Réunion par Imaz Press, jeudi 19 août 2021 à 05:54
L’Insee a fait les comptes

La Réunion comptait 857 800 habitants au 1er janvier 2021

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Au 1ᵉʳ janvier 2021 La Réunion comptait 857 800 personnes, selon une estimation de l’Insee publié ce mercredi 18 août 2021. "En 2020, les naissances et les décès évoluent différemment à La Réunion par rapport à la métropole et à certains Drom. Ainsi, les naissances sont stables sur l’île, alors qu’elles diminuent nettement dans l’Hexagone (- 2,3 %)" note l’institut de la statistique. La hausse des décès "est contenue à La Réunion ( 1,8 % par rapport à 2019), alors qu’ils augmentent fortement au niveau national ( 9,2 %). La hausse des décès sur l’île résulte principalement du vieillissement de la population" ajoute l’Insee en précisant : "au premier semestre 2021, le nombre de décès augmente de façon notable à La Réunion par rapport à la même période de 2019 : 15 %". L’augmentation a été produite par l’effet conjugué du Covid-19 et de la dengue. "La fécondité reste élevée en 2020, et nettement supérieure à celle de la métropole. L’espérance de vie se stabilise pour les hommes comme pour les femmes" constate aussi l’institut de la statistique dont nous publions le communiqué ci-dessous.

Une hausse notable des décès à La Réunion en 2021

Dans un contexte sanitaire où se conjuguent pandémie du Covid-19 et épidémie de dengue, le nombre de décès survenus à La Réunion au premier semestre 2021 augmente fortement par rapport à 2019.

De janvier à juin 2021, 2 800 personnes domiciliées à La Réunion sont décédées. Ce sont 360 décès de plus qu’en 2019, soit une hausse de 15 %. Au premier trimestre 2021, le nombre de décès augmente seulement de 5 % par rapport à 2019. Mais une surmortalité est observée dès mars et au deuxième trimestre 2021, l’excédent de décès est de 26 % par rapport à 2019, en lien avec la forte dégradation de la situation sanitaire.

Lire aussi : Dengue et Covid : le nombre de décès augmente fortement au premier semestre 2021

La population de La Réunion est estimée à 857 800 personnes au 1ᵉʳ janvier 2021. Sur la période récente, elle croît en moyenne de 4 200 habitants par an ( 0,5 % par an). Sa croissance est légèrement supérieure à celle de la métropole, mais nettement plus faible que par le passé : 1,8 % par an entre 1990 et 1999 et 1,4 % par an entre 1999 et 2010. En effet, le solde naturel, différence entre les naissances et les décès, est moins élevé qu’au cours des deux décennies précédentes et le solde migratoire est devenu déficitaire. Sur la période récente, la croissance de la population de l’île repose uniquement sur celle du solde naturel.

Une hausse contenue du nombre de décès en 2020

En 2020, 5 150 personnes domiciliées à La Réunion sont décédées. Le nombre de décès augmente peu ( 90 décès soit 1,8 %, contre 1,0 % entre 2018 et 2019). Cette hausse s’explique principalement par le vieillissement de la population : les générations nombreuses du baby-boom des années 1950 arrivent depuis quelques années à des âges plus élevés, où la mortalité est plus forte.

De fait, les décès se situent maintenant à un niveau élevé en comparaison de la décennie 1990 (3 400 décès par an en moyenne). L’augmentation des décès touche le plus fortement les 65-74 ans ( 9 % par rapport à 2019). Dans l’Hexagone, la hausse des décès est bien plus marquée en 2020 ( 9,2 % par rapport à 2019), comme dans certains Drom, et résulte directement de la pandémie de la Covid-19. Cette hausse touche particulièrement les personnes très âgées, de plus de 75 ans.

Les naissances se stabilisent en 2020

Dans le même temps, 13 140 enfants sont nés de mères domiciliées à La Réunion, soit un nombre comparable à 2019. Dans l’Hexagone, le nombre de naissances diminue nettement (- 2,3 %). En conséquence, à La Réunion, le solde naturel, différence entre les naissances et les décès, diminue pour la troisième année consécutive ; il s’élève à 8 000 en 2020, soit le niveau le plus faible depuis 1951.

Depuis 2016, le nombre de naissances se situe sous la barre des 14 000. Il retrouve en 2020 son niveau du milieu des années 1990. Depuis le pic des années 2007 et 2008 avec près de 15 000 naissances, il naît un peu moins de bébés : en moyenne 14 100 par an entre 2009 et 2015 et 13 400 entre 2016 et 2020. Cette baisse des naissances à La Réunion résulte de celle du nombre de femmes en âge d’avoir un enfant (âgées de 15 à 50 ans). Elle n’est pas liée au comportement de fécondité des mères. Au niveau national, la baisse du nombre de naissances s’explique davantage par celle de la fécondité.

La fécondité des femmes réunionnaises reste élevée

Avec 2,41 enfants par femme, la fécondité est nettement plus élevée à La Réunion qu’en métropole (1,80). Elle est même la plus élevée des départements français, après Mayotte et la Guyane et juste devant la Seine-Saint-Denis et le Val-d’Oise. Elle est stable depuis le début des années 1990, alors qu’elle baisse au niveau national depuis 2011.

Les Réunionnaises ont leurs enfants plus tôt qu’en métropole. En 2020, l’âge moyen à la maternité s’élève à 29,2 ans sur l’île, soit 1,7 an de moins que dans l’Hexagone. Mais comme au niveau national, les mères réunionnaises d’aujourd’hui mettent leurs enfants au monde plus tard que leurs aînées : au début des années 1990, elles accouchaient en moyenne à 27 ans.

En 2020, 211 bébés sont nés de mères mineures, soit 1,6 % des naissances. Cette part reste cinq fois plus élevée qu’en métropole. Au début des années 2000, les naissances issues de mères mineures étaient plus nombreuses : environ 600 par an, soit 4,5 % des naissances. Ces naissances sont moins fréquentes aux Antilles (1,2 %), mais elles le sont davantage en Guyane (4,8 %) et à Mayotte (4,5 %).

L’espérance de vie se stabilise

L’espérance de vie à la naissance est stable en 2020 pour les hommes (77,3 ans) comme pour les femmes (84,6 ans). En métropole, elle a baissé en 2020 du fait de la pandémie de la Covid-19. Cependant, l’espérance de vie y reste plus élevée, de 1,9 an pour les hommes et de 0,7 an pour les femmes. L’espérance de vie des hommes est quasiment stable depuis dix ans ( 0,5 an entre 2011 et 2020), alors qu’elle a progressé de 1,4 an pour les femmes.

En lien avec la tendance à la hausse de l’espérance de vie, la population réunionnaise vieillit : en 2021, 19,2 % de la population réunionnaise a 60 ans ou plus, contre 9,5 % vingt ans plus tôt (figure 3). Elle reste cependant jeune par rapport à la population de la métropole et des Antilles : ainsi, les moins de 20 ans forment 30 % des habitants de l’île et sont encore près de 1,5 fois plus nombreux que les seniors. En métropole, les seniors sont presque aussi nombreux que les jeunes (27 % de la population contre 24 %).

Le risque de décès demeure plus élevé à La Réunion

En raison de la jeunesse de la population, le taux de mortalité reste inférieur sur l’île à celui de la métropole (6,0 ‰ contre 10,0 ‰). Cependant, si la population réunionnaise avait la même structure par sexe et âge que la population métropolitaine, le risque de décès y serait supérieur, tant pour les moins de 65 ans que pour les plus âgés.

Les décès sont plus nombreux parmi les hommes : en 2020, 2 800 hommes sont décédés, contre 2 300 femmes. L’écart de mortalité entre hommes et femmes est plus marqué à La Réunion qu’en métropole : en 2020, 7,0 hommes sur 1 000 sont décédés, contre 5,1 femmes sur 1 000 (respectivement 10,4 ‰ contre 9,7 ‰ en métropole). Les hommes meurent aussi plus jeunes : la moitié des hommes réunionnais avaient moins de 71 ans au moment de leur décès en 2020, contre 80 ans pour les femmes. En effet, alcoolisme, tabagisme et accidents sont plus fréquents chez les hommes et augmentent leur risque de décéder prématurément.

Par ailleurs, la mortalité infantile reste à un niveau élevé à La Réunion : en 2020, 84 nourrissons sont décédés avant leur premier anniversaire, soit 6,6 décès pour 1 000 enfants nés vivants. Ce taux est presque deux fois plus élevé qu’en métropole (3,5 ‰). Cela pourrait s’expliquer par des conditions socio-économiques moins favorables sur l’île, davantage de facteurs à risque pesant sur les grossesses, et une entrée plus tardive des femmes enceintes dans le parcours de santé prénatale.

La mortalité infantile ne baisse plus à La Réunion depuis le début des années 1990, tandis qu’elle est stable en métropole depuis 2005. Elle y est cependant un peu moins élevée que dans les autres DOM : 7,5 ‰ en Guadeloupe, 7,2 ‰ en Martinique, 9,5 ‰ à Mayotte et 8,2 ‰ en Guyane. Une forte baisse des mariages en lien avec la crise sanitaire

En 2020, le nombre de mariages diminue fortement à La Réunion (- 30 %), comme en métropole (- 31 %). Les restrictions liées à la crise sanitaire de la Covid-19 ont naturellement fortement pesé sur ‘organisation des mariages. En effet, les célébrations de mariages ont été interdites durant le confinement de mars à mai, puis autorisées, mais avec une stricte limitation du nombre d’invités. De nombreux mariages ont ainsi été annulés et des projets de mariages reportés.

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