Obligatoire depuis 2008 en cas d’accident

L’incroyable histoire d’un petit gilet jaune devenu symbole d’une grande cause

Photo RB/Imaz press Réunion

Au départ, ce petit vêtement de sécurité a pour but de renforcer la visibilité d’une personne se déplaçant sur un chantier ou à proximité d’une route. Ainsi a-t-on l’habitude de voir les personnes chargées de surveiller les sorties d’école ainsi vêtues, les policiers aussi le revêtir quand ils doivent réguler la circulation. Et depuis 2008, il est désormais obligatoire en France pour tout automobiliste. En 2016, les deux, trois ou quatre roues motorisées non carossées ont rejoint le bataillon des assujettis au gilet de sécurité. Et depuis septembre 2016, les cyclistes et cylomotoristes doivent l’enfiler hors agglomération la nuit ou par temps de brouillard. Fermez le ban ! Un petit gilet tellement banal que tout le monde le connaissait sans jamais en parler. Mais ça... c’était avant !

C'est l'Italie qui a ouvert le bal en 2004 en exigeant un gilet de sécurité vert, orange ou rouge, mais surtout pas jaune. L'Espagne et le Portugal, puis l’Autriche ont suivi en 2005 en laissant le choix des couleurs, ainsi que la Belgique en 2007 et enfin la France et le Luxembourg en 2008.

En France, une campagne de publicité (2.877 affiches dans 110 villes et des spots radio) lancée par la Sécurité routière française du 18 au 24 juin 2008 avait fait appel à une bête de mode pour servir de top model, le couturier Karl Lagerfeld. Ce VIP haute-couture annonçait clairement la couleur sur les placards publicitaires : "C'est jaune, c'est moche, ça ne va avec rien mais ça peut vous sauver la vie".

Dix ans après cette élégante campagne de pub, le gilet jaune s'offre un retour de notoriété bien plus spectaculaire -et sans VIP à l'affiche- en devenant le symbole du ras le bol de tout un peuple. Ras le bol salutaire "qui peut vous sauver la vie", comme le disait en 2008 le très stylé Karl Lagerfeld, sans savoir combien son propos était de circonstance.

Le gilet jaune doit bien réfléchir

Quelle qu'en soit la couleur, le petit gilet de sécurité doit être aux normes euroépennes. Eh oui, même pour ça, l'Europe a son mot à dire : il doit être conforme à la réglementation ISO 20471:2013. Le marquage CE est en effet obligatoire pour attester des qualités rétro-réfléchissantes de ce petit gilet pour qu’il soit certifié “haute visibilité”. En 2018 sur les barrages, il n'y a pas de doute, le gilet jaune réfléchit bien....

Il ne compte pas toujours pour des prunes

Selon la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes, le petit gilet de sécurité doit être fluorescent, de couleur jaune, vert, rose, rouge, jaune-vert, jaune-orange, ou orange-rouge ou orange ; il doit également posséder une capacité de rétroréflexion. Et ce petit gilet, sans prétention, peut aussi vous valoir quelques ennuis si vous négligez de lui faire prendre l'air en cas de besoin : "En cas de non port du gilet lorsque requis, une contravention de 4e classe peut être dressée et si le gilet n'est pas disponible dans le véhicule ou sur le cycle, cela peut faire l'objet d'une contravention de 1re classe".

Vous pensiez que le petit gilet jaune comptait pour des prunes ? C'est le cas ! Le montant de l'amende de première classe, c'est 11 euros (si vous n'en disposez pas dans votre véhicule), celui de l'amende de quatrième classe, c'est 135 euros (si vous quittez votre véhicule ou descendez de votre moto sur la chaussée sans l'avoir revêtu).

Mais le petit gilet de sécurité jaune étant par définition polyvalent à en juger par les différents terrains sur lesquels chacun fait appel à ses services, le gouvernement serait bien avisé, estiment ceux qui l'ont revêtu depuis le 17 novembre 2018, de comprendre que leurs reventications, pour le coup, ne comptent pas pour des prunes !

ml/www.ipreunion.com

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