Réunion mardi 19 mai 2020
Des stratégies sanitaires étonnantes

Distanciation sociale et règles d’hygiène... les abeilles avaient déjà tout prévu

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Depuis le début de la pandémie de Covid-19, un seul mot d’ordre : distanciation sociale. L’objectif est de réduire les contacts entre les personnes contaminées et les autres, afin de minimiser la propagation de la maladie. Mais si nous avons parfois bien du mal à appliquer cette stratégie, celle-ci est utilisée depuis longtemps dans la nature par les abeilles. Pour se protéger, ces petits insectes possèdent des dispositifs stupéfiants.

Les abeilles sont sujettes à de nombreuses maladies. Au contact de différents éléments pathogènes tout au long de la journée, elles sont rompues depuis bien longtemps à la vie en communauté. Les abeilles ont alors développé tout un arsenal de mesures pour se protéger des microbes et bactéries venues de l’extérieur.

- Propolis : La solution anti-microbes -

Premier secret des abeilles pour combattre les microbes : la propolis. C’est un peu le gel hydro-alcoolique des abeilles, en version bio. Récoltée sur les arbres résineux, la propolis est transformée par les abeilles, notamment à l’aide de cire, "elle sert de colle pour enduire l’intérieur de la ruche" précise Pascal, apiculteur à La Réunion.

Une attention toute particulière est accordée à l’entrée de la ruche. "Les abeilles ouvrières, sont en contact avec les différents agents pathogènes de l’environnement lorsqu’elles partent butiner. Lors du retour à la ruche, elles trouvent cette sorte de paillasson antimicrobien qu’elles doivent franchir chaque fois qu’elles entrent" poursuit-il. Cette méthode utilisée par les abeilles, c’est un peu comme se laver les mains quand on rentre à la maison. Ça limite la transmission des virus.

La propolis est une véritable barrière contre les bactéries "Si un intrus entre dans la ruche, les abeilles vont le tuer, mais ne pourront le dégager. Elles vont alors l’embaumer de propolis de manière à le momifier, afin de ne pas parasiter la ruche" indique Sébastien, apiculteur à La Réunion.

-Distanciation sociale-

Pour combattre microbes et virus, elles pratiquent depuis toujours une sorte de distanciation physique. Dans les colonies d’abeilles, ils existent différents groupes. Selon leur âge tous les insectes n’effectuent pas les mêmes travaux et ne sont pas positionnés au même endroit dans la ruche.

Les jeunes abeilles travaillent en général à l’intérieur de la ruche et donc n’en sortent pas. "Une abeille vit en moyenne 45 jours, les 21 premiers jours de leur vie les jeunes ne sortent pas. Elles entretiennent le couvain (lieu où se trouvent les larves - ndlr) nettoient le nid et nourrissent la reine" ajoute Sébastien.

l’inverse, les abeilles plus âgées sortent butiner. "Du 22ème jour jusqu’à la fin de leur vie les abeilles sortent récolter du nectar, elles ne participent plus à la gestion intérieure de la ruche" explique-t-il.

Quand une abeille butine et arrive à l’entrée de la ruche, des ouvrières récoltent le nectar. Puis la butineuse repart. "C’est une manutention qui fait office là aussi de filtre à microbes" décrit Pascal. Une fois que l’abeille a fini son butinage, elle vient enfin se reposer, mais ne se mettra pas près du couvain.

Ce cycle de vie, permet de limiter les interactions. Ainsi, les larves, plus vulnérables, et les abeilles qui nourrissent la reine ne sont pas dans les mêmes zones que les butineuses plus âgées et plus exposées à l’environnement extérieur et donc aux bactéries. C’est une sorte de distanciation sociale.

- Exclusion -

Le varroa, maladie transmise par les acariens et la plus grande préoccupation des apiculteurs réunionnais. "Dès qu’une abeille attrape cette maladie, elle se propage très rapidement, alors malgré les différents traitements possibles, on ne pourra jamais totalement l’éradiquer" confie Pascal.

Les abeilles sont capables de rechercher les larves contaminées pour les emmener à l’extérieur de la ruche et les éliminer. "Les ouvrières peuvent détecter les premiers symptômes de la maladie en détectant un changement d'odeur dans leurs larves" éclaircit l’apiculteur.

L’idée est qu’en détectant le couvain contaminé, elles peuvent réduire la transmission de la maladie au sein de la colonie. "Au lieu de soigner le couvain malade, les abeilles l’ostracisent et le laissent mourir à l’extérieur de la ruche" communique Sébastien.

Une méthode cruelle qui permet pourtant de sauver des colonies entières d'abeilles

es / www.ipreunion.com / redac@ipreunion.com

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