Réunion par Imaz Press, mardi 17 octobre 2023 à 09:48

Espace Banyan : La Cité des Arts accueille Bianca Bondi et son ode alchimique à La Réunion

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Passionnée d’écologie et d’ésotérisme, l’artiste sud-africaine Bianca Bondi propose jusqu’au 26 novembre, à la Cité des Arts, une installation spécifiquement pensée pour l’espace Banyan, en écho au territoire de l’île. La jeune alchimiste des temps modernes invite tout un chacun à un véritable travail d’introspection (Photos Laurent Lacat et Hugo Valera).

Words dissolve in water, c’est le nom de l’exposition signée Bianca Bondi, actuellement en cours jusque fin novembre à la Cité des Arts. La jeune artiste sud-africaine de 37 ans souhaitait rendre hommage à La Réunion qu’elle a découvert tout récemment, en s’y est immergeant pendant un mois, histoire d’en prendre le pouls, de découvrir son histoire et restituer le fruit de sa réflexion sous forme d’une installation, qui outre son caractère éphémère, pousse à la réflexion et à l’introspection, à travers des thématiques plus que d’actualité.

Dans son œuvre, Bianca, un brin chamane, sélectionne et collecte précieusement des objets chinés, jetés et issus de la nature, ayant une histoire et une vie antérieure, pour les "mettre en scène" et inciter les spectateurs à réfléchir à des problématiques contemporaines qu’elles soient environnementales, sociales et humaines.

Ainsi, cases en paille de vétiver, nids de béliers, branches, feuilles de palmiers et autres minéraux ont investi l’espace Banyan, plongé pour l’occasion volontairement dans la pénombre… Et si Words dissolve in water est, selon Bianca, tirée d’un rituel dans lequel on manifeste des mots qu’on écrit et qu’ensuite on détruit en les brûlant, il s’agit au-delà d’une invitation à vivre une expérience mettant l'accent sur l'interconnectivité, la fugacité, les cycles de la vie et de la mort à travers une ambiguïté évidente évoquant une vie non-humaine dans des lieux normalement investis par les humains (chambres, comptoirs, cuisines, tables à manger...).

"J’aime faire des œuvres de grande taille, très souvent en lien avec l’inconscient et dans lesquelles on s’immerge à travers des thématiques antagonistes, des dualités influencées par les théories de Carl Gustav Jung, notamment l’étude de ce qu’il a nommé l’âme ou les concepts d’inconscient collectif ou d’archétype", indique la jeune artiste qui dans sa pratique, est amenée à parcourir le monde d’où l’importance pour elle de passer du temps sur place et de comprendre les sensations d’une ville, d’un pays.

S’agissant de La Réunion, même si proposer un projet dans des délais très courts relevait du challenge, Bianca a donc anticipé en se documentant et une fois arrivée sur place, s’y est immergée pour en ressentir le pouls, trouver la thématique et la restituer sous forme de lettre ouverte.

"J’ai été très touchée et inspirée par cette forme de maison ancestrale et par toutes ces associations qui militent aujourd’hui pour défendre ce savoir-faire. J’ai donc choisi de proposer l’architecture de la case en paille dont je vois l’extérieur comme l’apparence du corps et l’intérieur comme le subconscient au travers d’objets un peu étranges et cristallisés".

Là où d’aucuns verraient Words dissolve in water comme un pont entre passé et présent, Bianca y voit davantage une archéologie du futur car au-delà de présenter cette construction du passé qu’est la case en paille cristallisée hors du temps, se pose la question de son devenir et de savoir comment protéger ce savoir-faire.

"Quand je qualifie cette exposition de lettre ouverte, c’est que selon moi l’art doit jouer sur les contextes des personnes présentes même si elles n’ont aucune connaissance de ce qu’elles voient ou de l’art tout court. Et même si mes œuvres sont éphémères, le plus important est de susciter le débat et que leur empreinte perdure dans le temps".

- Trois questions à Bianca -

L’art, une vocation ?

À la base, je n’ai jamais voulu être artiste mais pilote de ligne. Suite à une rupture, je suis partie seule à Paris et après 7 ans d’études dans une école d’art, dans l’optique de diriger plus tard un musée, je me suis orientée vers l’expression artistique. Il n’y a pas de secret, comme pour tout métier c’est beaucoup de travail, de talent mais surtout énormément d’investissement, de passion et de sacrifices. J’ai d’abord commencé par la peinture puis assez vite je me suis tournée vers ce qu’on appelle l’installation, des formes structurelles mais qui prennent en compte tout l’espace environnant.

Quelle est ta définition de l’art ?

C’est tellement difficile à définir ! L’art a surtout ce pouvoir incroyable de nous toucher hors des mots. Je le vois davantage comme de la poésie visuelle et c’est ce que j’essaie d’exprimer en proposant à chaque fois un autre espace temps.

Tes projets après La Réunion ?

Je suis de retour dans mon atelier parisien en vue de préparer deux expositions à venir, l’une à Madrid et l’autre à Dallas, au États-Unis.

Words dissolve in water de Bianca Bondi, espace Banyan à la Cité des Arts jusqu’au 26 novembre.

vw/www.ipreunion.com/redac@ipreunion.com

mots clés de l'article : culture , Actus Réunion

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