Ils sont 800 dans l’île

L’Université de La Réunion n’augmentera pas les frais d’inscription des étudiants étrangers

photo RB imaz press reunion

Le 19 novembre dernier, le Premier ministre dévoilait le plan "Bienvenue en France", un plan censé relancer l’attractivité des établissements français pour les étudiants étrangers. Et quoi de mieux que de multiplier les frais d’inscriptions par dix pour donner envie à ces étudiants étrangers de venir apprendre en France ? La mesure fait polémique mais pour Édouard Philippe, rien de paradoxal " les étudiants internationaux qui ne résident pas dans l’Espace économique européen paieront des frais d’inscription correspondant approximativement au tiers du cot réel de leur formation". La Réunion, l’université accueille environ 800 étudiants étrangers, à quelle sauce vont-ils être mangés à la rentrée prochaine ?

Qui sont les étudiants concernés ?

La mesure ne s’applique pas à tous les étudiants étrangers. Ne sont concernés que ceux que l’on appelle "étudiants internationaux extra communautaires" un terme barbare qui désigne en fait les étudiants non européens.

Justement, à La Réunion, ces étudiants qui viennent de pays hors espace économique européen représentent 60% de l’effectifs des étudiants étrangers. Ils viennent, pour la plupart de la zone océan indien : de Madagascar, de Maurice, des Comores. Ce sont les trois nationalités les plus représentées.

Toutefois, il y a des exceptions à cette mesure : les étudiants réfugiés, demandeurs d’asile, résidant en France depuis un certains nombre d’années, ceux issus de pays qui ont un partenariat avec le gouvernement français comme la Suisse ou le Canada… sont exemptés donc pas touchés par cette hausse spectaculaire des frais d’inscription.

De quel montant seront leur frais d’inscriptions ?

Parler de droits d’inscription multipliés par dix n’est pas exagéré, bien au contraire : le tarif pour une inscription en licence passerait de 170 euros actuellement à 2.770 euros. Pour une inscription en master, de 240 euros l’année aujourd’hui à 3.700 euros.

Quelle est la position de l’Université de La Réunion sur la question ?

Le plan "Bienvenue en France" permet aux établissement d’enseignement supérieur de pratiquer leurs propres exemptions. L’Université de La Réunion a choisi de ne pas pratiquer cette hausse des frais d’inscription pour rester en cohérence avec sa "politique d’internationalisation" et respecter le principe d’équité entre les étudiants.

En décembre dernier, une motion a été voté par le Conseil d’Administration de l'établissement. "Cette motion permet d’exonérer partiellement les étudiants internationaux non communautaire comme le permet la loi" explique Anne-Françoise Zattara-Gros, la vice-présidente Relations internationales et coopération régionale de l’Université. " Les étudiants non européens paieront des frais d’inscription du même montant que les étudiants français, développer l’internationalisation de l’Université de La Réunion est l’un des piliers de notre faculté" poursuit Anne-Françoise Zattara-Gros.

Que l’Université de La Réunion rayonne, notamment dans la zone Océan indien est effectivement l’un des fers de lance de la structure. En exemptant les étudiants non européens, la faculté fait tout de même une croix sur une jolie somme : "dans l’établissement, 300 étudiants étaient concernés par cette mesure, après calcul, nous avions estimé les recettes à quasiment un million d’euros" mais le conseil d’administration a choisi de rester droit dans ses bottes en donnant à ces 300 étudiants la même chance d’apprendre au sein de son établissement qu’au 15.200 autres étudiants.

Quel impact aura la position de l’Université de La Réunion

Anne-Françoise Zattara-Gros affirme que la décision du Conseil d’administration n’est pas intéressée "il est trop tôt pour mesurer l’impact du choix que nous avons fait". Et si l’Université de La Réunion souhaitait rester attractive face aux autres établissements voire même attirer de nouveaux étudiants ? Une hypothèse que Anne-Françoise Zattara-Gros balaie d’un revers de main "nous sommes en constante augmentation de flux entrant et sortant, l’université n’est pas à la peine" coupe la vice présidente Relations internationales et coopération régionale de l’Université en insistant sur les bienfaits liés à l’accueil d’étudiants étrangers.

La position des autres Universités française

Pour le moment, la plupart des Universités françaises ne se sont pas encore prononcées sur le sujet. Elles ont jusqu’à avril prochain pour se positionner.

Les objectifs du plan "Bienvenu en France"

Même si l’Université péi n’a pas accepté d’appliquer cette mesure, Anne-Françoise Zattara-Gros met en avant l’utilité du plan "Bienvenue en France" "il faut le voir dans sa globalité et ne pas s’arrêter à cette mesure." affirme-t-elle.

Le projet du gouvernement est ambitieux, passer de 300.000 étudiants étrangers à 500.000 d’ici 2027. Pour atteindre cet objectif, la stratégie nationale d’attractivité s’appuie sur deux nouveaux outils: un fonds d’amorçage doté de 5 millions d’euros sera mis en place dès 2019 par le Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, afin de soutenir l’émergence de projets de formation construits en commun par des établissements français et étrangers, en prenant en compte les besoins particuliers des sociétés et du marché du travail dans les pays considérés. Un fonds de soutien doté de 20 millions d’euros par an à compter de 2020 sera créé par l’Agence française de développement, afin de soutenir la montée en puissance des projets. Il prendra ainsi le relai du travail d’amorçage et donnera une visibilité financière pluriannuelle aux établissements ou alliances d’établissements engagés dans de tels projets.

Pour pallier cette hausse des frais d’inscription, le gouvernement compte tripler le nombre de bourses pour les étudiants non européens en passant à 15.000 bourses accordées à des étudiants de nationalité horsEspace économique européen.

fh/www.ipreunion.com

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