La FDSEA tire le signal d’alarme

Démarrage en demi-teinte de la campagne sucrière 2019 dans l’est

Mardi 7 aoput 2018 - Usine de Bois rouge Photo rb/www.ipreunoion.com)

La campagne commence mal pour les planteurs de l’Est. Ce jeudi 25 juillet 2019, la FDSEA (fédération départementale des syndicats d’exploitants agricoles) tire le signal d’alarme. Au coeur des préoccupations du syndicat, deux sujets : la mauvaise richesse de la canne et des pannes qui empêchent les planteurs de livrer leurs quotas. (photo d’illustration)

Une richesse très basse

Dominique Gigan, le président de FDSEA est assez alarmiste. La campagne de l’année dernière avait été catastrophique et celle-ci prend un mauvais tournant selon le syndicaliste. La première raison, c’est la richesse de la canne "on démarre une campagne avec une richesse basse à cause de la météo. La canne n’a pas poussé en début d’année dans le nord à cause de trois mois de sécheresse, ensuite on a eu deux mois de pluie juste avant la campagne, ce qui fait que la canne est "en pousse" aujourd’hui." détaille Dominique Gigan. Conséquence, ce sont des cannes pas encore mûres que les planteurs livrent à l’usine. Pas assez de maturation donc pas assez de richesse.

Déjà quatre semaines que la campagne a débuté et l'inquiétude monte. Cette faible richesse pourrait avoir des conséquences importantes pour le porte-monnaie des planteurs déjà mis à mal par la campagne de 2018 "par rapport aux autres années, là on a perdu un point - un point et demi de richesse. En moyenne sur Beaufonds, on est autour de 12. Sur Bois Rouge, on est autour de 11. Sainte-Rose, ça doit être autour de 12. Un point de richesse, c’est 4 euros 89." indique le syndicaliste. Un manque à gagner pour les agriculteurs qui auront donc moins de trésorerie.

Trois jours d'arrêt en quatre semaines

L’autre problématique, ce sont les pannes à répétition. Pas directement dans l’usine mais à Albioma, le producteur d'énergie renouvelable. Résultat, l’usine ne peut pas réceptionner les cannes des agriculteurs "il y a, aujourd’hui, un cumul de cannes que l’on reporte de jour en jour et qui va mener à une fermeture samedi (27 juillet ndlr) pour que l’usinier puisse traiter les cannes déjà dans le jalon." explique Dominique Gigan.

Selon lui, il y aurait déjà eu trois jours d’arrêt en quatre semaines, le syndicaliste s’inquiète et pense voir se profiler un scénario similaire à celui de la campagne précédentee "l’année dernière, on a eu 23 jours d’arrêt donc de non réception mais comme il n’y avait pas de tonnage, ça passait, personne n’a crié mais cette année ça ne va pas être possible. Si on repart sur 23 jours d’arrêt, on ne finira pas la campagne. En quatre semaines, il y a déjà eu 3 jours d’arrêt, c’est anormal. Si on ne fait pas le nécessaire, on part sur la même problématique que l’année dernière."

Déjà touchés par la faible richesse de la canne, les planteurs auraient du mal à supporter plusieurs jours d’arrêt de l’usine, car là encore, l’impact financier est important "pour planteur, les jours de quota non livré, c’est de la trésorerie qui ne rentre pas et quand on perd, après on a du mal à récupérer. Quelqu’un qui a 50 tonnes à livrer samedi, il ne pourra pas le faire lundi. Il redémarre sur son quota de lundi. Après, il faut récupérer en fin de campagne et on connaît très bien les problèmes qu’il y a en fin de campagne, main d’oeuvre, chaleur qui rentre, démarrage des pluies en fin d’année… " termine Dominique Gigan.

La FDSEA ne fait pas planer la menace du blocage mais se dit prête à demander l’intervention du préfet sur cette problématique des pannes à répétition. De plus, le syndicat demande une compensation à l’usinier pour les cannes non livrées les jours d’arrêt.

fh/www.ipreunion.com avec RTL Réunion

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