La (possible) réforme de la Loi Littoral inquiète les défenseurs du domaine maritime

photo RB imaz press reunion

Un conseiller municipal du Lavandou (Var), Jean-Laurent Felizia, a lancé une pétition pour lancer le message suivant aux élus : "Ne touchez pas la Loi Littoral". Pour rappel, cette loi votée en 1986 est en passe d’être modifiée. Dans le cadre du projet de loi sur l’Evolution du logement et de l’aménagement numérique (Elan), des députés LREM ont déjà déposé des amendements visant à assouplir la Loi Littoral. Des amendements qui n’auraient aucun impact sur notre territoire réunionnais et notamment sur les paillotes de l’Ermitage tant controversées, selon Karl Bellon, porte-parole du collectif de défense du DPM (Domaine public maritime).

A l'heure actuelle, plus de 363 000 personnes ont d'ores et déjà signé la pétition mise en ligne par l'écologiste du Lavandou. Une pétition qui devrait être adressée au président de la République ainsi qu'au ministre de la Transition écologique et solidaire. 

Qui a signé la pétition?

Parmi les signataires, on compte plusieurs personnalités publiques telles que le photographe-reporter, Yann Arthus-Bertrand, l'écrivain et navigatrice, Isabelle Autissier, le président de la Fondation pour la nature et l'homme, Nicolas Hulot ou encore la cinéaste Coline Serreau.

Dans son dernier post, Jean-Laurent Felizia avertit la population : "en plein mois de juillet, alors que les français(es) sont déjà en vacances, les sénateurs s’apprêtent à toucher en catimini à la Loi Littoral. En effet, la loi Elan, votée en première lecture le 12 juin dernier à l’Assemblée Nationale avec des amendements touchant déjà à la loi Littoral, doit être examinée jusqu'au 20 Juillet au Sénat."

Parmi ces amendements, on note l'assouplissement de la possibilité de construire dans "les dents creuses" : ces parcelles vides situées entre deux bâtiments construits dans un même hameau en bord de mer. Et ce, pour améliorer l'offre de logement et l'implantation de services publics. 

"Faire barrage"

Ce mercredi 18 juillet 2018, la Haute assemblée a examiné les articles du projet de loi Elan consacrés à l'assouplissement de cette Loi Littoral. Et il semblerait qu'ils veuillent aller plus loin que les députés. En autorisant la construction d'installations nécessaires aux cultures marines et à leur valorisation  locale, dans des espaces proches du rivage. 

"Là encore, les sénateurs essaient d’en rajouter une couche en proposant de nouveaux amendements aggravant les atteintes à cette loi soutenue par plus de 90% de nos concitoyens" prévient le conseille municipal qui clame : "Mobilisons-nous encore pour faire barrage à cette nouvelle tentative d’atteinte à la Loi Littoral".

Pour ce faire, il conseille aux citoyens d'interpeller leurs sénateurs "pour qu'ils votent contre ces amendements".

Peu de conséquences chez nous

Karl Bellon, porte-parole du collectif réunionnais de défense du DPM, a lui aussi signé cette fameuse pétition. Néanmoins il l'affirme : "si cette Loi Littoral est modifiée, il n'y aura pas beaucoup de conséquences chez nous".

Il ajoute : "il s'agit de boucher les dents creuses : des espaces urbanisées avec des trous. Dans le cadre de la protection du littoral, ça ne changera pas grand chose car tout est déjà construit autour".

Selon Karl Bellon, ça n'aura que peu d'incidence sur le territoire réunionnais car "il n'y a pas vraiment de dents creuses ici". Néanmoins, il s'inquiète : "dès qu'on touche à la loi, il y a toujours possibilité de dévier".

"D'après moi, ces amendements ne passeront pas" conclue le défenseur local du DPM.

sw/www.ipreunion.com (mis en ligne à 3h le vendredi 20 juillet 2018 - actualisé à 6h28)

mots clés de l'article : assemblée , Sénat , loi , littoral , La Réunion , pétition , sénateurs , députés , Actus réunion , Actus Reunion

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