Le collaborateur violent de Macron était à La Réunion en 2012

Samedi 31 mars 2012 - Présidentielle - Meeting de François Hollande au parc des expositions de Saint-Denis

Alexandre Benalla, collaborateur violent d’Emmanuel Macron envers qui le parquet de Paris vient d’ouvrir une enquête, était de passage à La Réunion le 1er avril 2012 (en arrière-plan sur la photo). A l’époque, il était membre du service d’ordre de François Hollande qui était en pleine campagne présidentielle. La rédaction d’Imaz Press s’en souvient : Alexandre Benalla n’avait pas été des plus agréables.

Il apparait ici, en arrière-plan, entre les deux femmes. Regardez :      Depuis ce jeudi 19 juillet 2018, ce chargé de mission auprès du chef de cabinet de la présidence, fait l'objet d'une enquête préliminaire pour "violences par personne chargée d'une mission de service public". En effet, le 1er mai 2018, il a été filmé en train de violenter un manifestant, place de la Contrescarpe à Paris. 

Une vidéo publiée par le site du Monde hier soir, mercredi 18 juillet 2018. 

Lire aussi => [VIDEO] Il a roué de coups un jeune homme - Un collaborateur de Macron suspendu après avoir frappé un manifestant le 1er mai

Ces images ont déclenché l'indignation à gauche comme à droite. Emmanuel Macron, en déplacement en Dordogne a refusé de répondre aux questions. Interpellé par un journaliste lui demandant si la République était "entachée" par cette affaire, il a juste répondu: "non, non, elle est inaltérable !"

"La sanction la plus grave jamais prononcée"

Néanmoins, Alexandre Benalla a été mis en pied pour une quinzaine de jours avec "suspension de salaire" a précisé le porte-parole de l'Elysée Bruno Roger-Petit. "La sanction la plus grave jamais prononcée contre un chargé de mission travaillant à l'Elysée"

Il a été "démis de ses fonctions en matière d'organisation de la sécurité des déplacements du président", pour "punir un comportement inacceptable". C'est "un dernier avertissement avant licenciement", a ajouté le porte-parole.

"Personne n'est protégé dans ce pays, quel que soit son statut", a insisté le délégué général de La République en Marche, Christophe Castaner.

En plus d'être l'auteur présumé de violences, le mis à pied est soupçonné d'être l'auteur d'"usurpation de fonctions" et d'"usurpation de signes réservés à l'autorité publique". 

Pour cause : lorsqu'il a roué de coups un manifestant le 1er mai, il portait un casque de CRS alors qu'il ne fait pas partie de la police. 

"Observateur"

D'ailleurs, la préfecture de police a souligné qu'"il n'est pas rare qu'elle accueille pour de courtes durées" des personnes extérieures. Casques et gilets pare-balles leur sont fournis, mais elles "doivent se cantonner à un rôle d'observateur."

A l'Assemblée nationale, la ministre de la Justice Nicole Belloubet a évoqué des "gestes absolument inadaptés". L'entourage du ministre de l'Intérieur Gérard Collomb ne faisait aucun commentaire. Selon Bruno Roger-Petit, Alexandre Benalla avait été "autorisé", à sa demande, à "observer les opérations de maintien de l'ordre pour le 1er Mai", sur "un jour de repos".

Mais en participant "physiquement", "il a largement outrepassé cette autorisation", et a été "immédiatement convoqué" par sa hiérarchie.

Un deuxième homme mis à pied

Un deuxième homme a aussi "outrepassé son autorisation", a révélé le porte-parole de l'Elysée.

Vincent Crase, gendarme réserviste et employé de LREM, a aussi écopé d'une "mise à pied de quinze jours avec suspension de salaire", et "il a été mis également fin à toute collaboration entre lui et la présidence de la République".

La polémique a rapidement gonflé dans la classe politique, jusque dans le parti du président. Le député LREM Laurent Saint-Martin a estimé qu'Alexandre Benalla ne devait "plus travailler à l'Elysée" car "il a failli", tout en estimant que l'Elysée a eu le "bon réflexe" en le rétrogradant rapidement.

Des manoeuvres pour "étouffer" l'affaire?

A droite, le président des Républicains (LR) Laurent Wauquiez a sommé Emmanuel Macron de "s'exprimer", demandant notamment s'il y a eu "des manoeuvres" pour "étouffer" l'affaire. "Ce n'est pas le genre de la maison", a répondu le chef de file des députés LREM Richard Ferrand.

Même demande de clarification à gauche: pour le premier secrétaire du PS Olivier Faure, M. Benalla doit "être redevable devant la justice". "Pourquoi les policiers ont laissé faire ? Pourquoi la justice n'a pas été saisie? Pourquoi Emmanuel Macron s'est contenté d'une mise à pied ? Que fait ce nervi dans la sécurité à l'Elysée ?", a interrogé le député LFI Eric Coquerel

Le porte-parole du Rassemblement national (RN, ex-FN) Sébastien Chenu y a vu "un signal de déconnexion totale d'Emmanuel Macron et sa cour" avec les Français, estimant aussi que cette affaire "fait mal aux forces de l'ordre". "Quand on est à l'Elysée on doit montrer l'exemple et aujourd?hui le sentiment qu'on a, c'est qu'à l'Elysée on se croit au-dessus de tout", a résumé M. Wauquiez.

www.ipreunion.com avec l'AFP

mots clés de l'article : Paris , violences , La Réunion , parquet , 1er mai , Emmanuel Macron , Actus réunion , Actus Reunion , Alexandre Benalla , Collaborateur violent

à voir également en vidéo

suivez-nous