Réunion vendredi 14 février 2020
Débrayage au Centre hospitalier du sud

Grève du personnel soignant : "on ne veut pas d’une santé à deux vitesses"

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"L’hôpital public est en danger". C’est ce que répètent inlassablement les syndicats depuis des mois, à La Réunion comme en métropole. Ce vendredi 14 février 2020, les syndicats seront donc réunis devant les locaux du Centre hospitalier universitaire (CHU) de Saint-Pierre pour alerter, une nouvelle fois, le gouvernement. 30 chefs de services présenteront donc leur démission symbolique pour protester contre les conditions de travail du personnel soignant lors d’un débrayage organisé à 11 heures devant les locaux du CHU. (Photo d’illustration rb/www.ipreunion.com)

En ce vendredi, ce sont au total 99 collectifs inter-hôpitaux qui se sont formés partout en France, ici comme dans l'Hexagone. Un objectif : prévenir la casse de l'hôpital public, alors que des suppressions de lits et de postes continuent de frapper les différents CHU. La date n'a d'ailleurs pas été choisie par hasard. "En ce jour de Saint-Valentin, nous voulons déclarer notre amour pour l'hôpital public" explique Véronique Boisson, médecin en réanimation au CHU de Saint-Pierre. Les conditions se dégradent toujours plus selon elle, dans le métier depuis plus de vingt ans. "Cela fait dix ans qu'on alerte sur les restrictions qui nous sont imposées, on ne peut pas altérer la qualité des soins apportés pour faire des économies" s'indigne la soignante. Les syndicats dénoncent par ailleurs une automatisation de leur travail, avec une vision clientéliste des patients aujourd'hui. "On exige une baisse des déficits, alors on supprime du personnel, des places, et on se retrouve dans une situation ubuesque où on établit le nombre de lits et de soignants en fonction d'un budget et plus en fonction des besoins de la population" souligne Véronique Boisson.

Une "santé à deux vitesses" Les revendications sont nombreuses :

- Un exercice budgétaire de l’hôpital en 2020 à l’équilibre avec un correctif de 600 millions d’euros supplémentaires, en plus des 200 millions prévus par le nouveau plan hôpital du gouvernement. (300 millions annoncés moins les 100 millions attribués aux EPHAD).

- Une révision profonde du mode de financement afin d’appliquer la règle du juste soin pour le patient, au moindre coût pour la collectivité, par des prescriptions et des actes pertinents au lieu de ne rechercher que les activités rentables pour l’établissement.

- Une modification du mode de gouvernance impliquant plus les soignants tout corps de métiers confondus et les usagers dans les décisions de l’hôpital en sortant de la " loi HPST : Hôpital Patient Santé et Territoire".

- Un plan " attractivité " pour les hôpitaux avec notamment une revalorisation significative des salaires des paramédicaux et des jeunes médecins au niveau régional, ainsi qu’une revalorisation du coefficient géographique de 4 points

A noter que la France se place aujourd'hui 26ème de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) en matière de salaire pour cette profession. "L'hôpital public est en faillite, on ne veut pas d'une santé à deux vitesses, et pourtant c'est exactement vers cela que nous nous dirigeons" conclut Véronique Boisson. as / www.ipreunion.com / redac@ipreunion.com

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