Journée de la femme : les années se suivent et se ressemblent

photo imaz press reunion

On pensait qu’il y aurait un avant et un après 2017. Après le scandale Weinstein et les hashtag #Metoo ou #BalanceTonPorc, la parole des femmes s’est libérée. Cinq mois après la naissance du mouvement global de dénonciation des violences sexistes et sexuelles, la journée du 8 mars 2018 aurait pu marquer un tournant. Il n’en sera rien.

On a coutume de dire que les jours se suivent et ne se ressemblent pas. Pour être en totale transparence avec vous lectrices et lecteurs, la rédaction a pensé l’espace de quelques minutes ne rien faire de particulier sur ce 8 mars, célébrant la journée internationale de la femme. Pourquoi ? Parce que les années se suivent et se ressemblent. Chaque année les choses sont dites, mais rien ne bouge. 

Alors finalement, c’est à moi, un homme, que revient la mission d’érire cet article.

Rappelez-vous, l’année 2017 avait pourtant laissé derrière elle quelques signes d’espoir. D’abord, avec l’affaire Weinstein aux Etats-Unis devenue symbole d’une révolte planétaire. Au travers des hashtag #Metoo ou encore #BalanceTonPorc, ce sont de lourds secrets qui se sont révélés au grand jour pour lutter contre le harcèlement et les abus sexuels. Un scandale coïncidant avec d’autres événements au-delà des frontières américaines.

En septembre dernier, l’Arabie saoudite, dernier pays au monde interdisant aux femmes de conduire, annonçait qu’elles pourraient prendre le volant à compter de juin 2018, afin de favoriser leur accès au marché du travail. Dans la même région du monde, les femmes tombaient le voile en Iran. Alors que la loi en vigueur depuis la révolution islamique de 1979 impose aux femmes de sortir tête voilée et le corps couvert d’un vêtement ample plus ou moins long, un mouvement est né depuis décembre dernier en signe de contestation de l’autorité.

- Et les problèmes sont toujours là -

Malgré toutes ces manifestations nécessaires de surface, la société ne semble pas changer en profondeur. Sur notre île en 2017, elles sont cinq Réunionnaises à avoir succombé aux violences de leurs conjoints. Un déferlement de violence qui alourdit chaque année le décompte morbide de ces femmes tuées par celui qui partage ou partageait leur vie. En parallèle, aucune solution ne semble être suffisamment viable pour stopper ces dramatiques événements. Sensibilisation, numéro vert, libération de la parole sur les réseaux sociaux ? Rien qui n’entrave la sauvagerie soudaine, inattendue et meurtrière.

En 2017, à La Réunion et ailleurs, des femmes continuent de souffrir quotidiennement en silence. De l’obligation - pour certaines -, du port du voile, aux inégalités salariales toujours bien présentes. Pour rappel, le rapport annuel du Forum économique mondial de 2017 indiquait qu’au rythme actuel, les inégalités entre les hommes et les femmes au travail ne disparaîtront pas avant 2234, alors que l’an dernier, elle avançait un horizon de 170 ans pour atteindre cet objectif. Pour la quatrième année consécutive, le fossé entre les genres dans le domaine de l’emploi s’est en effet creusé, rejoignant le niveau de 2008, note le rapport.

De nombreux événements sont organisés cette année encore sur le département pour cette journée du 8 mars. Parmi eux, la Cité des Métiers qui propose "une semaine de la mixité" autour de cette journée intitulée : "En 2018, les métiers n’ont plus de sexe". En 2018, il est donc encore nécessaire d’expliquer à la nouvelle génération qu’il n’y a pas de "métier d’homme" ou de "métier de femme". Un constat accompagné d’un chiffre : en France aujourd’hui, seuls 12% des métiers seraient mixtes. Un bien triste révélateur des progrès qui attendent le pays.

hf/

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