Musique

Grèn Sémé au Bisik : moment d’éternité contre front froid et alizés...

Photos : Bisik

Ce samedi 2 novembre 2019, le Bisik a vibré une fois de plus sur les pulsations du monde avec Jad’ et son maloya électro polymorphe et Grès Sémé, et son rock écorché et sensible. Une explosion de rythmes enfiévrés et de créations engagés... Une soirée à la beauté flagrante qui restera dans les mémoires des nombreux spectateurs venus partager ce moment d’éternité contre front froid et alizés... Nous publions ci-dessous le communiqué du Bisik. (Photos : Bisik)

"La promesse était belle et rien ne pouvait s’opposer à la nuit, ni front froid, ni alizés venus troubler ce début d’été austral sur notre île… Comme promis, donc, la rencontre alternative a bien eu lieu hier soir au Bisik. Un rendez-vous hors des sentiers battus, mais jamais hors-sol, entre un public nombreux et avide de découvertes et Jad’, sylphide indocile du maloya électro, puis Grèn Sémé, producteurs impavides d’un slam-rock engagé et poétique…

Accompagnée d’Alain Hoarau, c’est Jad’ qui ouvrait cette soirée avec grâce et élégance.

La jeune femme aux influences multiples embrase la scène sans complexe. Un fonnkèr pour ouvrir son set éclectique… " Détak " pour redonner confiance en eux aux spectateurs timides qui découvrent cette artiste, adepte des kabars. Spontanée et naturelle, Jad’ enchaîne ses créations électro-maloya avec une signature vocale unique qui résonne dans la nuit.

Elle invoque le public et convoque les esprits de la musique avec passion. Elle chante et alterne les performances aux machines, kayamn et triangle… ses titres world, " Mama ", " Sort dan Fénwar " Oukilé "… séduisent et la virtuosité d’Alain Hoarau au clavier drape ces mélodies dans une joyeuses insolence.

Un titre Neo Soul d’Alain Hoarau, " The firts one ", pour métisser encore cette proposition originale, vient exciter les corps… et le public danse encouragé par l’artiste…

Impossible pour Jad’ qui revendique son extraction des sound systems de ne pas conclure sur un reggae, " convaincue " d’avoir rassemblé les spectateurs et offert une magnifique prestation contre front froid et alizées…

Poésie Rock et slam en apesanteur

Mené par Carlo de Sacco, " formidable maître de transe et rocker citoyen " comme le qualifie Télérama, c’est Grèn Sémé qui prend la suite de cette soirée décidément enragée !

Slam nerveux, poésie rock, maloya alternatif ou évolutif… Difficile de trouver un raccourci pour parler de la musique de Grèn Sémé… et finalement tant mieux ! Pourquoi en effet ne pas prendre le temps de profiter pleinement de cette formation atypique qui poursuit sa balade en apesanteur dans le village musical global avec brio depuis 2013.

Venu présenter au public son nouvel EP, " Poussière ", Michael Beaulieu, claviers, chœur, Bruno Cadet, guitare, chœur et Carlo De Sacco, chant, Kayamb, ont choisi pour cette aventure d’intégrer deux nouveaux membres à l’équipe. Germain Lebot à la batterie, aux percussions et aux chœurs, et Rémi Cazal aux synthétiseurs, à la programmation et aux chœurs.

Un nouveau voyage entre poésie rock, pulsations dub et rythmes ternaires où tout en douceur, les sonorités électro viennent ajouter de la profondeur, offrir de nouvelles perspectives aux productions du groupe.

Mais tout commence par " Hors Sol " un des titres phares du groupe, le titre éponyme de leur précédent album qui a marqué les esprits…

Les titres s’enchaînent avec les incontournables " Zamrosa ", " Ti Marik " " Zazakèl " mais aussi les nouveaux titres qui trouvent un écho immédiat auprès du public conquis. " Je serais là ", " Zénès " et " Poussière ", sans Gaël Faye hier soir, mais tellement puissant…

Les hallucinations auditives du dub, les ambiances street du slam ou la verve humaniste des poètes du rock français qui font l’essence de Grèn Sémé touchent au cœur. L’énergie et la sincérité des musiciens transcendent leur musique unique.

Le public danse, ondule tel une vague de bonheur à l’état bru traversée par Carlo et les siens au propre comme au figuré. Un tumulte conscient qui s’interroge sur autant de sujets sensibles qui agitent notre société et ça fait du bien…

Car Grèn Sémé c’est aussi une conscience poétique en butée aux mirages existentiels de la modernité, aux rêves sous blisters, aux imaginaires normalisés.

Une façon de regarder le monde tourner sur lui-même avec l’intelligence imprévisible et la force morale d’un gamin qui interpelle, interroge et rêve d’humanité.

Mauvaises graines, écorché et sensible, Grèn Sémé continue de bousculer le rock français sans renier ses racines maloya avec une soif de partage jamais étanchée…

Le concert touche à sa fin et c’est un " Maloya Gazé " qui le conclue après deux rappels enflammés.…

Merci à tous pour votre talent, votre enthousiasme, votre fidélité. Merci pour toutes ces belles émotions partagées et rendez-vous vendredi prochain, le 8 novembre, à partir de 20h avec Zanmari Baré et son maloya délicat et puissant et Ziad Daroueche, fier représentant du bluesrock comorien."

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