Réunion par La Réunion (IPR) , vendredi 20 août 2010 à 06:00

Franck Mességué : Le chantre du dépistage

image description
image description

Franck Mességué, le fils de Maurice Mességué, célèbre phytothérapeute, veut obtenir « un débat sur la généralisation du dépistage du Sida ». Plus précisément, il veut que le dépistage du Sida soit systématiquement proposé par le médecin. Après 18 années de combat dont 16 années dans l’ombre, l’homme a décidé de reprendre les actions médiatiques. Depuis ce mardi 16 août 2010 il a garé sa voiture devant la préfecture de Saint-Denis, avec seulement un litre d’eau et un kilo de fruits pour se nourrir. « Je tiens avec 60 calories par jour » dit-il (selon les critères de nutrition un homme a besoin de 2 200 à 2 600 calories par jour - ndlr). Il promet de rester là jusqu’à ce que le préfet accepte de le rencontrer.

C’est en 1991 que débute le combat de Franck Mességué, après la publication d’un rapport du Conseil national du Sida. Ce rapport souligne « l’utilité thérapeutique » des tests de dépistage. Dès lors, celui qui se définit comme un « aventurier idéaliste » prend sa plume pour écrire aux différents responsables politiques. Il plaide pour « la généralisation du dépistage systématiquement proposé à tous ». Ses courriers restant lettres mortes, il décide de médiatiser son action. En mai 1992 d’abord, il établit un record du monde de plongées consécutives en apnée dans la baie de Saint-Paul lors d’un « marathon pour le dépistage du Sida ».

En octobre 1992, il effectue une grève contre la faim de 60 jours devant le Parlement européen à Strasbourg. En mars 1993, il marche pendant 13 jours entre Clermont-Ferrand et le ministère de la Santé, à Paris, avec une croix de 30 kilos sur l’épaule. En juillet 1993, il fait une nouvelle grève de la faim et de la soif, de 10 jours. Sa dernière action se déroule de décembre 1993 à avril 1994. Il reste posté devant le ministère de la Santé à Paris pendant 122 jours avant d’être évacué manu militari. Malgré l’écho médiatique donné à ses actions, il n’obtient pas gain de cause.

Il est finalement interné à l’hôpital psychiatrique du Perray-Vaucluse (Epinya-Sur-Orge) après avoir menacé de se suicider. 26 jours plus tard, il en ressort et décide de « prendre du recul » en allant à Madagascar. Malgré tout, il poursuit son combat, dans l’ombre. Il envoie « des centaines » de courriers à différentes institutions. Il estime jusqu’ici avoir dépensé 50 000 à 70 000 euros en courriers. En vain.

Franck Mességué est revenu à La Réunion en novembre 2009. Voyant que « rien n’avait bougé depuis 18 ans », il a décidé de reprendre ses actions médiatiques. Le 27 juillet dernier, il s’est posté sur le coffre d’amarrage de la baie de Saint-Paul pour demander une nouvelle fois un débat sur la « généralisation du dépistage du Sida ».

Il a accepté de revenir à terre après un entretien en pleine mer avec les gendarmes. Selon Franck Mességué, les militaires ont promis que le préfet allait le rencontrer « bientôt ». Après 15 jours d’attente sans entretien, l’homme a décidé, le mardi 16 août, de se poster devant la préfecture, avec seulement un kilo de fruits et un litre d’eau pour se nourrir. « Je resterai là jusqu’à ce que le préfet accepte de me recevoir », prévient-il.

Mounice Najafaly pour www.ipreunion.com

mots clés de l'article : Photo du jour , Une , manifestation , sida , maladie , dépistage , franck mességué

Publicité
Publicité
Publicité

Ces articles pourraient aussi vous intéresser

Publicité

Liens commerciaux

Pourquoi acheter en ligne
image description Promos exclusives
image description Paiement 100% sécurisé
image description Livraison gratuite sous 72h
image description À vos cotés 24h/24
image description 14 jours pour changer d’avis