Opération de comptage en cours

La Grande Chaloupe : des geckos verts pour sauver la forêt sèche

Photo Fany Rivière

Dès lundi 29 octobre 2018, une équipe du Parc National va aller effectuer un premier comptage de geckos sur les hauteurs de La Grande Chaloupe. En effet, en mai dernier, 50 spécimens de geckos verts de Bourbon, capturés à la Plaine d’Affouches, y ont été transportés pour réimplantation. Leur mission consiste à encourager la pollinisation et donc le renouvellement de la forêt sèche.

Trente femelles et vingt mâles geckos verts de Bourbon ont donc élu domicile sur les hauteurs de La Grande Chaloupe depuis mai 2018. Les lieux avaient été préparés pour eux depuis déjà quelques mois : des nichoirs artificiels avaient été installés fin 2017, la forêt avait été dératisée pour protéger la réimplantation.

Le but de la réimplantation de cette espèce endémique est de renouveler cette partie de forêt. A l’origine, c’est à dire lorsque l’île a été colonisée il y a quatre siècles, la forêt sèche représentait près de 57 000 hectares. Aujourd’hui, la forêt sèche se réduit à 1% de cette superficie. Il était nécessaire d’agir pour encourager la repousse des arbres. 

Un programme de 180 000 arbres plantés

Le projet de renaissance de la forêt sèche s’articule autour d'une mise sous contrôle des espèces exotiques envahissantes (EEE), considérées comme les principales menaces de la pérennité de la forêt semi-sèche. Déjà, entre 2009 et 2014, 100 000 arbres ont été plantés dans le cadre d’un précédent programme, Life+ Corexerun. Le volet suivant, Life+Forêt sèche, piloté par le Parc national de La Réunion avec le soutien du Conservatoire du littoral, de la DEAL, de la Région, du Département de La Réunion et de l’Europe, prévoit 80 000 arbres supplémentaires d’ici 2020 pour permettre à une jeune forêt de voir le jour.

Le rôle essentiel du gecko

Parallèlement aux plantations, le Parc National s’attache à restaurer les interactions faune-flore pour faciliter la régénération de cette forêt. Et c’est là que le gecko vert de Bourbon entre en scène. " La réintroduction du Gecko vert de Bourbon en particulier doit contribuer à la restauration de l’ensemble des fonctionnalités de la forêt semi-sèche. Cette espèce indigène, dont des traces ont été retrouvées sur le site de la Grande Chaloupe, constitue un pollinisateur probable des arbres de la forêt semi-sèche dont il apprécie le nectar et les fruits, tels que le mazambron marron ou le Petit Vacoa ", souligne Anouk Titeau, chargée de mission. .

Un comptage du taux de survie puis des naissances

Début novembre, une équipe du Parc National va passer une quinzaine de jours dans la forêt sèche pour effectuer des comptages de la population de geckos verts réimplantés. " Nous n’avons pas d’objectifs à atteindre en terme de population, nous allons observer et compter les geckos à l’aide de caméras et de feuilles avec encres pour suivre les empreintes des reptiles ", explique Anouck Titeau, chargée de mission.

Comment compter des geckos ? "Par photo-identification, un outil essentiel car chaque gecko présente des taches uniques, comme une sorte d'empreinte ADN", explique la chargée de mission. Le but est déjà de noter le taux de survie. Un prochain comptage en avril recensera les naissances. "Les comptages sont effectués tous les six mois pour la première année, ensuite une seule fois par an", conclut Anouck Titeau.

ml/www.ipreunion.com

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