Une dépendance parfois problématique

L’addiction aux jeux vidéo classée comme maladie par l’OMS

photo AFP

L’Organisation mondiale de la santé a officiellement reconnu l’addiction aux jeux vidéo comme une maladie. Une décision qui ne plaît guère aux acteurs du secteur, mais l’OMS a tranché. La précédente classification faisait simplement état d’une "pathologie". Même si ce type de comportement extrême reste rare, ceux que nous avons interrogés nous font part malgré tout concernant leurs proches d’une dépendance aux jeux vidéo qui est bien souvent problématique. (Photo d’illustration rb/www.ipreunion.com)

Selon l’OMS, l’addiction aux jeux vidéo correspond à "une perte de contrôle sur le jeu, au point que celui-ci prenne le pas sur d’autres centres d’intérêt et activités quotidiennes".

L’organisme ajoute que cette maladie se définit par une "pratique croissante du jeu en dépit de répercussions dommageables". Ceux que nous avons interrogés le confirment, comme Marion qui voit son petit frère passer des heures sur ses jeux. "Dès qu’il sort de l’école, en vacances, matin et soir il est tout le temps sur ses jeux vidéo. Il ne fait jamais ses leçons. Ma mère lui dit souvent d’éteindre mais il trouve toujours le moyen de se remettre à jouer".

"Une manière de calmer les enfants"

Le problème des jeux vidéo passe par l’omniprésence des écrans et autres supports numériques dans notre société. Yannick, vendeur dans un magasin multimédia, nous explique que beaucoup de parents choisissent la facilité… "J’en vois énormément malheureusement qui achètent des tablettes pour calmer leurs enfants. Je les préviens que ce n’est pas forcément la meilleure des solutions, mais eux me répondent qu’ils ne peuvent pas faire sans."

Une mauvaise habitude, qui peut rendre les jeunes enfants agressifs. Une maman nous explique notamment avoir dû faire face à une pluie d’injures de la part de son fils de 7 ans, qui n’a pas aimé se voir retirer la tablette de ses mains lors d’un voyage en train. "Il hurlait, pleurait, me disait qu’il me détestait… les gens dans le wagon nous regardaient de manière étrange. Une vraie crise de nerfs."

Ce type d’attitude reste rare mais de fait la technologie prend parfois le dessus. Gérald, lui, s’amuse à faire faire des multiplications à sa petite-fille quand elle joue, "pour lui rappeler qu’il faut rester vigilant sur l’éducation, et qu’il n’y a pas que les jeux vidéo dans la vie".

Un débat de longue date

Dans la classe scientifique, tout le monde n’est pas d’accord pour qualifier la dépendance aux jeux vidéo de "maladie", certains considérant que le mot est trop fort. Elle ne concerne d’ailleurs que ceux dont le comportement "peut entraîner une altération du fonctionnement personnel". Tout dépend du niveau de dépendance.

Le monde du jeu vidéo de son côté a appelé l’OMS à revoir son jugement, invoquant un manque de preuves. La nouvelle version du document de référence n’entrera de toute façon en vigueur qu’au mois de janvier 2022.

les prénoms ont été changés

mm/www.ipreunion.com

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