Circuit court des Outre-mer

Ekumen, le site qui met les produits ultramarins en avant

Photos : Ekumen

Les produits des Outre-mer sont-ils assez connus des Français de l’hexagone ? Pour Jean-Pascal Schaefer, la réponse est non. Ce Marseillais a donc décidé de lancer "Ekumen", un site qui cherche à valoriser et donner plus de visibilité aux produits ultramarins, notamment ceux de La Réunion. Vanille, épices, thé, et même tee-shirts... les produits sont onéreux mais issus du circuit court laissant une plus grosse marge aux producteurs.

L'idée de créer Ekumen a germé l'année dernière. Jean-Pascal Schaefer, qui vit aujourd’hui à Marseille, connaît bien La Réunion puisqu'il est marié à une Réunionnaise et l'un de ses deux enfants est né à Saint-Paul. Sa mère, qui vit à Saint-Pierre est aussi la fondatrice de l'Université pour tous. Après avoir travaillé sur plusieurs projets bio sur l'île, il se lance alors dans la valorisation des produits péi en métropole. Ekumen est ainsi lancé depuis le premier semestre 2019.

Le nom "Ekumen" vient de la civilisation interplanétaire du même nom décrite par Ursula Le Guin, l’une des plus grandes auteures de science-fiction. Il s'agit de "communiquer instantanément d’un bout à l’autre de l’univers, en s’affranchissant de la vitesse de la lumière" explique Jean-Pascal Schaefer. Par ailleurs, "ecoumène" est également un mot de la langue française, d’origine grecque, qui désigne l'ensemble des terres occupées par l'Homme.

"Nous avons de formidables produits dans les Outre-mer, de très bonne qualité. Il faut mettre ça en avant !" nous dit celui qui en marre du "bio bidon". Par bio attention, il englobe le "produire responsable" sans arborer la fameuse étiquette verte pour autant. "Des producteurs, réunionnais notamment, n'ont pas le label bio mais leurs produits le sont quand même. Il y a finalement plein de paramètres à prendre en compte".

Autre motivation : ne pas tomber dans le "bio produit par des ouvriers esclaves" comme ce qui se passe selon lui sur certaines exploitations italiennes ou espagnoles. "Je veux mettre l'humain au centre, ainsi que la qualité des produits et le respect de l'environnement". Trois axes au coeur de son projet.

Une vingtaine de producteurs

A l'heure d'aujourd'hui Ekumen est approvisionné par une vingtaine de producteurs issus des Outre-mer pour plus de 120 produits référencés. Parmi les producteurs, beaucoup de Réunionnais. C'est le cas du Jardin des parfums et des épices ou de producteurs indépendants comme Maryse Mounier, qui privilégie un maraîchage péi sain.

Thé blanc, curcuma-mère, vanille givrée, confitures péi… Les produits réunionnais ont du succès. Mais le textile a aussi sa place : les shorts de bain avec le drapeau réunionnais ont connu un démarrage très remarqué, selon le fondateur.

"Je m'attache beaucoup au contact avec les producteurs et au relai avec les clients, en écoutant leurs retours". Pour trouver les producteurs, cela passe parfois par le bouche à oreille, comme cette productrice en Martinique qui lui a été conseillée par une amie. Une fois l'accord donné afin d'intégrer la famille Ekumen, le producteur fixe ses propres prix, qui sont indiqués sur le site. "Nous récoltons environ 15% du prix, le reste va au producteur" affirme Jean-Pascal Schaefer.

L'enjeu de l'exportation

Selon le fondateur d'Ekumen, il est très difficile pour les producteurs ultramarins d'exporter leurs produits, pourtant de qualité. Parmi les projets futurs, il aimerait vendre de l'alcool venant des Outre-mer, comme le rhum antillais ou réunionnais. Problème : les frais de port sont incroyablement élevés. "On a quelques solutions pour limiter la casse, comme optimiser les poids en faisant moins de colis. On réfléchit aussi aux contenants, ceux en verre sont très lourds donc très coûteux en frais de port."

Cette dimension fait partie des points sur lesquels Jean-Pascal Schaefer veut travailler à l'avenir. Elle pourrait notamment aider à faire baisser les prix. Car pour l'instant, le projet Ekumen, louable, s'adresse à un public qui a les moyens d'acheter ces produits, au coût relativement élevé. C'est le cas pour le textile, mais aussi pour certains produits de luxe comme la vanille. Quand on veut consommer responsable, il faut bien souvent y mettre le prix.

mm / www.ipreunion.com / redac@ipreunion.com

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