De la question de l’eau gratuite pour tous

photo RB imaz press reunion

Ce jeudi 1er février 2018, le député Jean-Hugues Ratenon a plaidé le droit à une eau gratuite pour tous lors d’un discours à l’Assemblée Nationale. Il avance notamment l’idée de ne pas payer "les premiers m3 d’eau nécessaires à la vie". Une intervention qui survient alors que plusieurs communes de La Réunion sont encore sous les coup d’une dégradation de la qualité de l’eau, suite au passage de la tempête tropicale Berguitta.

"Le droit à l’eau ne peut être garanti sans sa gratuité" : c’est ce pour quoi le député Jean-Hugues Ratenon a plaidé ce 1er février à l’Assemblée Nationale. Il a ensuite développé plusieurs points qui pourraient appuyer son idée. Avec notamment "la gratuité des premiers m3 d’eau nécessaires à la vie", "la gratuité de l’installation des compteurs d’eau" ainsi que "la suppression des abonnements". Il précise par ailleurs : "Faut-il rappeller aussi l’inégalité de l’accès l’eau notamment dans les outre-mer ? (...) aux Antilles, le prix moyen au mètre cube est supérieur de 2 euros à celui de l’hexagone. Par ailleurs, en Outre-Mer, l’eau est en moyenne de moins bonne qualité". 



Impossible d’ailleurs d’oublier la grave pénurie d’eau qui a frappé Mayotte durant plusieurs mois, à partir de la fin de l’anne 2016. Faute à la sécheresse, l’or bleu s’est trafiqué, et ce parfois très cher. Certains pouvaient aussi remplir des jerricanes avant de faire la tournée des quartiers pour les vendre en vrac... posant des problèmes d’ordre sanitaire.

- Des "bains/douches publics" obligatoires dans les communes -

Le député Jean-Hugues Ratenon a notamment avancé l’idée de "l’ouverture ou la création de points publics d’eau potables, d’installations sanitaires et de bains/douches publics" de manière obligatoire dans les communes.

Une intervention qui survient alors que la situation de l’eau à La Réunion n’est pas au beau fixe, après les dégâts causés par la tempête tropicale Berguitta. La commune du Tampon a surtout été marquée par de multiples coupures d’eau, faute à des casses de canalisations sur plusieurs conduites. Suite aux fortes pluies, "la qualité de l’eau sur les secteurs alimentés par des ressources superficielles (eaux de rivières) est dégradée" indique la compagnie Sudéau dans un communiqué publié cette semaine.

"Compte tenu des nombreux éboulis qui persistent encore dans les remparts, et de la fragilité des canalisations, il est demandé aux abonnés de reconstituer leurs réserves en cas d’autres incidents qui surviendraient (éboulis, défaillance électrique, incident technique...)" poursuit la régie des eaux. Pas facile comme situation pour les habitants du Tampon. Surtout que cela dure depuis déjà plusieurs semaines, quasiment depuis le début du mois de janvier. Dès le début du mois, Sudéau enchaîne des communiqués signalant perturbations ou dégradations de la qualité de l’eau. Même chose pour des communes telles que Saint-André, l’Entre-Deux, les Avirons ou Saint-Joseph. Si la faute revient surtout aux conditions météorologiques, force est de constater que le problème est parfois récurrent dans certains endroits de l’île. Face à un tel tableau, la question d’une possible gratuité de l’eau pourrait probablement mériter une réflexion approfondie.

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