurs animaux de compagnie. “On travaille au ralenti, seulement pour les choses qui ne peuvent pas attendre”, explique Frédéric Ayme, président du syndicat des vétérinaires de La Réunion. “Pour les animaux d’élevage on a exactement la même politique, on ne se déplace que pour les urgences.” la clinique des Hauts, au Tampon, où il exerce, toutes les précautions sont prises pour éviter une éventuelle propagation du coronavirus entre les propriétaires d’animaux. “Le cabinet est ouvert, mais on ne rentre pas comme ça. Il faut téléphoner avant, prendre un rendez-vous. Les gens attendent leur tour en dehors des cliniques et rentrent un par un avec la distance qu’il faut. On essaye de faire les choses au mieux.” Quant à la téléconsultation, celle-ci n’est pas des plus pertinentes dans le cas d’animaux, mais les vétérinaires font de leur mieux pour prodiguer les recommandations qu’il faut. “On n’est pas avare de conseils quand les gens téléphonent, parce que les téléphones fonctionnent beaucoup effectivement. S’il y a besoin de médicaments, les gens sont obligés de venir en consultation. On peut donner des conseils, mais c’est une ébauche de téléconsultation.” Le téléphone est surtout utile dans le cas de renouvellement d’ordonnances, pour lesquelles les consultations sont réellement superflues en période de crise sanitaire. “Tous les actes non urgents sont reportés", insiste Hélène Rondeau, vétérinaire à la clinique du Grandbanoir, à La Possession. “On ne traite que ce qui rend l’animal inconfortable et qui ne peut pas attendre. Un petit bouton qui pousse depuis 5 mois, ce n’est pas parce que vous avez le temps maintenant qu’on va le regarder. Maintenant, une masse qui sort d’un coup sur l’animal, évidemment qu’on va le recevoir et opérer s’il y a besoin.”

- "On n'est pas à plein régime" -

Si l’évaluation de la gravité du mal de l’animal reste aléatoire, il n’est toutefois pas question de faire quelque sorte de bilan que ce soit, faire des vaccinations ou des opérations de stérilisation. Les campagnes habituellement menées de concert avec les communautés de communes sont par ailleurs suspendues. Quid des partenariats entre cliniques et associations, sur lesquels se reposent souvent ces dernières pour proposer des opérations à bas coût. “Ça reste des accords individuels entre les vétérinaires et les associations. Dans notre cas, on garde la même ligne de conduite, c’est-à-dire qu’on continue les soins pour les animaux qui en ont besoin, et on reporte les actes de stérilisation et de vaccination. C’est pareil que pour les particuliers”, indique Hélène Rondeau. Dans ce contexte, les vétérinaires, comme l’ensemble des professions libérales, et bien d’autres corps de métier encore, souffrent d’un manque à gagner notable. “On n’est pas à plein régime, loin de là. Il y a certains salariés mis au chômage partiel, d’autres ont fait valoir leur droit de retrait par crainte de contracter le covid-19. Ce n’est pas facile du tout”, résume Frédéric Ayme. Du chômage partiel, du travail à effectif réduit, des horaires d’ouverture restreints et une activité minimum sur consigne de l’Ordre de la profession... la crise impacte fortement les vétérinaires. Il est donc recommandé aux propriétaires d’animaux de ne joindre les différentes cliniques que par téléphone et, si possible, uniquement dans les cas les plus urgents.

aa / www.ipreunion.com / redac@ipreunion.com

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