Où sont les cétacés ?

Il est trop tôt pour dire que la saison des baleines est finie

photo imaz press reunion

C’est un fait : on voit très peu de baleines en ce moment... La saison 2019 aura été beaucoup moins riche que les deux années précédentes. Si certains clubs de plongée estiment que la saison est déjà terminée, Globice tempère : il est encore trop tôt pour le dire et techniquement, on croise encore quelques baleines dans l’océan. Preuve en est avec la pose d’une balise Argos sur l’une d’entre elles ce mardi 3 septembre. Certes il est compliqué d’apercevoir les cétacés depuis environ deux semaines, mais qui sait... elles peuvent toujours revenir et ce jusqu’en octobre. Rien n’est impossible. (Photo d’illustration rb/www.ipreunion.com)

On aperçoit actuellement très peu de baleines, et certains clubs ou plaisanciers s'inquiètent de voir la saison finir particulièrement tôt cette année... saison qui a déjà mis du temps à démarrer. Selon Jean-Marc Gancille, à la communication de Globice (Groupe local d'observation et d'indentification des cétacés), c'est effectivement "une saison en demi-teinte... mais ne parlons pas trop vite, ce n'est pas terminé, les baleines peuvent toujours réapparaître courant septembre voire au mois d'octobre !"

Les conditions en mer sont pourtant redevenues bonnes, après les quelques trains de houle vécus en juillet et en août, empêchant les curieux de prendre le large pour aller observer les cétacés. Mais les baleines, plus que jamais, se font discrètes.

S'il est trop tôt pour définir le nombre de cétacés photo-identifiés cette année, Globice peut déjà affirmer qu'il sera bien en-dessous des années 2018 et 2017, exceptionnelles en tout point. "Ce n'est pas une saison 'pourrie' pour autant, on est déjà au-dessus des années 2015 et 2016" explique Jean-Marc Gancille. "D'habitude la courbe d'une saison est en cloche, avec un pic. Cette fois c'est beaucoup plus aléatoire..."

Un phénomène étendu à l'océan Indien

Un point important, cependant, pour lui : la faible présence des baleines cette année n'est pas spécifique à La Réunion. "C'est un phénomène observé partout dans l'océan Indien, au Mozambique, à Sainte-Marie, au Kenya..."

Pourquoi cette tendance ? Certaines hypothèses sont sur la table mais des études pourraient menées sur le sujet... Cela pourrait être lié à la disponibilité du krill dans les eaux froides de l'Antarctique, en plus faible quantité à cause du réchauffement climatique. "Si c'est avéré, certaines baleines pourraient donc manquer d'énergie pour la migration" explique Jean-Marc Gancille.

L'association devait poser 15 balises Argos afin de suivre les migrations des cétacés à travers le projet MIROMEN II. "Ça s'annonce plus compliqué que prévu", admet Jean-Marc Gancille. "On a réussi à en poser une ce mardi 3 septembre, ce qui signifie qu'il reste encore des baleines. Mais on arrivera pas à en poser 15..." Les bénévoles espèrent poser encore quelques balises mais l'objectif premier risque en effet d'être dur à atteindre. En attendant, on peut suivre le trajet de la femelle sur laquelle a été posée la première balise sur ce lien.

De même, les groupes Facebook créés spécialement pour répertorier les lieux où des baleines ont été aperçues sont devenus beaucoup plus silencieux depuis quelques temps. "C'est ça la vie sauvage, c'est imprévisible", relativise Jean-Marc Gancille.

mm / redac@ipreunion.com / www.ipreunion.com

mots clés de l'article : mer , océan , baleines , cétacés , saison , observation , balises , actualités de la réunion , globice , Actus Reunion , Identification

suivez-nous