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Cyrille Melchior invite la Ministre de l’Outremer à revenir sur l’île

photo rb imaz press reunion

Le Président du Conseil départemental, au nom des quarante élus locaux signataires du mémorandum recensant dix propositions pour sortir La Réunion de la crise, a tenu une conférence de presse ce mercredi 21 novembre pour expliquer la démarche des élus. A cette occasion, il a invité oralement la Ministre de l’Outremer, Annick Girardin, à revenir dans l’île pour dialoguer avec les "Gilets Jaunes". Quant aux manifestants, le président du Conseil départemental estime qu’ils devraient s’organiser pour disposer de porte-parole afin que le dialogue déserte les barricades, seule condition pour qu’il devienne constructif.

Pour Cyrille Melchior, président du Conseil général, pas question de battre sa coulpe : "On n'a pas cessé d'alerter sur la situation à La Réunion, on l'a fait avec la Ministre de l'Outremer, avec la Ministre du Travail. On n'a pas cessé d'alerter, mais j'ai l'impression que la situation de La Réunion est sous-estimée au niveau national. Il faut que le gouvernement s'intéresse à la situation d'urgence sociale ici et c'est pour cela que je lui lance un appel, avec une quarantaine d'élus locaux de différentes étiquettes".

"Chacun son rôle"

Cet appel prend deux formes : un mémorandum de dix propositions sur troix axes et la demande, orale et écrite à la Ministre de l'Outremer de revenir sur l'île pour dialoguer avec la population.

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"Je ne veux pas prendre la place de l'Etat, ni celle des Gilets jaunes. Ce n'est pas aux élus locaux d'aller proposer des solutions aux Gilets Jaunes, c'est à l'Etat. De même, nous ne sommes pas les porte-parole des Gilets Jaunes même si nous sommes à l'écoute de leurs revendications. C'est aux Gilets Jaunes de faire remonter leurs doléances vers les services de l'Etat." 

"Nous faisons mieux avec moins"

Néanmoins, le Président du Conseil départemental insiste sur l'action de la collectivité territoriale : "Nous portons tout le poids du social et ça fait des années que nous faisons mieux avec moins de dotations, moins de ressources", insiste Cyrille Melchior, rappelant au passage que la fiscalité départementale n'a pas augmenté depuis des années, et que, malgré cela, le Département a su se montrer innovant en lançant notamment le Chèque santé pour les personnes âgées privées de complémentaire santé.

"Nous sommes prêts à faire de nouveaux efforts, mais à condition que l'Etat arrête de nous étrangler en nous interdisant de faire". Allusion aux contrats aidés (en baisse voire supprimés actuellement), aux contrats saisonniers pour les agriculteurs cumulables avec des minima sociaux qui pourraient répondre à des difficultés sociales... des propositions parmi d'autres qui figurent dans le mémorandum actuellement sur le bureau d'Annick Girardin, Ministre de l'Outremer, qui était présente dans le département du 25 au 27 octobre dernier.

"Il y a des solutions, on a prouvé que cela fonctionnait avec des publics particulièrement éloignés de l'emploi. Il faut revenir à ce qui fonctionne et aller plus loin. On ne peut pas calquer à La Réunion un modèle métropolitain. Il faut tenir compte de nos spécificités."

"Quand l'Etat veut, l'Etat peut"

Quant au résultat de cette bouteille à la mer que constitue ce mémoradum, Cyrille Melchior se veut confiant mais prudent. "J'ai lancé un appel, j'attends une réponse, mais je suis conscient qu'elle n'arrivera pas tout de suite". Sur le mémorandum, Cyrille Melchior précise qu'il s'agit "d'une base de travail, pas d'un document figé". Sur la faisabilité des propositions, le président du Conseil départemental n'est pas inquiet, pour lui c'est surtout une question de volonté : "Quand l'Etat veut, l'Etat peut", affirme-t-il. 

La Réunion, entrée en résistance

La demande de dialogue est lancée du côté des élus réunionnais signataires du mémorandum. Reste à savoir comment elle sera reçue dans  l'Hexagone où le gouvernement se déclare décidé à réformer coûte que coûte et à passer en force s'il le faut. Or les propositions des quarante élus réunionnais relayées par le président du Conseil départemental s'appuient pour certaines sur un retour en arrière, notamment en matière de Contrats aidés, de CSG ou encore de retraite. Revenir à ce qui se faisait avant n'est clairement pas l'intention du gouvernement. Edouard Philippe le martèle à longueur d'interview : "On entend la souffrance, mais on ne déviera pas".

Ce qui est certain, c'est que si le gouvernement s'obstine à faire la sourde oreille, il trouvera du monde sur son passage pour résister, comme le montrent actuellement les Gilets Jaunes et une population réunionnaise plus large que ce dresscode contestataire, entrée en résistance car excédée par la précarité et le sentiment de n'être ni entendue ni reconnue. Un cocktail explosif...

ml/www.ipreunion.com

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